mardi 26 avril 2016

Mam'ORQUE ! Je voudrais bien faire un IGLOO.

- Tu vas mourir bientôt, ALorS ?
- Je ne veux PAS.
- Qui va s'occuper de moi si tu meurs ?
- Est-ce que c'est moi qui vais hériter de tous tes biens ?
- Même ton lit ?
- Et j'irais où ?
- Ah oui.
- Tu as des cernes. Tu vois là, dessous. Et des rides.
- Oui c'est vrai tu es encore vivante.
- Tu as quel âge déjà ?
- Et ben.
- Tu pourrais pas t'acheter une crème pour faire 20 ans de moins ?
- T'as pas envie de faire 20 ans de moins ?


Mam'ORQUE !
- A l'attaque !  Voilà le vaisseau fantôme à l'assaut !
- Ça ne te plait pas d'être attaquée par un vaisseau Stars Wars ?
- Attaquer les multiplications : Bof.

- Papa m'a demandé d'acheter du pain.
Comme il restait des centimes j'ai pris du pain, et le reste de bonbons.

- Deux bonbons.
- Si, il a dit : je ne t'avais pas dit d'acheter des bonbons en plus.
- Il a dit : donne-en un à ton frère .
- J'ai répondu : mais Papa, c'est des bonbons qui piquent...
Il a dit : FaPik. 

Max n'est pas content parce que les copains de sa sœur l'ont attaqué : et sa sœur tu sais quoi ? Elle ne l'a même pas défendu. Elle est nulle. Il ont sauté sur son igloo et ils l'ont détruit. Il est furax, et il a fait une fugue. Oui, parce qu'il y a des gens qui peuvent nous faire du mal. Une fugue imaginaire ? Oui, je sais, il est pas vraiment parti mais il est parti quand même.*

- Je voudrais bien faire un IGLOO.

- Parfois j'ai un bonhomme qui me parle dans ma tête. 
- Qu'est-ce qu'il me dit ? 
- Quand tu me dis arrête de manger des bonbons, il me dit prends-en encore. 
- Oui, je les prends, quand tu ne me vois pas. 

- N'importe quoi, tu ne vois pas à travers les murs. 
- Tu ne sais pas, c'est pas vrai. 
- Est-ce que tu sais ce que je pense là ? 
- Comment tu le sais ? 
- Vas- z'y a quoi je pense ? 
Non, c'est pas ça ! J'ai vu que tu allais savoir et j'ai pensé à autre chose au dernier moment, donc t'as loupé !

- Mon œil droit est en train de mentir ?
- Mais comment tu le sais ?
- Tu es une spécialiste ?
- Tu ne te trompes jamais ?
- Et bah voilà : tu viens de te tromper !


- Tu te rends compte que normalement on devrait être 4 sur le canapé ?
- On serais serrés tous les 4.
- Et ma sœur, alors ?
- Hein ?
- Ça t'en ferait des bouches à nourrir.

- Je crois que Papa, il joue avec les sentiments des femmes.
- Un enfant, il la quitte, un enfant, il la quitte.
- C'est toi ?
- C'est toi qui avait autre chose à faire ?
- C'est toi qui voulais plus ?
- Pleurer pour ma sœur, c'est ça ?
Oui
Et, donc, Papa n'aurait pas voulu avoir un foyer, une famille heureuse ? 
Il ne voulait pas de ça avec nous ? 

- Et moi alors ?
- Heureusement, je suis vivant, oui.
 - Qu'est-ce que tu ferais sans moi !
- Rien du tout !
- Si, si tu es assez grande pour t'occuper de toi.

- J'y pense à ma sœur, tu sais ?
- Moi aussi.
- Tu le sais qu'un jumeau c'est hyper important ?
- Tu me rassures.
- Les jumeaux sont très proches, tu vois ? Ça me fait comme un grand froid.
- Elle me manque.
- C'est comme si ça me faisait une partie en moins.

- Et tu lui as donné un prénom ?


*MAX ET LES MAXIMONSTRES. IL Y EN A UN EN CHACUN DE NOUS.





jeudi 7 avril 2016

Mais où vont les petits pois ?

1 - Les mécanismes sont. Tu es. Vous faites partie du même environnement. Ça existe ensemble de façon indissociable. Ce qui ne veut pas dire inévitable : on peut prendre conscience de cet état et tenter de l'amender.

Maintenant si vous voulez bien partir et me laisser avoir un infarctus en paix.


2 - Comprendre implique savoir, consciemment ET inconsciemment. Cette compréhension et le fait qu'elle se bâtisse en continu implique bien entendu que tu sois et acteur et théâtre.

Son intérêt était à présent bien éveillé, pas très fort, par une sorte de sentiment de "quelque chose à faire". Elle déroula le fil d'alimentation, et le brancha dans la prise. Clic ! Un feu vert s'alluma, un feu bleu signala Systèmes en service. Un moteur ronronna, des servo-mécanismes occultes tapotèrent, et puis le régulateur mécanopathique accusa : ÉQUILIBRE, et une douce lumière rose se mit à signaler régulièrement : TOUS ÉLÉMENTS EN SERVICE.

3 - L'inconnu n'est pas ce que tu ne connais pas, c'est juste ce que tu n'as pas encore compris tout en étant en mesure de l'envisager. Ce que je veux dire c'est que tu sais qu'il y a des choses que tu ne connais pas. Tu les vois. Mais, les voyant, tu sais que tu es en mesure de pouvoir les comprendre.

BOUM bada crac ! Grondement expérimental de la boite vocale thoracique. "Je suis le tout robot extra-ordinaire, programmé en usine comme les touts robots pour une fonction totale, rapide et discrète, mais, en plus, je suis conçu pour être reprogrammé instantanément et aisément de façon à m'adapter aux besoins particulier de votre foyer.

4 - L'inconnu est très différent de la vraie surprise: l'inattendu. La rencontre avec ce qui est sur le moment inconnaissable.

Mon vieux, tu poses le genre de question dont on ne peut révéler la clé qu'à un franc maçon au treizième degré souffrant hémorroïdes et portant des sandales. Je regrette. Mais n'oublie pas que tout va dans le ragoût. 

5 - Pour moi, un happening, c'est l'expression de la réalisation du moment où l'inconnaissable devient compréhensible. C'est l'expression d'un instantané personnel, intime, et, étymologiquement, transcendantal.

On pourrait vendre des cravates aux antilopes avec ce truc-là.

6 - Cet instant n'est pas une singularité qui commence par se nourrir d'elle même puis du reste de la causalité. Cet instant est le fondement d'une remise en question personnelle et fondamentale.

CRUELLES ÉQUATIONS

7 - Je suis intimement convaincu que certaines expériences ne peuvent être partagées (et partant intégrées) que par ceux qui les ont vécues. On peut tenter de faire sentir, de faire ressentir, d'approcher, mais ça reste loin de la réalité personnelle. Pour ne pas dire fondamentalement différent.
Ça peut te fournir un cadre qui te permet de faire passer certaines expériences de la surprise à au connaissable, mais sans aucune garantie. En d'autres mots : à la limite, on ne peut partager significativement que sur la base d'une expérience commune. Faute de, on ne peut que partager ses peurs.

SUPERTRIP 
DU TUBE DIGESTIF AU COSMOS
VIA MANTRA
TANTRA ET SUPER-COCKTAIL MAISON


ROBERT SHECKLEY
Et quand je vous fait ça, vous sentez quelque chose ?
Nouvelles
SCIENCE FICTION
Le livre de Poche

Collage, participation fortuite d'Albain de Saint-Martin

vendredi 1 avril 2016

Soit Bon Ou Tues-Toi

Envoyer de très belles fleurs à sa mère à chaque anniversaire; des chrysanthèmes, oui, afin de lui rappeler combien il l’aimait, dans les tons les plus mauves délavés, à moitié pourris car récupérées dans un cimetière peu fréquenté ou l’absence de gardien lui permettait de le substituer sans risques d’être soumis à la honte de profaner les non vivants, un point de vue peu défendable auprès du commun des mortels selon lui: elle pourrait aisément les replanter dans le jardin, et comme elle était née en automne, les lui offrir vifs et brillants n’avaient aucun intérêt puisque l’hiver arriverait immanquablement, aussi il salivait à l’avance de les savoir voués à la décomposition rapide, le sujet le plus important de ces recherches, le stade le plus aimé de ses expérimentations et de ses amours temporaires, avec la musique et la transmission des renseignements : une activité que personne ne pourrait jamais supposer venir de lui. Il trempait dans les bas-fonds, tout en étant un enquêteur hors norme et un personnage utile pour faire horreur à la gent féminine, même celle d’une prostitution peu regardante à la clientèle, et bien sûr, alignée sur les prix les plus bas. Ce matin là, il s’était félicité d’avoir pu la veille, obtenir une pipe négociée à 30 euros, un prix qui lui apportait pratiquement autant de jouissance que la nature de l’acte en lui-même, bien qu’il eut regretté que la fille n’y ait pas mis un peu plus de cœur alors qu’il avait quand même fait l’effort de se laver un mois plus tôt, pour paraître plus convenable à ses yeux. Du moins un peu plus que pour la dernière fille fréquentée, ce surtout pour pouvoir obtenir une remise fort méritée de son point de vue : toujours radical en matière de goûts.
De plus, le chrysanthème était aussi anti insectes, donc, il préférait les destiner à sa mère : garder les bêtes qui vivaient chez lui en vie et en vie puisqu'ils cohabitaient intimement et d’un commun accord qu’ils se rendaient les uns, les autres. Il avait même tenté d’installer un vivarium, récupéré dans une benne, un peu fendu en son milieu mais parfaitement ajustable à d'autres fonctions, comme la majeure partie de ses biens, si petits fussent-ils. Certes, le vivarium était destiné aux fourmis mais il était pour l’adaptation du milieu à l’environnement et de l’environnement au milieu, aussi avait-il œuvré à la défaveur des voisins mais pour ne sacrifier rien de vivant qui l’approcha. Il partageait donc sa cuisinière à gaz avec les bestioles, ce qui leur évitaient pour la plupart de courir et de loger dans la literie :
Une literie remarquable par rapport à toutes celles qu’il avait eu jusque ici; trouvée sur le capot d’une vieille 104 bleu fagot, presque neuve et fraîchement lavée, envolée d’un balcon ou elle séchait probablement, la housse de couette avait été un ravissement quand il y avait passé sa première nuit, il en était férocement content et même fier devant les rares visiteurs qui avaient eu le droit de pénétrer chez lui : elle n’avait pas quitté son sommier depuis un an, une faveur qu’il n’accordait pas même à une femme ou une copine, car il n’était pas trop partageur. Son sommier, hélas, n’avait pas reçu le don divin de la récupération, sommier sur lequel il dormait mieux que n’importe ou ailleurs, creusé par le trou que formait son corps en son milieu, rehaussé par la tristesse d’un linge peu recommandable pour l’honorer qu'il affectionnait : il habitait ses vêtements jusqu’à ce que mort s’ensuive et ainsi, s’en séparait uniquement avec une tristesse inouïe, et son sommier il l’aimait encore presque plus que sa housse de couette, car il était resté tel quel, emballé dans du plastique, jamais ouvert, volé dans une allée avec un de ses potes qu’il avait réussi à convaincre contre deux places d'un concert improbable d’une valeur de 300 euros. Le pote avait fini par l’avoir mauvaise car il lui avait imposé un duo mais en le lui signifiant uniquement une fois le sommier déposé devant sa porte : il fallait bien qu’il se paye lui aussi le fait de porter le sommier seul de la porte à l’intérieur de sa chambre, un studio en réalité, enseveli au point qu’il avait refusé de laisser entrer cet ami qui ne le resta pas.
Alors cultivait chaque détails avec minutie et prenait donc soin chaque matin de sortir du lit en y restant, de façon à pouvoir avaler un café noir sans sucre, encore assis dans ce lit car il dormait juste devant la vieille cuisinière qu’il n’avait jamais lavée non plus et qui était reliée à une bouteille de gaz qu’il économisait au maximum de ce qu’il pouvait, comme il le faisait avec tout ce qu’il rencontrait et comme il le faisait avec presque toutes les fonctions de sa vie.
Il ne pensait pas qu’on puisse le taxer de minimaliste : il se trouvait vernis et il savait que personne ou presque ne pouvait comprendre quel type de vernis était des plus seyant.
Certainement pas celui des plus hautes sphères.
Il était châtain très clair et il détestait qu’on lui dise qu’il soit blond, ou châtain; il fallait dire châtain clair. Personne n’aurait pu soupçonner le type de renseignements qu’il était capable de soutirer à n’importe qui, dans pratiquement tout contexte : peut-être parce que le voir subtiliser les épluchures de pommes blettes dans la cuisine d’une copine, chez laquelle il était invité pour un apéro, pour les croquer rapidement afin de ne pas les destiner aux poubelles, heurtait la sensiblerie des moins compréhensifs qui le catégorisaient aussitôt.
Parfois s’il avait le temps et toujours en lousdé, il retirait des mets insoupçonnés des poubelles qu’il trouvait subtils et merveilleux, et même découvert en train de gratter une cuisinière sale avec un couteau autour des feux et de ramasser les détritus cramés ou d’y essuyer du pain dans la graisse collée (il prenait soin de faire chauffer la bouilloire en feintant de vouloir lancer une tisane, ce qui faisait quelque peu sourire puisque le blanc était ouvert, ce avant tout, afin de pouvoir décoller celle-ci, cette vieille graisse qui selon les appartements pouvait être de putride à fraîche, en effet la décollait plus facilement que ce soit la sienne ou celle de ses amis en versant de l'eau en très petite quantité autour des feux, comme le jus d’un rôti fraîchement sorti du four, toutefois découvert et à découvert, il se tenait droit comme un empereur romain victorieux et affichait un sourire merveilleux, si bien qu’il arrivait à déstabiliser l’ennemi au point qu’il batte retraite parmi les convives, et de ce fait, évite toute discussion explicative : en effet, il semblait alors vraiment ne pas avoir pas le profil d’un indic de premier ordre, Alors. Et passait donc, une nouvelle fois, à travers les mailles du filet comme de de nombreuses autres occasions.
Après le café il attrapait la télécommande, toujours au pied du lit et ouvrait sa planche de salut : une prouesse de technicité informatique d’un mètre cinquante sur 55 centimètres, camouflée de l’intérieur d’une bibliothèque qui s’ouvrait sur codes et commandes uniquement pour son propriétaire, par résonance olfactive associée, entre autres.

C'était un vrai jour de fête, de ceux qui brûlent comme une brindille, d'un éclat qui semble particulièrement bénéfique mais qui ne dure que le temps qu'on se décide à y consacrer. Lorsqu'il est là, on ne le voit pas bien et quand il s'est en allé c'est une saveur insoupçonnée qui s'évapore à jamais, parce que le feu à brûlé si vite qu'il n'a pas pu prendre. Ou bien il nous à tellement consumé. Au fond, l'intensité semble anecdotique mais elle véhicule des particules sans querelles, sans rien qui ne puisse être aussi beau car ultime et si l'on sait s'y soumettre sans pourtant que rien de soi n'y soit soumis cela peut monter très fort et très vite et l'atterrissage n'est jamais des moindres, cela ne présage rien de particulier si ce n'est qu'à cela on ne puisse que se soumettre comme étranger à ce qui se passe à l'intérieur du corps, qu'il fredonne, somnambule, ou bien se trouve dans un silence total, une possibilité invraisemblable du manque, une disposition nouvelle à aimer les courants d'air, être agenouillé et tenu d'une main ferme, oppressante et douce.
Elle releva la tête et se trouva à l'improviste les yeux dans les siens, il la regardait sans galanterie, d'un air légèrement différent de ceux des autres, cela dura assez pour qu'elle fût envahie d'une douce lumière, elle hésita quelques secondes, intriguée de ce regard direct impressionné d'un climat calme et bienveillant effleuré d'une pointe d'observation amusée qu'elle imagina plus en lien avec ce qu'elle portait qu'elle même, n'empêche, il la déstabilisa par un accueil évident dont elle n'avait l'habitude, il y avait vraiment quelque chose de particulier au point qu'elle repensa à lui encore pendant quelques jours, juste après avoir voulu se dégager en lui faisant focaliser presque immédiatement son attention sur autre chose qu'elle, ce qu'elle savait très bien faire et au moment de sortir, alors, elle le vit en face d'elle en pleine conversation avec une petite femme brune. Ils devaient partager une certaine proximité, et elle se détourna tout en ressentant une impression qu'elle savait plus ou moins annonciatrice, tout en se disant :

- Putain, merde, fais chier.
De plus, il était grand, et avait d'la gueule. Et, elle ne se trompait que très rarement. Dégoûtée, elle tourna les talons, et détala.

Selon ALORS, la Presse féminine italienne dégommait allègrement la nature même des tentations féminines françaises proposées par journaux de merde interposés (distribuée à une population ayant souscris des assurances  sur la décompression neuronale proche du taux moins cinq cent au dessous de zéro). Il fouilla amoureusement la cour intérieure, rayon journaux et papier, tri sélectif afin de trouver un deuxième exemplaire de celui-là qui intéresserait sa nouvelle copine, laquelle refuserait de baiser mais l'accepterait dans la maisonnée au moins pour une nuit, à condition qu'il arrive à l'entourlouper sur les motifs de son intrusion. Il se pointa à 22 heures tapante à l'appart, (avec une bouteille de vin trouvée chez l'épicier d'un coin qui faisait dans la récup de vieille bouteilles introuvables au goût car elles avaient si bien macérées on ne sait ou que cela leur conférait une note particulière, et à force de comparer le prix avec le goût, le vin finissait par être plus qu'acceptable, bon, et même presque excellent si l'on se mettait au diapason d'ALORS et de ses manœuvres dialectiques ubuesques : il était un conférencier hors norme. Quand vous n'aviez pas envie de parler, il le voyait tout de suite et soit qu'il décida de vous faire une fleur, il vous entraînait alors dans une folle nuitée, terminait les phrases à votre place, vous promenait sur n'importe quel terrain, fusse t-il totalement inconnu, sur un plateau sauvage pour un concert improvisé et évidement sauvage par un groupe de dub montant qui allait se faire fouetter de bonne musique au vent sur une chevauchée de substances illicites.), bref, pour l'heure, la fille en question failli s'étrangler quand elle vit le sourire du Chat d'Alice transparaître derrière la fenêtre de la salle à manger : ALORS était passé par la façade extérieure, premier étage car elle n'ouvrait plus la porte depuis quelques temps, et rien ne saurait jamais décourager ALORS de ses buts premiers. Elle le fit entrer, et lui passa un savon. Prenant l'air le plus abattu possible, lequel lui allait comme un gant, il lui soutira un thé brûlant et failli se retrouver dehors parce qu'il estimait que Le Yunnan n'équivalait à rien d'aussi sympa qu'un thé noir fumé, et que sans un triple, il fallait vraiment en vouloir pour la soutenir et lui tenir compagnie. 

La fille s'était amenée en milieu d'après midi, perchée sur des talons rouges qui lui allait aussi bien que si elle avait porté une cagoule en laine vert fluo sur une plage en plein soleil, elle avait frappé à la porte, le sourire accroché au visage comme sur un porte-manteau dans un deux étoile miteux repeint en laqué rouge piment déphasé et plus ou moins seyant sur les lèvres mais surtout quelque chose qui sonnait aussi bien que quand tout sonne faux. Sa jupe lui arrivait à trois centimètres de l'entrejambe : elle était passé d'un look pré adolescent à celui de quelqu'un qui semblait avoir négocié sa féminité au rabais. Néanmoins, elle affichait une condescendance qui frôlait le pseudo sympa, lequel donnait parfois le change à certains de ses interlocuteurs privilégiés. En attendant, elle regardait les autres avec une interprétation toute semblable à la prétention de s'imaginer comprendre qui elle avait en face d'elle. Un œil acerbe et crevé apparaissait au dessus d'un trait de khôl épais : elle s'entraînait à tapiner depuis moins de deux semaines. Mais deux semaines plus tard, elle aurait passé l'arme à gauche. En attendant, elle s'amusait plus ou moins à se tourner vers d'anciens amis, comme pour essayer de raccrocher. 

Il lui fendit le ventre en deux pendant que ces jambes bougeaient toutes seules comme détachées du corps, le rideau bleu l'empêchait de voir, elle n'y tint plus et s'évanouit. Elle se réveillait pourtant par à coup, et constatait que personne ne se préoccupait d'elle, ses mains étaient attachées le long de la civière, les jambes se secouaient toujours pendant que le type la découpait. La lumière était lugubre et un néon l'éblouissait. L'impuissance. Elle essaya de capter un regard mais on l'ignora. Sans doute bascula t-elle à ce moment-là.


OM SAMARA BIMANA SAKARA MAHA DZA OUA HOUNG. 

Alors n'avait aucun doute sur le fait que l'on ne puisse être responsable de ce qu'on faisait endurer aux autres que lorsqu'on était avant tout acteur principal. Il décomptait donc absolument tous les effets de ses actes pour ne les laisser qu'aux autres, ceux qui prenaient les décisions de commandement tandis que lui se suffisait à lui-même dans le champ des investigations qu'il menait pour le compte des enragés.

Le ciel était tout de noir vêtu, au point que l'on ne puisse présager de ce qui pourrait en découler         ensuite. L'idée de l'effet des tremblements de terre sous-marins l'effleura. 


Tout en psalmodiant ce qui devait libérer tous les insectes tués par inadvertance, il combinait l'idée de la résolution de l'interconnexion ADN des ordinateurs avec ceux qu'il traquait. Le métier de traqueur avait pas mal évolué. Les pensées figées autour de quelqu'un n'étaient plus traitée de la même façon. On ne chassait plus les pensées préalables aux actes depuis longtemps. Tandis que beaucoup travaillaient encore sur les notions de réseaux, lui avait complètement coupé avec cette résolution. Le seuil, juste un seuil qui permette le passage possible entre les compétences et la surveillance des cibles. La tromperie était sont meilleur atout.


Avoir plusieurs années à se faire admettre pour, ...


L'atteinte des vibrations dans le corps avait permis petit à petit de faire monter le niveau de quantité de lumière émise par toute source. Afin de voir se concentrer l'ensemble de points de vie  apparaître dans une forme, il fallait acquérir cette possibilité. Cela arrivait maintenant tout autrement qu'autrefois. La césure avait été violente. Même ouvrir une quantité d'espace voulue chez quelqu'un d'autre. Pour cela il avait des stratagèmes très différents devant chacun de ses interlocuteurs. Parfois il se faisait passer pour un animal blessé, parfois pour un marchand sans concession. Ce qu'il aimait le plus était de se faire passer pour quelqu'un de bien. Quand quelqu'un devenait proche de lui au point du respect et de la reconnaissance, il avait une façon bien à lui de démonter la texture essentielle des contradictions qui empêchait les mouvements.

Avoir un objectif était donc beaucoup plus simple que ce que beaucoup pouvaient imaginer.

Calme et pondéré. Tout ce qu'il n'était pas.
Non pas lui.

Il étudiait celle-ci depuis un moment :
Une femme grande avec une chevelure d'ébène se trouvait aux abords du camps. La vision des barbelés ne l'effrayait pas. Elle en connaissaient la teneur. Une gamme d'odeurs lui parvint. Son corps était propre. Ses organes également. Tu sens bon pensa-il. 


Pendant ce temps, celle-ci qui se nommait Dextra avait infiltré le camps depuis 3 ans. Elle s'investissait considérablement et afin de répondre aux demandes d'hygiène féminine, elle découpait actuellement des protèges-slips en deux, afin de doubler sa clientèle et de rencontrer le plus de femmes possible. Nul autre qu'elle ne savait parler autant de dialectes, et nul autre qu'elle n'arrivait à donner la confiance au moins offrant afin de parvenir à ses fins. Son entrée au camps n'avait été apprécié. Elle avait été de suite suspectée étant donné un corps généreux et fort, autant en couleur qu'en forme. Ses yeux noirs intriguaient. Ils arrivaient parfois à en faire fuir quelques-uns. Néanmoins, dans la majorité des cas, elle avait la ténacité requise pour filouter le quidam, et à n'importe quelle époque. Depuis qu'elle avait appris à voler tout avait considérablement changé pour elle. Les vols lui avaient donné beaucoup de pouvoir. Emmagasiner cette énergie, elle n'en avait pas été capable tout de suite et avait eu beaucoup de mal à trouver le chemin vers ceux qui l'attendaient.  Ils étaient neuf. Le contact avec les plaintes lui avait pesé au départ. La plainte devrait rendre son i à qui de droit. Puis elle s'était prémunie des effets en restant concentrée et endurante sans répondre ni aux attaques ni aux agresseurs. En tant que femme, elle devait toujours subtiliser une part d'attention présente en l'autre pour la diriger vers un autre point. Ainsi, pouvait elle traverser le camps en invisibilité et organiser son itinérance comme bon lui semblait sans que personne ne l'entrave. Le contact particulier qu'elle pouvait émettre en effrayait plus d'un. Il fallait savoir se recroqueviller et adopter une stratégie sexuelle convaincante. Contrairement à d'autres elle envisageait les indications de qualité du mâle selon des caractéristiques de blessure et de handicap.

Il était plus aisé ensuite d'imaginer la résistance possible. Son point faible était celui d'être repérée de temps à autres pour son adaptation immédiate au milieu. Il n'était pas rare qu'elle soit enviée et dénigrée pour avoir passé un contrat ou un autre avec tel ou tel autre. Elle aussi avait passé de nombreux accords et elle était très utile pour dépister ceux qui avaient survécu dans des milieux si hostiles que cela relevait de prouesses techniques dont elle faisait commerce. Elle était une vendeuse hors-norme et pouvait vous trouver n'importe quoi dans le camps, à condition qu'on ne lui donne aucun délai.

Oui, celle-là, dit-il tout haut.


jeudi 31 mars 2016

ALORS

Envoyer de très belles fleurs à sa mère à chaque anniversaire; des chrysanthèmes, oui, afin de lui rappeler combien il l’aimait, dans les tons les plus mauves délavés, à moitié pourris car récupérées dans un cimetière peu fréquenté ou l’absence de gardien lui permettait de le substituer sans risques d’être soumis à la honte de profaner les non vivants, un point de vue peu défendable auprès du commun des mortels selon lui: elle pourrait aisément les replanter dans le jardin, et comme elle était née en automne, les lui offrir vifs et brillants n’avaient aucun intérêt puisque l’hiver arriverait immanquablement, aussi il salivait à l’avance de les savoir voués à la décomposition rapide, le sujet le plus important de ces recherches, le stade le plus aimé de ses expérimentations et de ses amours temporaires, avec la musique et la transmission des renseignements : une activité que personne ne pourrait jamais supposer venir de lui. Il trempait dans les bas-fonds, tout en étant un enquêteur hors norme et un personnage utile pour faire horreur à la gent féminine, même celle d’une prostitution peu regardante à la clientèle, et bien sûr, alignée sur les prix les plus bas. Ce matin là, il s’était félicité d’avoir pu la veille, obtenir une pipe négociée à 30 euros, un prix qui lui apportait pratiquement autant de jouissance que la nature de l’acte en lui-même, bien qu’il eut regretté que la fille n’y ait pas mis un peu plus de cœur alors qu’il avait quand même fait l’effort de se laver un mois plus tôt, pour paraître plus convenable à ses yeux. Du moins un peu plus que pour la dernière fille fréquentée, ce surtout pour pouvoir obtenir une remise fort méritée de son point de vue : toujours radical en matière de goûts.


De plus, le chrysanthème était aussi anti insectes, donc, il préférait les destiner à sa mère : garder les bêtes qui vivaient chez lui en vie et en vie puisqu'ils cohabitaient intimement et d’un commun accord qu’ils se rendaient les uns, les autres. Il avait même tenté d’installer un vivarium, récupéré dans une benne, un peu fendu en son milieu mais parfaitement ajustable à d'autres fonctions, comme la majeure partie de ses biens, si petits fussent-ils. Certes, le vivarium était destiné aux fourmis mais il était pour l’adaptation du milieu à l’environnement et de l’environnement au milieu, aussi avait-il œuvré à la défaveur des voisins mais pour ne sacrifier rien de vivant qui l’approcha. Il partageait donc sa cuisinière à gaz avec les bestioles, ce qui leur évitaient pour la plupart de courir et de loger dans la literie :

Une literie remarquable par rapport à toutes celles qu’il avait eu jusque ici; trouvée sur le capot d’une vieille 104 bleu fagot, presque neuve et fraîchement lavée, envolée d’un balcon ou elle séchait probablement, la housse de couette avait été un ravissement quand il y avait passé sa première nuit, il en était férocement content et même fier devant les rares visiteurs qui avaient eu le droit de pénétrer chez lui : elle n’avait pas quitté son sommier depuis un an, une faveur qu’il n’accordait pas même à une femme ou une copine, car il n’était pas trop partageur. Son sommier, hélas, n’avait pas reçu le don divin de la récupération, sommier sur lequel il dormait mieux que n’importe ou ailleurs, creusé par le trou que formait son corps en son milieu, rehaussé par la tristesse d’un linge peu recommandable pour l’honorer qu'il affectionnait : il habitait ses vêtements jusqu’à ce que mort s’ensuive et ainsi, s’en séparait uniquement avec une tristesse inouïe, et son sommier il l’aimait encore presque plus que sa housse de couette, car il était resté tel quel, emballé dans du plastique, jamais ouvert, volé dans une allée avec un de ses potes qu’il avait réussi à convaincre contre deux places d'un concert improbable d’une valeur de 300 euros. Le pote avait fini par l’avoir mauvaise car il lui avait imposé un duo mais en le lui signifiant uniquement une fois le sommier déposé devant sa porte : il fallait bien qu’il se paye lui aussi le fait de porter le sommier seul de la porte à l’intérieur de sa chambre, un studio en réalité, enseveli au point qu’il avait refusé de laisser entrer cet ami qui ne le resta pas.

Alors cultivait chaque détails avec minutie et prenait donc soin chaque matin de sortir du lit en y restant, de façon à pouvoir avaler un café noir sans sucre, encore assis dans ce lit car il dormait juste devant la vieille cuisinière qu’il n’avait jamais lavée non plus et qui était reliée à une bouteille de gaz qu’il économisait au maximum de ce qu’il pouvait, comme il le faisait avec tout ce qu’il rencontrait et comme il le faisait avec presque toutes les fonctions de sa vie.

Il ne pensait pas qu’on puisse le taxer de minimaliste : il se trouvait vernis et il savait que personne ou presque ne pouvait comprendre quel type de vernis était des plus seyant.
Certainement pas celui des plus hautes sphères.

Il était châtain très clair et il détestait qu’on lui dise qu’il soit blond, ou châtain; il fallait dire châtain clair. Personne n’aurait pu soupçonner le type de renseignements qu’il était capable de soutirer à n’importe qui, dans pratiquement tout contexte : peut-être parce que le voir subtiliser les épluchures de pommes blettes dans la cuisine d’une copine, chez laquelle il était invité pour un apéro, pour les croquer rapidement afin de ne pas les destiner aux poubelles, heurtait la sensiblerie des moins compréhensifs qui le catégorisaient aussitôt.
Parfois s’il avait le temps et toujours en lousdé, il retirait des mets insoupçonnés des poubelles qu’il trouvait subtils et merveilleux, et même découvert en train de gratter une cuisinière sale avec un couteau autour des feux et de ramasser les détritus cramés ou d’y essuyer du pain dans la graisse collée (il prenait soin de faire chauffer la bouilloire en feintant de vouloir lancer une tisane, ce qui faisait quelque peu sourire puisque le blanc était ouvert, ce avant tout, afin de pouvoir décoller celle-ci, cette vieille graisse qui selon les appartements pouvait être de putride à fraîche, en effet la décollait plus facilement que ce soit la sienne ou celle de ses amis en versant de l'eau en très petite quantité autour des feux, comme le jus d’un rôti fraîchement sorti du four, toutefois découvert et à découvert, il se tenait droit comme un empereur romain victorieux et affichait un sourire merveilleux, si bien qu’il arrivait à déstabiliser l’ennemi au point qu’il batte retraite parmi les convives, et de ce fait, évite toute discussion explicative : en effet, il semblait alors vraiment ne pas avoir pas le profil d’un indic de premier ordre, Alors. Et passait donc, une nouvelle fois, à travers les mailles du filet comme de de nombreuses autres occasions.

Après le café il attrapait la télécommande, toujours au pied du lit et ouvrait sa planche de salut : une prouesse de technicité informatique d’un mètre cinquante sur 55 centimètres, camouflée de l’intérieur d’une bibliothèque qui s’ouvrait sur codes et commandes uniquement pour son propriétaire, par résonance olfactive associée, entre autres.







C'était un vrai jour de fête, de ceux qui brûlent comme une brindille, d'un éclat qui semble particulièrement bénéfique mais qui ne dure que le temps qu'on se décide à y consacrer. Lorsqu'il est là, on ne le voit pas bien et quand il s'est en allé c'est une saveur insoupçonnée qui s'évapore à jamais, parce que le feu à brûlé si vite qu'il n'a pas pu prendre. Ou bien il nous à tellement consumé. Au fond, l'intensité semble anecdotique mais elle véhicule des particules sans querelles, sans rien qui ne puisse être aussi beau car ultime et si l'on sait s'y soumettre sans pourtant que rien de soi n'y soit soumis cela peut monter très fort et très vite et l'atterrissage n'est jamais des moindres, cela ne présage rien de particulier si ce n'est qu'à cela on ne puisse que se soumettre comme étranger à ce qui se passe à l'intérieur du corps, qu'il fredonne, somnambule, ou bien se trouve dans un silence total, une possibilité invraisemblable du manque, une disposition nouvelle à aimer les courants d'air, être agenouillé et tenu d'une main ferme, oppressante et douce.
Elle releva la tête et se trouva à l'improviste les yeux dans les siens, il la regardait sans galanterie, d'un air légèrement différent de ceux des autres, cela dura assez pour qu'elle fût envahie d'une douce lumière, elle hésita quelques secondes, intriguée de ce regard direct impressionné d'un climat calme et bienveillant effleuré d'une pointe d'observation amusée qu'elle imagina plus en lien avec ce qu'elle portait qu'elle même, n'empêche, il la déstabilisa par un accueil évident dont elle n'avait l'habitude, il y avait vraiment quelque chose de particulier au point qu'elle repensa à lui encore pendant quelques jours, juste après avoir voulu se dégager en lui faisant focaliser presque immédiatement son attention sur autre chose qu'elle, ce qu'elle savait très bien faire et au moment de sortir, alors, elle le vit en face d'elle en pleine conversation avec une petite femme brune, qui devait partager une certaine proximité avec lui, et elle se détourna tout en ressentant une impression qu'elle savait plus ou moins annonciatrice, tout en se disant :

- Putain, merde, fais chier.
De plus, il était grand, et avait d'la gueule. Et, elle ne se trompait que très rarement. Dégoûtée, elle tourna les talons, et détala.






Selon ALORS, la Presse féminine italienne dégommait allègrement la nature même des tentations féminines françaises proposées par journaux de merde interposés (distribuée à une population ayant souscris des assurances  sur la décompression neuronale proche du taux moins cinq cent au dessous de zéro). Il fouilla amoureusement la cour intérieure, rayon journaux et papier, tri sélectif afin de trouver un deuxième exemplaire de celui-là qui intéresserait sa nouvelle copine, laquelle refuserait de baiser mais l'accepterait dans la maisonnée au moins pour une nuit, à condition qu'il arrive à l'entourlouper sur les motifs de son intrusion. Il se pointa à 22 heures tapante à l'appart, (avec une bouteille de vin trouvée chez l'épicier d'un coin qui faisait dans la récup de vieille bouteilles introuvables au goût car elles avaient si bien macérées on ne sait ou que cela leur conférait une note particulière, et à force de comparer le prix avec le goût, le vin finissait par être plus qu'acceptable, bon, et même presque excellent si l'on se mettait au diapason d'ALORS et de ses manœuvres dialectiques ubuesques : il était un conférencier hors norme. Quand vous n'aviez pas envie de parler, il le voyait tout de suite et soit qu'il décida de vous faire une fleur, il vous entraînait alors dans une folle nuitée, terminait les phrases à votre place, vous promenait sur n'importe quel terrain, fusse t-il totalement inconnu, sur un plateau sauvage pour un concert improvisé et évidement sauvage par un groupe de dub montant qui allait se faire fouetter de bonne musique au vent sur une chevauchée de substances illicites.), bref, pour l'heure, la fille en question failli s'étrangler quand elle vit le sourire du Chat d'Alice transparaître derrière la fenêtre de la salle à manger : ALORS était passé par la façade extérieure, premier étage car elle n'ouvrait plus la porte depuis quelques temps, et rien ne saurait jamais décourager ALORS de ses buts premiers. Elle le fit entrer, et lui passa un savon. Prenant l'air le plus abattu possible, lequel lui allait comme un gant, il lui soutira un thé brûlant et failli se retrouver dehors parce qu'il estimait que Le Yunnan n'équivalait à rien d'aussi sympa qu'un thé noir fumé, et que sans un triple, il fallait vraiment en vouloir pour la soutenir et lui tenir compagnie. 


La fille s'était amenée en milieu d'après midi, perchée sur des talons rouges qui lui allait aussi bien que si elle avait porté une cagoule en laine vert fluo sur une plage en plein soleil, elle avait frappé à la porte, le sourire accroché au visage comme sur un porte-manteau dans un deux étoile miteux repeint en laqué rouge piment déphasé et plus ou moins seyant sur les lèvres mais surtout quelque chose qui sonnait aussi bien que quand tout sonne faux. Sa jupe lui arrivait à trois centimètres de l'entrejambe : elle était passé d'un look préadolescent à celui de quelqu'un qui semblait avoir négocié sa féminité au rabais. Néanmoins, elle affichait une condescendance qui frôlait le pseudo sympa, lequel donnait parfois le change à certains de ses interlocuteurs privilégiés. En attendant, elle regardait les autres avec une interprétation toute semblable à la prétention de s'imaginer comprendre qui elle avait en face d'elle. Un œil acerbe et crevé apparaissait au dessus d'un trait de khôl épais : elle s'entraînait à tapiner depuis moins de deux semaines. Mais deux semaines plus tard, elle aurait passé l'arme à gauche. En attendant, elle s'amusait plus ou moins à se tourner vers d'anciens amis, comme pour essayer de raccrocher. 

Elle passe juste à côté et PFFFF

- A l'école, ils disent que c'est Dieu qui m'a crée.
- C'est TOI.
- Et PAPA.
- Comment j'explique le vent ?
- Le vent tu vois c'est quand une planète frôle la notre.
Elle passe juste à côté et PFFFF : ça fait du vent.

lundi 1 février 2016

T'es pas cheffe ?

Député ! La chambre des Députés ? Qu'est-ce qu'ils peuvent bien foutre tous dans une chambre ?
Faire ! Ouï !
Tu ne me prives pas de cinéma ?
Ouf.
Il y a pute dans député !
Ben quoi, c'est vrai !
Ça veut dire quoi pute ?
Alors ?
Le bureau des réclamations est fermé ?
Et bah il bosse pas beaucoup !

C'est le yaourt. Oui, par terre. Il avait trop froid, il a voulu s'échapper du frigo. Oui c'est ça ! Oui, j'ai tiré sur l'emballage pour l'attraper. Oui, comme un chat ! Mais HEUREUSEMENT, je ne me suis pas blessé ! J'ai esquivé, hop, j'ai sauté sur le côté. Non, le carrelage n'a pas pu esquiver, lui. Il a pas eu de chance.
Lui.
Il a complètement explosé, t'as vu ?
Il y en a mais partout.

Non, je ne me laves pas en premier.
En deuxième ? Non merci !

Quoi ?! Tu couperas mon bâton panthère, en petits morceaux et poubelle ? Tu ne vas pas faire ça ? Tous aux abris ! Oui, cheffe, bien cheffe ! T'es pas Cheffe ?
Oui, oui !
Je le range de suite.

À présent, tu m'embrasses ?
Tu dors avec moi ?
Bon, bon.

J'ai un grave problème !
Le boîtier de mes lunettes, perdu !

N'importe quoi, il va pas partir en expédition au Pôle Nord pendant la nuit !

Tu penses bien que je veux mettre mes lunettes au chaud. Il est où ce boîtier ?
Tu pourrais pas m'aider ?
Non ?
Bon, tu me le cherches demain ?
Tu me le retrouves ?
Moi !
Moi !
Et si je le retrouve pas ?
Bon d'accord, je mobiliserais tout mon corps et mon esprit pour retrouver mon boîtier de lunettes. Tout seul.
Bonne nuit !
Arrêtes ! Rallume ! Nan la grande ! Nan pas le couloir ! Portes ouvertes ! Ooooouvres la porte de ta chambre !
Parce que.
Bonne Nuit.
Bisou !
Et moi je t'en ai pas fait !
Reviens !
Bon, fais de beaux rêves !
Et rêve que tu m'achètes une Playstation.
Merci d'avance !
Bisous.

jeudi 21 janvier 2016

Dis-donc, t'y penses aux graines pour les oiseaux ?

File d'attente.
Bon, je suis ton seul fils ? L'autre que tu as eu là, avec celui qui mange que des graines ? Bon. Un granivore : HAHAHA ! Moi, je suis omnivore, un point c'est tout. Il mange que des graines pour pas tuer des animaux, mais bon. T'as vu le résultat. 

Oui, je sais : ça ne me regarde pas. Mais c'était quand-même, un grand frère, non. Bon, ben tu vois. 

Les décisions des parents ne regardent pas les enfants.  Tu trouve que c'est juste ?

Je suis petit, je suis petit, je suis petit, comme un électron ? 
Donc, tu es toujours enceinte ? Pourquoi, tu n'es pas si vieille.
T'aurais pas pu m'avoir plus tôt, non ? Parce que j'ai peur de te perdre.
J'aimerais bien que tu sois immortelle, comme ça je t'aurais toujours.
Et ma sœur alors ? Je le sais que tu n'as pas envie d'en parler.

C'est pour ça que je t'en parle : ça va te faire du bien, après. Au début, ça fait un peu mal, et puis après on pleure, et puis après, ça va mieux. Ben quoi ? C'est toi qui l'dit ! Donc, t'en as perdu combien ? Je suis le numéro quoi ? Oui, le meilleur c'est que je sois resté. Mais si tu les avais pas perdu, ben moi, je ne me sentirais pas tout seul. Je ne suis pas qu'un numéro quand-même ? Oui, j'ai quand-même les autres.
Mais et ma sœur alors ?
Je le sais bien que t'as pas envie d'en parler.
Mais tu rappelles que t'as un fils ou pas ?
Arrêtes ! Je suis là, fais pas semblant de me chercher ! 

C'est quoi déjà la définition de vaillant ? Et toi, t'es une femme vaillante ? Je pense que oui, quand-même.  


Dis-donc, on la fais quand la formation aux premiers secours ? Hein , Parce que moi, je sais déjà ce qu'il faut faire. Ben oui ! Sur le côté, bras le long du corps. Comme ça, on pourra aider les gens qui tombent.
Alors ça va ? J'ai eu peur. Oui, tu as vu, j'ai crié MAMMMMMMMMAN !
Je comprenais et je comprenais pas, j'ai crû que tu voulais aller vite.
Regarde, t'as vu, j'ai pris des trucs dans mon sac.
Elle était gentille la dame.
Tu as vu l'autre, il est passé et ils s'est même pas arrêté. Quel Naze !
Oui bah c'est pas sérieux quand-même, tu es au sol et lui il passe, comme si de rien n'était.
Tu sais que tu devrais vraiment m'acheter un portable : comme ça dès qu'il y a un souci, j'appelle le 18.
C'est pas grave ? C'est rien ? Tu as eu de la chance ? Juste les genoux ?
Allez-viens, je vais te porter.
Tu vas pouvoir te porter toute seule ?
Ah, bon, si tout va bien, viens, on va s'faire des raviolis tomate-mozarella, ça nous changera pas.
Et avec, j'ai droit à quoi ? Des crêpes ? Un yaourt et une clémentine ?
Tout ça pour me récompenser d'être un bon fils ?
Une pauvre clémentine ?
Je suis un bon fils, nan ?
Que ton fils, mais mince !
Oui, c'est toi la grande, ET PAPA !
Oui, oui, maman "et Papa" !
Tu sais que je t"aime ?
Arrêtes ! Dis pas que tu t'en doutais pas.
Je l'sais bien que tu m'adores, hein, maman ?
Tu m'adores ?
Bon, et les crêpes, on les fait quand ? 

Dis-donc, je ne veux plus aller chez mon père. Parce que j'en ai marre qu'il me fasse porter du bois. Il me fait travailler tout le temps. Même le jour de mon anniversaire : quand-même, il pourrait pas me laisser tranquille, ce jour-là ?

Mais non, je suis déjà un homme, j'ai pas besoin qu'il m’apprenne.

Tu n'y connais rien en homme ? Hahahahaha ! Menteuse !

Ah oui, c'est vrai, il saute à quinze mètres du sol : toi tu pourrais pas ! Ou en parachute ?
Dans parachute il y a chute. Tu chuterais grave au sol : HAHAHA.
Tu veux pas faire de parachute ? Moi, non plus alors, ça tombe bien : on tombera ni l'un ni l'autre.
Ah bah, si il m'apprends à faire de la moto, je veux bien. Pourquoi t'es contre ?
Ah oui.
Mais moi, je veux faire de la moto, alors ?
C'est moi qui sait : faut respecter les désirs des enfants.
15 ans ? J'ai pas l'temps d'attendre, je voudrais faire de la moto. Ou du quad. Maintenant.
Si on achetais une voiture électrique ? HEin ? je te conduirais, moi !

Oh, y'a un corbac ! Regarde, il nous reconnaît.

Tu sais que l'autre fois, j'ai dit qu'on voyait des mouettes tous les matins, et ben on m'a répondu que c'était des étourneaux. Si ! Je leur ai dit : mais ils n'y croient pas.

Ils disent que c'est des moineaux ou des étourneaux, ou des gros pigeons.

Nan, mais tu m'vois confondre un pigeon et un cheval pendant qu'on y est ?

Oui, ben si on attends qu'ils voient tout ce qui est vrai pour y croire, laisse tomber.

OoooooooooooH ! Il y a du givre, et bientôt de la neige.
Tu as vu, je fais de la fumée avec la bouche.

Dis-donc, t'y penses aux graines pour les oiseaux ? 

mardi 19 janvier 2016

- Bon, si on s'prends une souris, ça coûtera combien de la faire vacciner ?

- Tu es une sorcière. Une sorcière ? Elle a un chat noir, les dents de travers, et une grosse verrue. Je sais que tu as pas de chat noir. On va remédier à ça : on en adopte un ! Hein ? On s'prends un chat ? Un grain de beauté ? Et bien ça fera l'affaire ! Non, elles sont pas de travers, c'est les miennes, je sais.

- Est-ce qu'il est beau ? Magnifique ? Ou alors il a une tête de plouc ?
- Et est-ce qu'il va tenter de te séduire ?
- Je suis sûr qu'il est gentil. Il est pas trop gentil au moins ?
- Rigole pas, tu sais bien bien qu'il y a des gens qui font semblant d'être gentil et puis après : BAM.
- Dis-donc, il t'aime bien, alors ?
- Parfait ! Parce que s'il t'aime bien, il m'aimera bien : c'est la même famille ! 


- Et toi alors ? Hein ? Comment ça ça me regarde pas ? Tu me l'présentes alors ? Ben pourquoi ?Comment ça on verra, et quand ? Je te rappelle que je suis ton fils. Comment ça que mon fils ? Il est mieux pour toi que moi ? Je voudrais tellement le voir. Bon, bon, bon, c'est bon, mais je trouve que tu prépares drôlement quand-même. Oui, ben moi aussi je t'attends quand t'es en retard ! 

T'es vraiment pas calée, hein, tu peux même pas me dire quand le soleil va exploser. Qu'est-ce qui va se passer après ? On va chauffer, nous aussi ? Ils sont nuls de pas s'occuper de la planète. Remarque, si ça ne va vraiment pas on pourrait s'exiler sur mars ? On prends une capsule et hop ! On s'plantera des graines ! On peut planter des graines ? Qu'est-ce qu'on boira au fait ? Il n'y aura pas de coca sur mars ? Ah oui c'est vrai, ils tuent les gens en Inde. C'est pas malin quand-même. Dis maman, c'est pas vrai qu'il ont fait l'coup à un chien de l'envoyer sur mars tout seul ? C'est vraiment des nuls, il a dû avoir peur. Tu me laisserait pas toi aller sur mars tout seul dans une capsule ? Hein ? Hein ? Dis, tu m'achètes la roue qui roule toute seule ? 2000 euros c'est trop cher ? C'est pas pour les enfants ? Bon, achètes-moi un robot alors. On pourrais pas le construire ? Et tu pourrais pas les avoir ces compétences parce que ça me rendrai service : tu sais bien que je rêve de créer un robot. Comme ça il m'assistera. Au lieu de faire ce que tu m'dis, je demande au robot, et pendant ce temps, je joue, tranquille.

- Et, il aime les jeux vidéo, au moins ? Ah ! Tu me rassures. Supeeer ! Parce que PAPA il aime pas. Mais alors pas du tout : il croit que ça ne fait pas réfléchir. Il réfléchit vraiment pas des fois.

- Bon, si on s'prends une souris, ça coûtera combien de la faire vacciner ?



samedi 26 décembre 2015

Toboggan

Les yeux glissent sur le mot, il, présence structurelle mais non structurante, servir par une vision toboggan l'ensemble soit la première lettre, si le mot est écarté, pour les lieux, en majuscule, et peut-être une en son milieu et encore une autre, plus la glissade est rapide, plus il est en face de moi, présent mais allégé de cette pression qui appuie à l'intérieur du front et oblige à ce que les yeux se croisent, il ne peuvent se relier, et se dissocient et si jamais le regard devait se poser et qu'il faille attendre la compréhension, ce n'est plus ou pas possible, alors : BanG. Je continuerai encore.

samedi 28 novembre 2015

Non, je ne veux pas apprendre la grammaire, c'est pas Grammatik ?

- Dis-donc, tu m'achèteras un gilet par balles ? Et, ça ne vas pas me couvrir les jambes ? Ah mince...
Si je mets mes bottes de moto, c'est bon, on peut me tirer une balle dans le pied, elles sont coquées !

- Dis-donc, la science elle à prouvé qu'il y avait un Dieu ? Non ? La science ne le sait pas ? Je le savais.

- Dis-donc, le Père Noël n'existe pas mais il va quand même me ramener ce que je veux ? Tout ce que je veux ?

- Comment ça, ma petite souris en à plein l'dos ? T'inquiètes pas, c'est pas lourd, ce que je demande.

- Non, je ne veux pas apprendre la grammaire, c'est pas Grammatik ?
Allez :
"Je n'aurais rien à Noël",
- Tu n'auras rien à Noël !
HAHAHAHA.

- Non, mais t'as vu celle-là, elle ne met même pas soutien gorge, c'est affreux ! On voyait même ses tétons. Heureusement toi, t'en mets.

- Oh, ça peut aller, t'es pas mal aujourd'hui, oui, t'es trop belle hein, avec ce manteau, et tes cheveux qui pendent sur les épaules, je peux avoir Légo City, quand ?

- Dis-donc, on va sur sa tombe ? Il faut qu'on lui dise qu'il y a eu des attentats. On y va quand ?

- Tu te feras, un bon petit café à la maison, tu verras, ça ira mieux après.


- Chouquettes ? MERCI !



vendredi 30 octobre 2015

ALORS

Envoyer de très belles fleurs à sa mère à chaque anniversaire; des chrysanthèmes, oui, afin de lui rappeler combien il l’aimait, dans les tons les plus mauves délavés, à moitié pourris car récupérées dans un cimetière peu fréquenté ou l’absence de gardien lui permettait de le substituer sans risques d’être soumis à la honte de profaner les non vivants, un point de vue peu défendable auprès du commun des mortels selon lui: elle pourrait aisément les replanter dans le jardin, et comme elle était née en automne, les lui offrir vifs et brillants n’avaient aucun intérêt puisque l’hiver arriverait immanquablement, aussi il salivait à l’avance de les savoir voués à la décomposition rapide, le sujet le plus important de ces recherches, le stade le plus aimé de ses expérimentations et de ses amours temporaires, avec la musique et la transmission des renseignements : une activité que personne ne pourrait jamais supposer venir de lui. Il trempait dans les bas-fonds, tout en étant un enquêteur hors norme et un personnage utile pour faire horreur à la gent féminine, même celle d’une prostitution peu regardante à la clientèle, et bien sûr, alignée sur les prix les plus bas. Ce matin là, il s’était félicité d’avoir pu la veille, obtenir une pipe négociée à 30 euros, un prix qui lui apportait pratiquement autant de jouissance que la nature de l’acte en lui-même, bien qu’il eut regretté que la fille n’y ait pas mis un peu plus de cœur alors qu’il avait quand même fait l’effort de se laver un mois plus tôt, pour paraître plus convenable à ses yeux. Du moins un peu plus que pour la dernière fille fréquentée, ce surtout pour pouvoir obtenir une remise fort méritée de son point de vue : toujours radical en matière de goûts.

De plus, le chrysanthème était aussi anti insectes, donc, il préférait les destiner à sa mère :  garder les bêtes qui vivaient chez lui en vie et en vie puisqu'ils cohabitaient intimement et d’un commun accord qu’ils se rendaient les uns, les autres. Il avait même tenté d’installer un vivarium, récupéré dans une benne, un peu fendu en son milieu mais parfaitement ajustable à d'autres fonctions, comme la majeure partie de ses biens, si petits fussent-ils.


Certes, le vivarium était destiné aux fourmis mais il était pour l’adaptation du milieu à l’environnement et de l’environnement au milieu, aussi avait-il œuvré à la défaveur des voisins mais pour  ne sacrifier rien de vivant qui l’approcha. Il partageait donc sa cuisinière à gaz avec les bestioles, ce qui leur évitaient pour la plupart de courir et de loger dans la literie :


Une literie remarquable par rapport à toutes celles qu’il avait eu jusque ici; trouvée sur le capot d’une vieille 104 bleu fagot, presque neuve et fraîchement lavée, envolée d’un balcon ou elle séchait probablement, la housse de couette avait été un ravissement quand il y avait passé sa première nuit, il en était férocement content et même fier devant les rares visiteurs qui avaient eu le droit de pénétrer chez lui : elle n’avait pas quitté son sommier depuis un an, une faveur qu’il n’accordait pas même à une femme ou une copine, car il n’était pas trop partageur. Son sommier, hélas, n’avait pas reçu le don divin de la récupération, sommier  sur lequel il dormait mieux que n’importe ou ailleurs, creusé par le trou que formait son corps en son milieu, rehaussé par la tristesse d’un linge peu recommandable pour l’honorer qu'il affectionnait : il habitait ses vêtements  jusqu’à ce que mort s’ensuive et ainsi, s’en séparait uniquement avec une tristesse inouïe, et son sommier il l’aimait encore presque plus que sa housse de couette, car il était resté tel quel, emballé dans du plastique, jamais ouvert, volé dans une allée avec un de ses potes qu’il avait réussi à convaincre contre deux places d'un concert improbable d’une valeur de 300 euros. Le pote avait fini par l’avoir mauvaise car il lui avait imposé un duo mais en le lui signifiant uniquement une fois le sommier déposé devant sa porte : il fallait bien qu’il se paye lui aussi le fait de porter le sommier seul de la porte à l’intérieur de sa chambre, un studio en réalité, enseveli au point qu’il avait refusé de laisser entrer cet ami qui ne le resta pas.


Alors cultivait chaque détails avec minutie et prenait donc soin chaque matin de sortir du lit en y restant, de façon à pouvoir avaler un café noir sans sucre, encore assis dans ce lit car il dormait  juste devant la vieille cuisinière qu’il n’avait jamais lavée non plus et qui était reliée à une bouteille de gaz qu’il économisait au maximum de ce qu’il pouvait, comme il le faisait avec tout ce qu’il rencontrait et comme il le faisait avec presque toutes les fonctions de sa vie.


Il ne pensait pas qu’on  puisse le taxer de minimaliste : il se trouvait vernis et il savait que personne ou presque ne pouvait comprendre quel type de vernis était des plus seyant. 
Certainement pas celui des plus hautes sphères.


Il était châtain très clair et il détestait qu’on lui dise qu’il soit blond, ou châtain; il fallait dire châtain clair. Personne n’aurait pu soupçonner le type de renseignements qu’il était capable de soutirer à n’importe qui, dans pratiquement tout contexte : peut-être parce que le voir subtiliser les épluchures de pommes blettes dans la cuisine d’une copine, chez laquelle il était invité pour un apéro, pour les croquer rapidement afin de ne pas les destiner aux poubelles, heurtait la sensiblerie des moins compréhensifs qui le catégorisaient aussitôt. 

Parfois s’il avait le temps et toujours en lousdé,  il retirait des mets insoupçonnés des poubelles qu’il trouvait subtils et merveilleux,  et même découvert en train de gratter une cuisinière sale avec un couteau autour des feux et de ramasser les détritus cramés ou d’y  essuyer du pain dans la graisse collée (il prenait soin de faire chauffer la bouilloire en feintant de vouloir lancer une tisane, ce qui faisait quelque peu sourire puisque le blanc était ouvert, ce avant tout, afin de pouvoir décoller celle-ci, cette vieille graisse qui selon les appartements pouvait être de putride à fraîche, en effet la décollait plus facilement que ce soit la sienne ou celle de ses amis en versant de l'eau en très petite quantité autour des feux, comme le jus d’un rôti fraîchement sorti du four, toutefois découvert et à découvert, il se tenait droit comme un empereur romain victorieux et affichait un sourire merveilleux, si bien qu’il arrivait à déstabiliser l’ennemi au point qu’il batte retraite parmi les convives, et de ce fait, évite toute discussion explicative : en effet, il semblait alors vraiment ne pas avoir pas le profil d’un indic de premier ordre, Alors. Et passait donc, une nouvelle fois, à travers les mailles du filet comme de de nombreuses autres occasions.


Après le café il attrapait la télécommande, toujours au pied du lit et ouvrait sa planche de salut : une prouesse de technicité informatique d’un mètre cinquante sur 55 centimètres, camouflée de l’intérieur d’une bibliothèque qui s’ouvrait sur codes et commandes uniquement pour son propriétaire, par résonance olfactive associée, entre autres.








C'était un vrai jour de fête, de ceux qui brûlent comme une brindille, d'un éclat qui semble particulièrement bénéfique mais qui ne dure que le temps qu'on se décide à y consacrer. Lorsqu'il est là, on ne le voit pas bien et quand il s'est en allé c'est une saveur insoupçonnée qui s'évapore à jamais, parce que le feu à brûlé si vite qu'il n'a pas pu prendre. Ou bien il nous à tellement consumé. Au fond, l'intensité semble anecdotique mais elle véhicule des particules sans querelles, sans rien qui ne puisse être aussi beau car ultime et si l'on sait s'y soumettre sans pourtant que rien de soi n'y soit soumis cela peut monter très fort et très vite et l'atterrissage n'est jamais des moindres, cela ne présage rien de particulier si ce n'est qu'à cela on ne puisse que se soumettre comme étranger à ce qui se passe à l'intérieur du corps, qu'il fredonne, somnambule, ou bien se trouve dans un silence total, une possibilité invraisemblable du manque, une disposition nouvelle à aimer les courants d'air, être agenouillé et tenu d'une main ferme, oppressante et douce.

Elle releva la tête et se trouva à l'improviste les yeux dans les siens, il la regardait sans galanterie, d'un air légèrement différent de ceux des autres, cela dura assez pour qu'elle fût envahie d'une douce lumière, elle hésita quelques secondes, intriguée de ce regard direct impressionné d'un climat calme et bienveillant effleuré d'une pointe d'observation amusée qu'elle imagina plus en lien avec ce qu'elle portait qu'elle même, n'empêche, il la destabilisa par un accueil évident dont elle n'avait l'habitude, il y avait vraiment quelque chose de particulier au point qu'elle repensa à lui encore pendant quelques jours, juste après avoir voulu se dégager en lui faisant focaliser presque immédiatement son attention sur autre chose qu'elle, ce qu'elle savait très bien faire et au moment de sortir, alors, elle le vit en face d'elle en pleine conversation avec une petite femme brune, qui devait partager une certaine proximité avec lui, et elle se détourna tout en ressentant une impression qu'elle savait plus ou moins annonciatrice, tout en se disant :
- Putain, merde, fais chier.
De plus, il était grand, et avait d'la gueule. Et, elle ne se trompait que très rarement. Dégoutée, elle tourna les talons, et détala.

dimanche 25 octobre 2015

Du Handicap

Sous-Titres :

- Diatribe.
Au clair de lune, j'ai perdu mon char ?

- Manuel à l'usage des cons, mêmes joyeux

- Petits cons à l'usage du Handicap

- Réfléchir, c'est agir : action sauciflard.

- Fenêtre égarée un jour ou on a pas envie de se lever mais comme on le doit et qu'on à qu'une demi-heure, on la mets à profit car demain n'est fait de rien du tout, même si le profit gagne à certains, d'autres y perdent quand même, et peut-on faire une révolution en 30 minutes ? 
Autant ne pas perdre une de plus.

- Du handicapé qui n'a pas envie d'une parole sympa.

- T'es handicapé pour écrire sur le handicap, ou quoi ?

- Au moins si c'est drôle et pas larmoyant, ce sera apathiquement littérairement peut-être correct et recevable

- TATACARTE ?

- Je suis certaine de récolter des résultats positifs

- Et bien, c'est du joli, mettre en avant le handicap pour faire du flouze...

- Je floue, tu floues, il floue

- T'as déjà pissé dans une bouteille en plastique ?

- Intersection et trajet pervers de la pensée et autres découpages de pastrami.

- Désolée, je reviendrai plus tard.

- Désolé mais c'est de la merde.

- Sans restriction de langage. C'est autorisé ?

- Doit-on être un handicapé poli ?

- Peut-on être heureux et handicapé ?

- C'est alors que le réceptionniste c'est tourné vers moi, et j'ai du lui dire : votre braguette est ouverte.





Just Kids, Folio 5438.

En fait rien ne se passe comme je le voulais. Ce n'est pas une habitude, c'est. Comme ça, ça vient et ça va. Quelqu'un avec qui j'ai porté des lunettes noires en fumant, le long d'un canal, déambulé. Dans des lieux sombres et musicaux, traversé une ville en long en large et en travers, en tous sens, à toutes heures. Échangé autant qu'on puisse, quelqu'un qui à eu un, je ne sais pas, quelqu'un qui a compté, qu'on oubliera pas, sur qui on n'a pas fait de croix mais qui n'est plus là depuis longtemps parce que la vie fait cela, que tu suis ton chemin, que ce n'est pas contre qui que ce soit mais, que parfois tu prends un autre cours, tu traverses un ru, tu franchis une montagne, tu te noies dans la boue, tu t'es relevé, tu retraverses de grands moments joyeux, et tu te casses encore un peu la gueule, et les autres, ceux d'avant, tu les as présent en toi et pour tout, et parfois, ils se manifestent. Et tout à coup il te tombe quelque chose qui tombe à cœur, et non à pic, les larmes au bords des yeux pour l'émotion et le plaisir, exactement. A envoyé, Just Kids, Folio 5438.


Ma mère m'a appris à prier; elle m'a enseigné la prière que sa mère lui avait apprise. Maintenant que je vais dormir, que le seigneur veille sur mon âme. A la tombée de la nuit je m'agenouillais devant mon petit lit, et debout derrière moi, elle m'écoutait réciter après elle, avec une éternelle cigarette. Je ne désirais rien tant que dire mes prières, mais c'est mots me troublaient et je la harcelais de questions. Qu'est-ce que l'âme ? De quelle couleur est-elle ? Je craignais que mon âme ne me fasse le tour pendable de s'échapper pendant mon sommeil et ne jamais revenir. Je faisais de mon mieux pour ne pas m'endormir, afin de la garder à sa place, à l'intérieur de moi.

Quand ça devenait un peu trop dur, je retournais au pratt, ou je pouvais tomber sur une connaissance qui me laisserait prendre une douche et une bonne nuit de sommeil. Ou bien je dormais dans un hall, près d'une porte familière. Ce n'étais pas la joie mais je me répétais ces mots : " Je suis libre", je suis libre", comme un mantra. Au bout de plusieurs jours, toutefois, c'était mon autre mantra " J'ai faim, J'ai faim", qui avait tendance à prendre le dessus. Je ne m'en faisais pas pour autant Tout ce qu'il me fallait c'était un coup de veine, et il n'était pas question de laisser tomber. je traînais ma valise écossaise d'un perron à l'autre tachant de ne pas user mes hôtes récalcitrants. C'était l'été de la mort de Coltrane.





Je sais pas si j'le f'ras;

Ce qui est c'est que je ne peux plus faire un pas vers toi, je sais que tu t'en rends compte, parce que tu l'as dit :

- Ah, c'est toi ? Ça fait longtemps.

- Pourquoi tu n'y vas plus ?
- Tu sais qu'elle peut mourir demain ?
- Il faut que tu y ailles.

Ce n'est pas le fait que je n'ai pu aller ni à ton enterrement ni près de toi. Ce n'est pas le fait que je, j'ai du mal à me déplacer.

Et maintenant à parler. 

En revanche, je ris bien quand-même. 
Enfin.
Il serait pas content. 
Je rassemble mes forces. Peut-être que j'en perds aussi un peu. Qui sait ?

Je viendrais bientôt.
J'aurais dû venir demain.
Mais non.


Cela ne me fait aucun mal que tu ne me reconnaisse pas.
En revanche bien d'autres choses me font chier.
Trop crevée. Crevée comme une vieille pile.
Je crois, je ne sais pas si je remettrais du rouge, à lèvres.

Tu le sais pas que je devais m'acheter un costard rouge si je m'en sortais.
Et je ne l'ai pas fait.
En fait, j'ai changé pour bleu turquoise.
Et je ne l'ai pas fait non plus.

Et maintenant, j'ai juste envie d'une veste rose, rose fuschia qui tue.
Je sais pas si j'le f'ras;


dimanche 18 octobre 2015

L'opposition et les vertus de l'opposition permettent-elles et comment de changer les choses en profondeur ?

Or, je n'ai nullement l'intention d'abandonner cette opposition entre ce que je nomme "l'humain" et ce que j'appelle " l'androïde", ce dernier étant un cruel simulacre de pacotille du précédent à des fins plus basses. Mais je m'étais fié aux apparences et pour distinguer ces catégories l'une de l'autre, il faut plus de subtilité. Car si un être doux et inoffensif peut se dissimuler derrière un masque de guerre terrifiant, alors il est d'autant plus probable que derrière les masques doux et inoffensifs se dissimulent de vicieux exterminateurs d'âmes. Dans un cas comme dans l'autre, l'apparence ne suffit pas : il nous faut pénétrer au cœur de l'être, au cœur du sujet. 
Sans doute tout à un but positif dans l'univers, je veux dire, tout sert tout sert aux fins de l'univers. Cela dit certaines parties intrinsèques ou certains systèmes secondaires peuvent très bien être meurtriers. Il faut alors les considérer comme tels, sans faire attention à leur rôle au sein de la structure totale. Le Sefer Yetsira ou livre de la création, un écrit cabalistique d'il y a près de 2000 ans, nous indique que "Dieu érigea aussi l'un contre l'autre, le bien contre le mal, et le mal contre le bien; le bien vient du bien, et le mal vient du mal; le bien purifie le mal, et le mal purifie le bien; le bien est réservé pour les bienfaisants et le mal pour les malfaisants".
(...)
Et puisque vous m'avez suivi jusqu'à présent, je vous demanderais d'avoir la gentillesse de continuer de m'accompagner encore un peu. Je voudrais parler avec vous d'une chose que j'ai découverte - qui m'est revenue - parmi ce flot de souvenirs oubliés. En mars 1974, les variables reprogrammées modifiées à une date antérieure, probablement vers la fin des années 1940 - en mars 1974, donc, eu lieu le dénouement, le résultat de l'une au moins des variables reprogrammées quelque part le long de la séquence temporelle linéaire de notre passé. Entre mars et août 1974, une variable reprogrammé près de trente ans plus tôt entraîna une série de changements qui culminèrent en un événement historique, spectaculaire autant qu'unique : la démission forcée du Président des Etats-Unis d'Amérique, Richard Nixon, et de son équipe. 

(...)

Le monde du futur, pour moi, n'est pas un lieu mais un événement.
Philip K. Dick, Si ce monde vous déplaît… et autres essais

dimanche 11 octobre 2015

"Alors Que Te Faut-t-il ?"

1 - Les mécanismes sont. Tu es. Vous faites partie du même environnement. Ça existe ensemble de façon indissociable. Ce qui ne veut pas dire inévitable : on peut prendre conscience de cet état et tenter de l'amender.
 
 
Qu'est-ce donc qui nous fait prendre conscience que nous allons mourir ? Que ce passe-t-il le jour ou nous  comprenons que la fin de notre vie n'est pas seulement une possibilité, mais un foutu fait ?
 

2 - Comprendre implique savoir, consciemment ET inconsciemment. Cette compréhension et le fait qu'elle se bâtisse en continu implique bien entendu que tu sois et acteur et théâtre.
 
La neige dansait comme du coton dans la lumière du réverbère. Sans direction, sans savoir si elle voulait monter ou descendre, elle se laissait simplement guider par ce foutu vent glacial qui venait des grandes ténèbres du fjord d'Oslo. Ils tourbillonnaient ensemble, le vent et la neige, tournaient et tournaient sur les quais, dans le noir, entre les hangars fermés pour la nuit. Jusqu'à ce que le vent se lasse et laisse sa partenaire de danse contre le mur. Mur où la neige sèche, soufflée de part en part, s'était agrégée sous les chaussures de l'homme dans la poitrine et la gorge duquel je venais de tirer.
 

3 - L'inconnu n'est pas ce que tu ne connais pas, c'est juste ce que tu n'as pas encore compris tout en étant en mesure de l'envisager. Ce que je veux dire c'est que tu sais qu'il y a des choses que tu ne connais pas. Tu les vois. Mais, les voyant, tu sais que tu es en mesure de pouvoir les comprendre.
 
Cet après-midi là, je restai dans l'obscurité d'un appartement à épier, comme ensorcelé, la femme d'en face Je pouvais dire ce que je voulais aussi fort que je le voulais, personne ne m'entendrait, et je n'avais pas besoin de la regarder de dos, de regarder son chignon, de façon à pouvoir m'imaginer une beauté qui n'était pas là. Funambule. C'est la première réflexion que je me fis quand elle entra dans le salon. Elle portait un peignoir blanc et évoluait comme une chatte.
 

4 - L'inconnu est très différent de la vraie surprise: l'inattendu. La rencontre avec ce qui est sur le moment inconnaissable.
 
Elle passe la majeure partie de ses journées seule à la maison précisa Hoffmann. C'est en tous cas ce qu'elle dit. Fais le travail de la façon que tu voudras, Olav. Je te fais confiance. Moins j'en sais, mieux c'est, ec cetera. Tu comprends ? J'acquiesçai. en pensant et cetera.
 

5 - Pour moi, un happening, c'est l'expression de la réalisation du moment où l'inconnaissable devient compréhensible. C'est l'expression d'un instantané personnel, intime, et, étymologiquement, transcendantal.
 
 
 
La question était juste de savoir si l'on avait la flexibilité morale requise pour, au quotidien, recruter des jeunes femmes et les envoyer dans la prostitution.
 

6 - Cet instant n'est pas une singularité qui commence par se nourrir d'elle même puis du reste de la causalité. Cet instant est le fondement d'une remise en question personnelle et fondamentale.
 
Un bon mac vaut chaque couronne qui lui est versé, je l'ai toujours pensé. Le problème c'est que je tombe vite amoureux, et j'en perds de vue les affaires.
 

7 - Je suis intimement convaincu que certaines expériences ne peuvent être partagées (et partant intégrées) que par ceux qui les ont vécues. On peut tenter de faire sentir, de faire ressentir, d'approcher, mais ça reste loin de la réalité personnelle. Pour ne pas dire fondamentalement différent.
Ça peut te fournir un cadre qui te permet de faire passer certaines expériences de la surprise à au connaissable, mais sans aucune garantie. En d'autres mots : à la limite, on ne peut partager significativement que sur la base d'une expérience commune. Faute de, on ne peut que partager ses peurs.
 
On ne peut pas m'employer au braquage. J'ai lu que plus de la moitié des employés de banque exposés à un braquage souffraient ensuite de problème psychologiques.
 
Du sang sur la glace
THRILLER

Collage, participation fortuite d'Albain de Saint Martin.


samedi 10 octobre 2015

"la confusion est la seule chose qui reste et qui ait un sens."

Aujourd'hui dans une allée, je me suis sentie tout à fait là, et je sais que cela présage de drôle de choses, je ne sais jamais ce qui va arriver mais ce moment arrive, c'est une frontière, un moment de grâce qui peut conduire à une autre ouverture, j'ai levé la tête et j'ai pensé à ce que j'avais écrit, j'ai avancé doucement sur le sol en laissant mes pas se glisser comme s'ils étaient indépendant du reste du corps, j'ai regardé ce sol, et quand ma nuque à voulu se relever, au moment ou je pensais que tout pouvait s'arrêter d'un moment à l'autre, j'ai repensé à lui, je me suis demandé quelque chose comme pourquoi, un mot qui est venu m'effleurer bêtement et qui n'avait aucun sens, mais qui se présente, alors que le pourquoi n'en a jamais, puisque lorsque tu te mets en phase avec ce qui est au moment même ou tu le vis tu es dans l'ultime, puis j'ai vu une lumière magnifique percer au travers des arbres, et la communion s'est installé, pour quelques minutes entre l'environnement et moi, il me parla des gouttes de pluie qui tombaient projetées comme dans un manga avec une verdure éclatante qui répondaient au-dessous, les moineaux et autres oiseaux parlaient ensemble ou pas, fraîchement sortis dans l'accalmie, les feuilles traînaient ça et là, et je continuais d'avancer, une belle lumière dorée qui toujours est tellement bien rapportée par les anime, tous cela en songeant, que Avant La Pluie Merveilleuse et aussi La Guêpe et L' Orchidée, je ne le connaissais pas encore et il y a des gens comme des livres ou des expériences qui vous changent à jamais, influent complètement et intimement tout ce qui vous constitue.


Et j'ai continué de remonter l'allée, doucement toujours. Si je n'avais qu'une heure à vivre, s'est amené sur mon chemin, je n'ai pas pensé cela mais juste l'idée que tout pouvait s'arrêter et comme traverser cela est, terrible et fantastique à la fois. Fantastique est ce que tu fais de toi et pour toi, avec et sans les autres, c'est ce que je veux dire.

Le fait est qu'on sait de moins en moins ce que peut signifier ce mot, le bonheur n'est pas un état continu, stable, homogène, lisse, un paroxysme immobile et inoxydable de béatitude sans fin, ceci n'est que totale foutaise, refoutaise, totale foutaise, ceci n'existe jamais, ne se rencontre nulle part, sauf dans quelque hypothétique au-delà, Paradis supposé, rêve d'Eden, des lieux ou la main de l'homme n'a jamais mis le pied comme disait Agénor Fenouillard, ce que nous vivons est autre, tout différent, ce sont des séries, des successions, du vrac chaotique, des kyrielles d’événements, des sensations, de sentiments, ceux qui "éjouissent", comme dit Montaigne, et ceux qui peinent, extases et désolations, enjouements et dérélictions, chatouillis et dégueulis, toujours plus finement mêlés, à tel point que l'idée d"opérer le tri définitif, d'éliminer le tri négatif, de filtrer seulement le plaisir, le positif, d'extraire ainsi la pâte heureuse nommée bonheur, garantie sans chagrin, cent pour cent euphorique, cette idée est la pire bêtise, le plus triste des malheurs garantis, l'increvable vieille infamie de tous les arnaqueurs, escrocs crétins et imbéciles dangereux, tout bonnement parce que le filtrage n'existe pas, la séparation est impossible, etc...

Ne serait-ce point Carlos Castaneda qui eut dit que les philosophe étaient des sorciers ratés ?

Un homme m'a envoyé cela :  You should have read some Brunner. And then the Toffler who inspired him.

Nowadays, RAND reports are right on target. (...) Ceci dit, je pourrais te lire un ou deux extraits.



Voici le premier :

It's natural for a man to defend what's dear to him: his own life, his home, his family. But in order to make him fight on behalf of his rulers, the rich and powerful who are too cunning to fight their own battles-in short to defend not himself but people whom he's never met and moreover would not care to be in the same room with him-you have to condition him into loving violence not for the benefits it bestows on him but for its own sake. Result: the society has to defend itself from its defenders, because what's admirable in wartime is termed psychopathic in peace. It's easier to wreck a man than to repair him. Ask any psychotherapist. And take a look at the crime figures among veterans.


Wrap your troubles in dreams : Lou ReeD, édition bilingue, merci les éditions du POINTS. Voir aussi ça, ça, ça, ça,  et ça, ça, et puis ça. Putain, Antony And The Johnson, c'est une consécration. 


Court et bon : Une main encombrante, Heining Mankell, roman policier.

Sinon, j'ai lu cela (enfin commencé) : un ravissement ! Mais en aucun cas Le Ravissement de Lol VSteinJe vous en reparlerais aussi,  ( de ce qui touche à l'extrait ci-dessous) tout comme de BA, (l'homme glacé déjà le 17 ème épisode...).


Les membres du personnel le persuadèrent aussi de verser un produit imperméabilisant dans le Coca du patron, qui vomit une demi-heure dans les toilettes. L'incident devint partie du folklore de chez Streicher, comme l'histoire de cette cliente particulièrement pénible qui semblait vouloir essayer toutes les chaussures du magasin, et finit par réclamer une paire de bottes montantes en daim gris qui n'avaient aucune chance de lui aller. Comme il les lui apportait, elle demanda si c'était du daim. "Oh non, répondit-il, elles sont faites à partir de prépuces d'éléphants !" Elle le regarda et dit : "je savais bien qu'elles avaient quelques choses qui me plaisait !

Revenus bredouilles, ils recourent à un autre plan. Il s'en fut acheter dans un drugstore d'El Cajon une boite de Marezine, remède parfaitement légal contre le mal de la route et sans rien ingurgiter lui même, convainquit Roger d'en prendre dix comprimés "Il ne m'est jamais arrivé rien de pire de toute ma vie, dit celui-ci. C'était absolument horrible. Je me sentais mal et j'avais des hallucinations. J'ai finis chez moi, totalement bousillé devant mes parents". Le lendemain, il leur expliqua qu'il avait fumé de la Marijuana. Crétin ! Lui dit Rob Houghton, autre explorateur de la psyché. Maintenant tu as démoli leur bonne opinion de l'herbe ! En dépit des mises en garde de Roger il était impatient d'utiliser la Marezine. Il en avala une douzaine de comprimés et passa la nuit à halluciner, voyant de minuscules démons agiter d'énormes haches. "C'est mieux que le LSD !" écrivit-il dans une lettre canular au fabricant, Burroughs Welcome and Compagnie, prétendument écrite par le président de "Parents against Narcotics, section d'Elle Cajon". Il y exprimait son inquiétude à l'idée que les adolescents en quête de frissons puisent abuser du produit, et proposait son aide pour lutter contre cette menace.



Toujours animé par un esprit de contradiction il passa le reste de l'été à sacrifier une drogue peu estimée des hippies : le Romilar, un sirop pour la toux. Alors que j'étais en première année de fac et n'avait jamais consommé cette mixture en quantité suffisante pour prendre place parmi les illuminati j'entrais un jour en possession d'un comprimé d'acide et d'un flacon de Romilar. Comme le voulait la coutume à l'époque, je recourus au Yi King pour savoir lequel des deux prendre. Quand je demandai ce qui se passerait si j'avalais l'acide, le résultat fût :Vérité Intérieure'' Quand je posais la question pour Romilar, la réponse fût ''Confusion''. Je pris le comprimé d'acide, et n'obtins même pas une simple fraction de flash. La morale de mon histoire est simple : 

"la confusion est la seule chose qui reste et qui ait un sens."