lundi 3 mars 2014

Pendant Ce Temps Là, Il Y A Le Feu En Ukraine

Je me suis préparée, un haut super, noir à bleu paillettes, tout ce qui brille comme les arabes mais argenté, cuivre ou métal, je me suis mise sur mon 38 dès fois que tu te réveillerais, et aussi parce que, par dessus un gilet moto confortable qui n'allait absolument pas avec le reste mais c'est pas grave, mascara basta, choisi mes meilleures chaussures en me disant que j'aurais mal au pieds, faut souffrir pourquoi pas, écrit tout le trajet dans ma tête, du bleu sur les yeux, jamais n'est coutume, et au lieu de séquestrer mes cheveux dans un chignon, je les ai laissé libres, marché la tête à l'équerre, parce que ça venait comme ça, droit au sol les yeux, je ne pouvais pas les relever, trajet habituel pour deux heures de route, de celles qui m'ont toujours amené du réconfort mais qui ici sont une autre destination, presque la même et pourtant, j'ai marché tranquillement sans me presser, je savais que je m'arrêterais en arrivant, je me demandais comment tu serais, j'ai dit au petit ce que tu avais, et il m'a regardé droit dans les yeux, l'air de dire mais qu'Est-ce que tu dis, je fais quoi maintenant, ensuite il à voulu faire une loi pour empêcher ceux qui coupent les branches des arbres de le faire parce que la télé à dit que c'était pas bien, je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai mis des mi-bas, c'est vraiment pas moi et je l'ai fait, mis mes deux bijoux les plus, plastiqué le visage avec du fond de teint, c'est pas moi non plus, et bien si, je me suis amenée à la coule, mais je savais que ça le serait pas, j'ai déposé la mandarine de mon petit déjeuner derrière un homme allongé dans le métro qui dormait les mains entre les jambes avec deux énormes sacs contre le mur, je me suis dit qu'il me fallait un clavier sinon, je ne peux pas respirer, toi non plus tu respires pas, j'ai fait ce trajet tellement de fois, pour venir, je me suis souvenu que tu était le seul avec qui je pouvais attraper les barreaux du métro aérien dégueulasse et me coller dessus pour regarder le métro arriver et profiter du déplacement d'air, j'ai toujours aimé le vent, je te demandais souvent qu'on en laisse passer 3 ou 4 mais au quatrième tu disais, non, elle va nous attendre, il faut rentrer, ensuite je devais me laver les mains en vitesse, toujours un peu noires, c'était affreusement dégueulasse, j'adorais me coller toute entière contre les barreaux, entre nous il y a toujours eu ce satané métro, et avec ceux qui comptent pour moi il y a toujours eu des trains, je n'ai jamais compris pourquoi, je ne me le demande plus, je le sais, je crois voir vaguement d'où cela pourrait venir, je me suis aperçu hier soir que je devais absolument aller au Japon, ça y'est c'est décidé, c'est sûr, je ne sais pas pourquoi non plus, j'ai vu passer une fille sur le quai menton tellement haut pour afficher supériorité et je me suis marrée comme une malade mais à l'intérieur, elle avait les cheveux mi longs, complétement frisés comme un mouton, j'ai dit redescends ma grande tu vas te péter les cervicales, mais évidement, elle pouvait pas entendre et chevauchait le quai en faisant claquer les talons comme un cheval, c'était le même trajet, ce pilier pour moi, depuis toujours, pourtant je ne m'y suis pas appuyé autant que ça parce que je voulais trouver l'équilibre toute seule, mais pourtant tu étais là, quand j'ai traversé la rue une camionnette moutarde voulait passer avant moi mais ce matin, je détestais cette couleur et je lui ai grillé le chemin, c'était à moi de traverser, le vent s'engouffrait et longer l'allée, s'arrêter, machine à café, me dire merde, il faut que je monte vite et quand même prendre le temps de boire ce café et de repasser un coup de fil, me demander si tu seras vivant, prendre l'ascenseur pourri avec les plaques au dessus qui se cassent la gueule, monter, porte, bonjour, faites pas chiez me regarder pas, j'ai pas envie de vous voir, perdu le numéro de la chambre, me dire, j'espère que tu y es pas encore à la morgue, me dire que je ne pourrais pas ne pas écrire en rentrant et savoir que d'autres trouverais cela indécent, me souvenir du Voile Noir*, et combien cela m'avait aidé et été une passerelle de compréhension vitale, et que cela se dissoudra dans une conscience ou une autre et se dissociera aussi de moi, que ce n'est pas grave, que certains aimeraient te donner des pilules pour que tu pleures pas ou que tu ne ressentes rien, parce qu'ils ont peur d'entendre ou de voir, parce que cela est trop pour eux, alors ils voudraient tout boucler, te trouver comme tu es dans une chambre pourrie ou on a mis une vague illustration d'un chat à qui on aurait filé une belette empoisonnée et qui serait prêt de dégueuler, c'est bien vu, les murs sont immondes, tout est nul autour, couverture de survie mais putain, il n'y a pas autre chose bordel, ne saviez vous pas que les draps et les couvertures parlent, que dans la douleur un drap juste par son contact peut vous alléger la douleur, que le marteau piqueur dehors est indécent, que le mec qui vient arracher une double prise sans précautions pour rebrancher le glucose et le reste, et que j'avais envie de lui filer des claques, je suis contente d'être là, d'habitude je n'ai pas de mal à pleurer quand il faut mais là, non, c'est comme ça, je voudrais être là tout le temps et ce n'est pas possible, si tu étais réveillé tu m'aurais demandé comment j'allais, combien de temps j'aurais mis, si le trajet était bon et quel chemin j'ai pris, je leur ai demandé de faire attention quand ils te déplaçait c'est trop douloureux, je suis contente d'être ici c'est vrai, je me sens bien d'être là et je viens volontiers, si je pouvais faire du 24/24 je me serais abonnée jusqu'à la fin, c'est ce que je ne voudrais pas, te laisser seul là-bas, et surtout que tu gardes la pleine conscience au moment de ta mort, qu'il ne te shootent pas, qu'ils ne fassent pas n'importe quoi, il y a quelqu'un qui hurle, tu ne peux plus mais avant ils te filaient du café au lait alors que tu détestes, je leur ai dit que c'était café noir sinon rien et que filer une grenadine juste après c'était quand même loufoque, je crois que rien que l'idée me donne envie de vomir, depuis que tu ne veux plus manger, moi non plus je n'ai plus faim, sauf hier, je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai repris du hoummos, 2 fois avec des piments doux, un verre de punch citron vert, et même du vin qui était super bon, j'ai mis les mains sous la couverture de survie tes mains étaient enfin chaudes et mes mains sur ta tête et tes tempes, j'ai vu quand tu avais mal et j'ai fait en sorte que tu te détendes en posant mes mains sur ta tête sur tes poumons, je t'ai embrassé, je suis de la sorte qui n'a pas peur des odeurs car quand l'amour te prends tu aimes les gens avec les bonnes et les mauvaises odeurs, le lien d'amour s'infiltre dans chaque cellule, et puis il a fallu que je parte, j'ai eu froid en partant, le vent était glacé, somnambule, traverser, retraverser la ville en sens inverse, le chemin du retour est tantôt plus rapide tantôt plus long, je ne sais pas si je pourrais encore faire le chemin en sens inverse, les autres arrivent juste après moi, le petit à dit je veux aller au cercueil et mettre plein plein plein de fleurs pour toi parce que tu es son grand adoré, je lui ai répondu que tu n'étais pas encore mort mais tu parles, il sait, il n'arrête pas de m'embêter, il veut venir au Japon mais voudrait aussi faire l'Egypte, ce qui ne me dit rien, moi c'est Japon et Afrique du Sud, je me rappelle que je t'ai interrogé comme une malade pendant presque 30 ans et que je n'ai percé le secret que longtemps après, je te demandais toujours de me serrer la main très fort, ça fait chier de te voir comme cela, je vois bien que c'est pas le bon endroit qu'il manque des choses mais en même temps tu as la chance d'être entouré, j'ai froid, je sais que je vais bientôt pleurer et je ne me fais pas de souci, il se jour là quelque chose de fondamental, et je suis heureuse de pouvoir être présente chaque fois que je le peux, je t'adore tu le sais déjà, je pleurerais c'est comme ça, je te vois, recroquevillé sur la douleur et la peur de mourir, je te vois démuni et vulnérable et rien de cela ne m'enlève de te regarder et de voir ta grandeur, je t'aime, j'ai vraiment envie de vivre, je suis heureuse que tu m'offres ces derniers moments avec toi, je sais que tu le sais, je me suis dit au début que je voudrais que tu ne souffres pas, je me demande en même temps en quoi la souffrance est une prise de courant pour la compréhension, je te remercie d'avoir été si longtemps près de moi, tu es le seul à avoir toujours regardé mes chaussures avec compréhension, même au temps des godillots, il n'y a que toi qui à compris.

*Le Voile Noir, Anny Duperey

vendredi 3 janvier 2014

XII - HACKE ME - A SEC DE VOILE


Dites moi comment voir dans ce monde étrange ?

Le vent glissa sur le sol et rafraîchit tout son corps, sans motif valable. Il s'engouffra sous sa chemise, parfuma son humeur de petites étincelles furibondes qui l'entourèrent. C'était éclatant, comme il se jouait de ses sens, quand soudainement, sous ses pieds, le sol se mit à chauffer tandis que son corps héla presque le bastingage comme s'il y eut une silhouette inattendue à laquelle s'adresser.

Des fils de pluie tombant du ciel, drapés de givre bleuté amplifièrent le contact sous la forme d'une cérémonie de nature à compliquer les manœuvres techniques. 

Il vit la couleur de l'océan dans le vortex, comme une faille dans un système logique, puis se vit et regarder la fille, et lui tendre la main.

dimanche 29 décembre 2013

VIII - HACKE ME - Pschü


Et plus rencontrée nulle part...

Il était petit et ses yeux savaient inspecter tout ce qui se trouvait devant lui. vantard, voleur, menteur, il avait l'œil pour subtiliser les âmes de qui que ce soit. il savait faire montre de vire, volte et voltages en tous sens et en toutes circonstances afin d'effleurer ses proies, les faire mûrir, les cueillir comme des jeunes pousses insensées afin de profiter sans aucune sensiblerie de ce qu'il guignait. Il avait l'œil pour comprendre assez vite à qui il avait affaire et même desservit par une stature commune et sans postiches, il plumait tout un chacun et sa chacune, œil pour œil, dent pour dent, point n'en faut de trop blanc. Grâce à l'acquisition d'un savoir faire transmis de père en bâtard ou de qui que ce soit qui avait pu être volé dans un monde ou un autre, il avait des compétences multiples en relations humanoïdes et savait transgresser ce qui devait l'être au moment opportun avec toutes les races. Ainsi se glissait il dans les portefeuilles des hommes et des femmes s'il le fallait, bimétalliste et fondeur à la fois - même si rares étaient les lits dans la configuration des lieux ou ils vivaient - il était très au fait de toutes les manigances visant à négocier un contrat, et de ce qu'il fallait faire au lit, dusse-il ne pas exister.

Ainsi l'eût il regrettée : il vadrouillait depuis si longtemps dans la graisse, la suie et d'autres mondes qu'il n'avait pas pensé qu'elle l'aurait quitté si vite. Elle l'avait surpris suffisamment pour qu'il eût envie d'elle mais pas assez pour qu'il reconnaisse qu'elle ne se contenterait pas de stagner où il s'était contenté de faire son trou. Cela était bien avant aujourd'hui. Des lustres temps derrière eux. Ce jour là, Il l'avait alors utilisée avec satisfaction et sans que ce soit toujours comme cela, il avait compris trop tard qu'elle ne lui pardonnerait pas et que ce qu'il avait fait ne pouvait l'être de personne. Il l'avait tournée et plaquée avec rudesse contre une plaque de métal poisseuse et coupante qui servait de banque pour toutes les transactions, et s'était dédommagé d'une obscure journée, en lui écartant les jambes avec un de ses genoux, l'avait maintenue prisonnière sous lui  et s'appuyant sur son dos de tout son poids, avait relevé sa jupe et fait glisser le tissu sur une toison sèche, soulevé les hanches puis brutalement lui avait enfoncé le cuirassé profondément en s'accrochant à ses épaules et en la baisant aussi salement qu'on puisse le faire : de force. Ensuite, il ouvrit le challenge à tout son groupe de commis. 

Elle leva la tête vers le ciel gris foncé, des bandes de bleu passantes lui rappelèrent son désintérêt soudain pour Will. Elle avait mal dans le ventre mais fit taire la douleur qu'elle arriva à faire monter plus haut dans le corps pour ne pas être foudroyée de haine et de douleur. Légèrement, elle se dissocia de son corps. Devant elle, un mur d'un beau gris foncé avec très peu de bleu, pétrole, s'effaça et laissa le ciel sublime de l'obstination à ne plus sentir disparaître. Elle vit ondoyer le grand œuvre du vent dans tous ces déplacements.

Elle n'arriva que partiellement à déambuler ailleurs, alla se coucher à plat ventre à même le sol, et dissimula cet événement en devenant assommante pour l'entourage qui était le sien et ne fit plus que décliner lentement faute de ne pouvoir se confier à personne. Après cela, elle fit barrage à presque tout ceux qu'elle rencontra ensuite.

Au bord du précipice, imbibé de cette mésaventure, elle se jura que personne ne pourrait plus l'atteindre sans même le remarquer. Les souvenirs sexuels étaient parfaitement perturbants. Elle avait bien essayé de les détruire, utilisé des armes de poing, caressé des idées extrêmes et systématiques, mais une préférence s'était exprimée : ne plus compter que sur elle.


vendredi 15 novembre 2013

VII. Hacke Me - WILL

Toujours couchée sur le flan, le bras et épaule n'étaient plus raccordés. Ses yeux s’ouvrirent sur une ancienne réalité. Elle voyait mal son visage. Maintenue sur un étal de fer, la pièce exiguë ne lui permettait pas de distinguer ce qui se profilait. Son corps était camouflé sous une cape foncée, ses mains étaient hantées d'un violent ressentiment. Elle vit ce qui s'était passé autrefois entre eux qui l'étreignit douloureusement. 

Elle avait passé l’arme à gauche sous une colère gigantesque. Il avait eu tellement peur et n’avait pas compris ce qu’elle ressentait car il n’avait plus aucune autre vision que celle de la trahison. Le corps allongé sur une couche très mince, dans une ambiance noire et feutrée, son corps s’élança vers l’arrière sous le tranché de sa gorge. C’est à ce moment précis qu’il vit tout son amour dans ses yeux et qu’il comprit sa méprise. Il s’effondrât.

Le désir de vivre la ranima. Coincée sous la tôle et toujours dans le noir elle essaya de se souvenir du principe de contrôle des métaux. La reliance avec les fils n’avait jamais été aisée et toujours effectuée sous surveillance mais elle était seule. Le fil bleu devait être emprunté mais en même temps il ne fallait pas non plus mettre de côté l’urgence de la quantité subtile pour que les fils ne cèdent pas sous la chaleur en emportant le reste de son corps qui aurait pu se consumer de lui même voire basculer dans un autre univers. Il ne le fallait pas. Éviter de tomber sur une marchandise suspecte et se procurer du platine à tout prix. Toute la pyramide centrale était infectée. Elle devait rendre visite à Will.

Une main se tendait vers Elle. Mais la fenêtre était floue et elle hésita. La transparence claire de la fente faisait penser à une fontaine. La circulation de l’eau était suspendue mais continuait à tourner imperceptiblement. Vorticity, Le fil bleu, Le fil Bleu se répéta-t-elle. N’oublie pas le fil bleu. A nouveau la noirceur plongea à l’intérieur de tout son corps. Elle perdit le fil de ses pensées qui s’éteignirent à nouveau dans l'inconscience.

lundi 11 novembre 2013

VI - Hacke ME - Whispers

Pas prendre,
Ni Donner,
Recevoir, lui murmura t-il dans les yeux

V. Hacke Me - I'm Sorry

I don't have Boss
Nothing is against you
I do not choose
It's Not Easy
Something is going in me
And I Give
What I am
I'm Nothing
I did not want to hurt you
Maybe Something Should Emerge
Everything is ok to reach your authenticity
I know it hurts
I don't have choice
I'm not Comfortable
I'm sure you know
You have my gratitude
With you it's open
This Jerk
It's the Light
And I love this Light
Your eyes will get used
Do not be so angry, Please

samedi 2 novembre 2013

IV. HACKE ME - VULNÉRABILITÉS


 Sa jambe droite avait reçu un choc au niveau de la cheville qu’il avait eue fêlée à minima. Jambe gauche affaiblie par le poids de l’autre qu’il avait négligée. Le trajet longeait le petit doigt du pied s’élançant d’abord du talon et l’appui était porté moins facilement qu’auparavant. Son genou avait lui aussi reçu un impact léger mais qui affaiblissait sa démarche.

Son corps arborait une aube dorée tellement intense que cela touchait au point de presque faire pleurer : il véhiculait une énergie très puissante, elle sut qu’il ne pouvait l’ignorer sans savoir à quel point. Cette vibration déployait des secousses très profondes et cela permettait un changement interne déstabilisant. Ce souffle coloré lui permettait d’établir des connexions fines et particulières. Les courbes et les plis dans les tons or principalement s’ouvraient les uns sur les autres et semblaient séparés du corps mais les fils venaient s’enfiler en interne dans la tête, tout autour de laquelle des capacités à comprendre rapidement l’avaient toujours aidé.

Son humeur produisait des sons. Dans tous les cas ses mains guérissaient autant que sa présence. Il voyait évidement à travers les corps mais encore un peu plus loin, et cela ne le passionnait pas encore vraiment. Derrière son oreille droite une petite plaque rouge en croissant de lune et une résolution de traumatisme essayait de s’échapper, ce qu’il n’avait pas encore compris. Cela occasionnait des troubles qui l’inquiétaient. Ces troubles semblaient mineurs mais ils ne l’étaient pas. N’ignore pas les symptômes, il faut y faire face lui lança t-elle.

L’impact derrière l’oreille droite contournait la base de la nuque jusqu’à 5 centimètres près de l’autre oreille. Ses yeux n’avaient pas une vision semblable. L’œil droit éclairait moins bien en interne, une membrane avait été malmenée et quelques menus fils étaient déchirés de l’intérieur. Cela lui occasionnait des secousses dans la nuit. Il avait toujours crû qu’il n’y pouvait plus rien.

Très probablement l’omoplate gauche avait reçu un coup, une secousse ou peut-être une poussée violente. Le corps dans son ensemble était déstabilisé bien qu’il paraisse tout à fait ancré. Il ignorait donc les symptômes pourtant à l’intérieur du ventre  quelques doigts après l’appendice un cercle un peu sombre s’était ouvert. Il le savait déjà. Une multitudes de fils qui devaient redescendre le long de la jambe jusqu’à la cheville étaient interrompus.

Au dessus de sa tête un vert assez pur, opaque et très coloré jouxtait une bande de rose tellement intense qu’il en était presque fushia et petit à petit d’autres nuances se découvraient comme un bleu saphir, des lignes rouges et de l’or blanc mêlé de fils d’argent. L’ensemble était brûlant et indescriptiblement beau. Elle fut touchée et émue. Une traînée noire surplombait aussi le poumon gauche mais n’était pas encore entrée dans son corps : il pouvait faire quelque chose mais pour cela il lui faudrait accepter que se dénoue dans la gorge ce dont il ne parlait pas.

III. Hacke Me - Komme, Komme, Komme

Komme, Komme, Komme insuffla t-elle doucement dans le creux de sa nuque en glissant sous l'oreille droite jusqu'à la base du menton.

vendredi 1 novembre 2013

II. Hacke Me - Backdoor

Elle ne se réveilla pas à l'endroit attendu. Tout d'abord exploiter le terrain. Observer. Son sommeil avait été lourd et elle s'était mal réveillée, le corps endolori et la tête embrumée. Elle eût l'impression de perdre connaissance. Quelque chose ne s'était pas déroulé comme prévu. Évidement, il lui avait laissé accès à des données et se demanda quel était son but car il ne se pouvait qu'il n'agisse sans attention dirigée. Elle avait vu le corps à ses côté même si elle ne distinguait pas s'il s'agissait d'une femme, d'un enfant ou d'un homme. Il avait perdu quelqu'un et lui avait laissé entrevoir ce qui s'était produit. En revanche, il avait bel et bien soudé les accès sensibles, qu'il ne laissait visibles en aucun cas. Une odeur de pluie et de terre lui vint. Elle ne sut pas à qui cela appartenait. Elle était encore sonnée par le voyage et son bras ne donnait plus aucun signe de sensation. Elle réalisa tout à coup qu'elle était dans le noir. C'est ce qu'elle crû un moment pour réaliser ensuite que ses yeux ne laissaient plus passer les images. Elle frissonna. Il s'agissait de laisser quelques ouvertures pour plus tard. Son bras pendait de plus en plus et sa mâchoire commençait à fourmiller. Elle se rappela une vague incantation mais ne s'y attarda pas. Elle était plaquée au sol pour changer et paniqua quelques secondes. Peur, Angoisse, Insécurité. Action se dit-elle mais elle ne pouvait se relever.

Elle se souvint du journal. Le journal qui devait la soutenir. Mais elle ne le retrouva pas dans son esprit. Curieusement lui revenait les informations données par l'homme. Il l'avait regardée sans aucune intention. Du moins c'est ce qu'il projeté. Cependant, un détail dont elle ne se souvenait pas l'avait étonnée : la brûlure dans les yeux n'était pas anodine. Seuls quelques uns pouvaient. La logique des réseaux avait tout enregistré mais ils n'avaient pas pu se saisir de l'essentiel. Ils avaient essayés de vendre des promesses de profit pour extraire ses informations de tous ceux qui étaient recensés mais personne n'avait saisi l'opportunité. Elle se demanda pourquoi sa jambe gauche lui faisait si mal. L'homme avait dû se péter la cheville dans l'accident, elle avait hérité des symptômes. Lentement la douleur remontait, son corps se réveilla très légérement mais il n'était plus en aussi bon état que dans l'avion. 

Plus le sabre est aiguisé plus l'approche sera fine se dit-elle. Elle cacha les portes pour pouvoir les faire réapparaître à coup sûr, plus tard.

Elle ne savait plus à quoi se raccrocher. Elle était à terre mais condensa tout ses efforts pour se relever. Quelque chose appuyait sur son dos. Elle recommença plusieurs fois. Un souvenir vague d'avoir reçu un coup entre la tête et l'épaule. 

Elle vit une plantation de manguiers sous un soleil doré, sur sa lèvre inférieure roula lentement une goutte de rosée, un froid vif lui transperça l'épaule et elle se souvint de lui.





jeudi 31 octobre 2013

I. Hacke Me - Flux

Elle tourna et retourna son bras dans tous les sens avant de trouver la panne. Le cuivre devenait chaud et elle n'avait plus beaucoup de temps avant de pouvoir sortir de la soute. Dehors elle ne savait pas ce qui l'attendait. Elle aurait peut-être dû avertir les autres de son escapade mais elle savait qu'elle aurait aussi pu être découverte et que plusieurs d'entre eux auraient pu le regretter jusqu'à trépas. Le projet définitif n'aurait pas lieu car elle avait transformé les flux énergétiques de tous les passagers de l'avion. Ainsi ils n'atterriraient pas où ils croyaient pouvoir passer quelques jours de vacances mais dans le centre névralgique qui lui permettrait de trouver le matériel technique pour pouvoir réparer ce bras dont elle avait tant besoin. Elle avait glissé plusieurs paires de lunettes dans son sac qui lui permettait d'empêcher les passants de lire ses pensées ou de comprendre qui elle était vraiment. Le matériel qu'elle recherchait était une combinaison de nouvelles données que presque personne ne maîtrisait. Elle savait qu'il lui faudrait passer à travers plusieurs grillages qui protégeaient l'institut de recherche et elle avait déjà un plan combiné à un autre multiplié par 25 possibilités. C'est tout ce qu'elle avait pu faire. Elle avait l'habitude de leurs yeux étonnés d'avoir eu si peu de clairvoyance vis à vis d'elle car son mode de connexion avec autrui était particulier et elle ne laissait jamais quiconque voir ce qui pouvait vivre dans ses circuits. Bien sûr il avait fallu se faire admettre par la catégorie des techniciens mais elle n'avait rien fait pour. Quand ils avaient découvert de quoi elle était capable elle s'était enfuie puis avait rencontré les autres. La fuite : toujours devant et derrière elle. Son bras avait commencé à se décrocher de son corps aussi sa respiration se fit plus saccagée. Elle rampa dans le couloir et dû se décrocher d'un panneau d'aluminium qui commençait à se teinter de bleu. Elle n'eût plus le choix et se glissa en douceur dans le corps d'un jeune homme dont les connexions étaient encore soudées lorsqu'elle se rendit compte qu'elle avait complétement oublié sa caisse à outil dans la soute. Mais il était trop tard. L'avion se mit à trembler. Un frelon incorporé  parmi les passagers pour dépister les odeurs tourna autour du jeune homme mais il ne resta pas trop longtemps - pas assez pour alerter qui que ce soit. Elle pensa tout à coup à la sombre plaine qu'elle avait regardé dans ses moindres détails. Où tous étaient morts brûlés. Mais le corps du jeune homme s'agita et il se mit à tousser bruyamment. Une des tulipes rouges accrochée sur la paroi au dessous de la fenêtre de données sourit et commença à chanter. Elle était presque dévoilée. Elle profita d'une seconde d'arrêt temporel pour reculer d'un temps et retourna chercher le matos. Son bras ne tenait plus qu'à un fil. Elle se laissa guider comme il lui avait été demandé même si elle avait de la peine à laisser cette énergie s'emparer d'elle. Sans doute une autre vie. Elle s'assit sans rien dire sur un des sièges et tourna la tête vers l'homme. Son regard la brûla. Elle ressenti quelque chose dans la structure énergétique de ses corps et dû glisser ailleurs car l'alarme sonnait. Temple de Louxor entendit-elle doucement.

samedi 19 octobre 2013

Maintenant

Le gamin sonna à la porte de l'immeuble.
- C'est Qui ?
- C'est personne !
 
Je n'avais pas crû l'hiver lorsqu'il m'avait soufflé de partir. Je restais donc. Je n'avais pas su voir l'anesthésie - je n'avais pas eu ce vent frais qui découvre quelque chose de réel - rien du tout - je ne sentais plus rien. Je crû l'avoir décidé. Me le fit croire. Car à force de, il n'y avait plus aucune alternative que celle de ne plus sentir.

Pourtant je me mis à avoir des bulles dans la nuque et envie de pleurer. Je repensais à l'asphyxie. Il était étrange que tout à coup je me réveille après des nuits sombres à fermer tout, à veiller. Je n'avais pas de pluie sous la main et il ne me resta plus qu'à accepter ce qui se produisait. Donc avec peur, je le refusais. Je fermais les fenêtres, je fermais les yeux, je fermais tout le reste.

Sans annonce la délicatesse vint sous les couches les plus fines, l'eau présente ne jaillissait pas des yeux, l'épaisseur contenue dans la poitrine se rompit et me laissa quelque peu ouverte. Je donnais des coups de pieds dans les marrons qui volèrent ça et là, et encore entre les feuilles. Quelque chose filtrait, encore différemment de ce que je connaissais, encore de la peur, encore un passage, cela s'ouvrait. La traversée se fit lente puis présente à chaque instant.


Et une autre nouvelle fois, je contactais l'imprévisible.
Petit à petit plus librement.
 

lundi 14 octobre 2013

Renversez-Moi

Prenez du lait : un litre environ * 10 à 12 cuillerées à soupe de  sucre * Laissez le four à sa place * 10 œufs * 2 moules un plus grand un plus petit le plus petit devant entrer dans le deuxième *Fouettez ou battez les œufs avec le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse mais ne pensez pas à autre chose sinon le mélange risque une overdose de bulles et ne rentrera plus dans le plat* Puis Lait. *Allumez le four pendant - avant - ou après - chacun fait ce qui lui plaît - Caramel devra tapisser le moule (pas obligatoirement conçu car transformation du sucre complexe) *puis de l'eau dans le plat le plus grand * le plus petit dans le grand * ou ramequins ce qui ne serait pas plus mal * cuisson : autant que vous voulez jusqu'à planter une pique à brochette chacun son truc qui doit ressortir sèche. 
Puis à chaud (ne prenez que le plus petit moule bien sûr) :
Renversez-Moi.


jeudi 10 octobre 2013

IX. HACKE ME - Ainsi se trouvait-il pendu, + 0,24%

Son désir de maîtrise l'avait amené à rechercher la pointe de l'excellence dans tout ce qu'il entreprenait. Il avait aimé une grande partie de sa vie en calquant sa vie de chercheur avec son anxiété constante qui l'amenait à développer une curiosité hors norme. Tendu comme un arc dans les circonstances de vie les plus simples, s'il se rassemblait dans son corps et acceptait les désagréments passagers provoqués par une vie proche de celle d'un marin qui naviguait de mers en eaux, il savait avoir déjà accompli dans l'instant un grand nombre de faits d'armes non négligeables et était confondu de voir que cela ne valait déjà presque plus rien au regard de ce qui l'habitait dans le moment présent.

Habitué à la reconnaissance de ses pairs, la fluctuation des vents dans la vie ne lui faisait pas peur exactement mais tourmentait ses certitudes. Ainsi se trouvait-il suspendu.

Le Château Montrose n'était pas exactement sa tasse de thé, aussi ouvrit-il une bouteille de Taketsuru à l'honneur pour exploiter un plein potentiel sur ces expérimentations multiples. Il se dévêtit pour enfiler juste un jean souple et une veste blanche et confortable, débrancha son portable, s'installa derrière l'écran pour prospecter sur les idées et les nouveautés dans l'air du temps de cette soirée. 

Il tourna ensuite lentement la tête car l'air bruissait élégamment et la vit foncer sur lui, ne reconnu pas tout de suite qui elle était,  vit ses couleurs tournoyer et se mêler les unes aux autres, puis elle déploya ses ailes et se posa sur sa droite du côté de toutes ses certitudes enchâssées  et avança ensuite d'un pas devant lui sur le plancher clair. Médusé par sa prestance et sa proximité, il retint son souffle, et regarda l'oiseau de proie dans les yeux pendant plusieurs minutes sans que rien n'entrave leur connexion.

Le changement s'opéra lentement, tel qu'il le laissa entrer en lui, et le bouleversa pour quelques temps si bien qu'il ne se reconnut plus tellement, et nombre de ses intérêts changèrent rapidement. L'adéquation avec son milieu ne se fit pas aisément, car il se mit à saisir le présent comme il ne l'avait jamais encore prit, ainsi dépendu.
 

mardi 8 octobre 2013

X. HACKE ME - Retombées, -0,82%

La seule et unique façon avait-elle crû était de partir. S'éloigner de tout. Comme Cela, l'air de tout.

Elle alluma un clope sous la douche et écarta le rideau, jeta les cendres au sol et pencha la tête en arrière, encore un peu d'eau chaude, descendit et marcha sur les tomettes rouges jusqu'à la cuisine, reprit une cigarette et l'alluma avec l'autre, mangea des nouilles, huile d'olive, ail et poivre, en alternant avec le paquet de clope entier, ce qui lui prit pas mal de temps, trouva que ce n'était pas classe, ne voulu plus regarder personne, jeta un vague coup d'œil à Brautigan* qui trainait sur la table laissa le monde parler et dire ce qu'il voulait sans réagir, ne voulu même pas dire pour se défendre de quoi que ce soit, entendit une petite voix lui murmurer avant de se jeter sur le lit et d'enfouir sa tête dans les bras et les draps, "tu as perdu ton enfant", ainsi les larmes ne la quittèrent pas, tout le monde se détourna, sans savoir tandis qu'elle retournait en-elle même d'où personne ne la vit jamais, sauf bien sûr Brautigan*, qui avait écrit retombée de sombrero exprès pour qu'elle se sorte de cette mauvaise passe.

*retombée de sombrero traduit de l'américain par Robert Pépin

XI. HACKE ME - L'ÉTREINTE

Sous la lampe l'éclairage se fit plus insistant.
Il la regarda en se demandant si toutefois il n'aurait pas dû...
Puis chassa l'idée de son esprit. 
Il ne franchit pas encore ce seuil, se tourna vers la plante et eut envie de la foutre en l'air, pensa à l'hiver dernier et au manteau blanc de la neige qui doucement s'était infiltré dans son corps, cela avait commencé lentement comme une grenouille qui cuit à petit feu sans s'en rendre compte, la nostalgie s'était emparée de lui comme jamais auparavant et il avait sentit le froid. Habitué à snober ouvertement ses sentiments qu'il faisait toujours passer loin derrière, devant toujours fringant il avait avancé à l'aveugle, se dirigeant d'étoffe en étoffe, humant l'air ambiant et se satisfaisant de ce qu'il trouvait lorsqu'il avait pu s'installer dans une ville, privilégiant les soirées de son crû, il avait perdu de sa superbe puisque crûment la lumière venait contrefaire ses plans et il ne pouvait plus se planquer.
Malgré lui elle entrait subrepticement dans son corps, un corps qui acceptait moins bien la lumière que le reste, il avait mal et depuis se voyait de plus en plus touché par l'authentique, il ne voulait plus de bois autour de lui en tous cas pas  dans ces proportions rageantes, il se leva enfin pour se tirer, pria pour qu'elle ne porte pas de rouge, jeta son portable sur le siège avant avec une boite de Cohiba Behike 56 pour se rassurer, et se jura qu'il ne la laisserait pas lui filer entre les doigts car il voulait vraiment entrer enfin en contact. Pas de GPS, la clé et le vrombissement de la caisse, il partit à sa recherche. 

Il avait su qu'il devrait être patient, mais ne s'attendait pas à mettre plus de 5 ans avant que cela se produise et lorsqu'il qu'il la vit, ces années s'étant écoulée sans trop de peine dans une vie terne et cadrée, il comprit que quelque chose se produisait avant même qu'elle ne le regarde, il ne bandait pas, pas encore mais il y eut des petites danses de lumière inexpliquées autour de lui, elle le sentit avant de le regarder et lorsque lentement elle leva les yeux sur lui, elle fût surprise de cette attirance, elle ne comprit pas tout à fait, ne reconnu pas ce qu'elle connaissait auparavant, flippa, puis elle le regarda dans les yeux, elle ne voyait plus rien de ce qui était autour d'eux, il eut un peu de mal à respirer devant cette présence évidente, remonta d'une de ses mains ses cheveux et cala sa main derrière sa nuque puis doucement l'enserra. Sans bruit et avec force, ils s'étreignirent intimement, longtemps.

Le voile se mua en petits fragments colorés de bleu, inconscience froide et grise, elle devina qu'un pan de mémoire lui revenait par brins.

vendredi 9 août 2013

Le Jour Ou J'ai Avalé Mon Premier Clou

Ce jour là, j'avais voulu faire sortir la guêpe, ouvert les portes fenêtres que je détestais, en bois avec des surmachins pour faire les vitres, un truc de naze, surtout quand on ne fait jamais les vitres parce qu'on a pas envie et que si quelqu'un n'est pas content il n'a qu'à les faire, j'avais envie d'être à 1000 lieux de là, je me sentais mal, vraiment mal,  mais c'est aussi le jour ou le goût du vent était entré dans mon âme, et la guêpe m'a bien eue, elle a fait semblant de comprendre qu'il fallait sortir par le chemin que je lui indiquais, moi qui me targuait de pouvoir lui proposer le meilleur qui soit, et non, elle est repartie en sens inverse et sans que j'ai eu le temps de réagir, oui,  je n'ai pas eu le temps de d'arrêter l'élan de la porte, elle est revenue à l'intérieur, et j'avais refermé les portes sur elle. A cause de ces putains de pseudo petits carreaux pour faire comme si c'était chic alors que c'est nul, vous m'entendez NUL !
Je me suis piquée à chaudes larmes.
J'ai pris soin de les regarder tous, droit dans les yeux, je suis comme ça,  je n'ai pas pris soin de moi, quelqu'un m'avait dit une fois, soit attentive à ce que tu exiges de toi mais je n'ai pas écouté, j'ai entendu mais j'ai trouvé plus intéressant de faire ce que je pouvais et ce que je ne pouvais pas, et j'ai laissé les vagues se jeter sur moi, j'ai pris soin de ne rien leur dire, j'ai pris soin de ne te garder que pour moi, de veiller mon amour et ma tristesse à ma façon, j'ai pris soin d'être égoïste même si je ne m'occupais que des autres, ça ne s'est pas vu, j'ai pris soin de me garder de ressentir, j'ai pris soin d'occulter la douleur, j'ai pris soin de me momifier comme une pierre, j'ai pris soin d'encaisser leurs jugements, j'ai pris soin d'activer à mille pour cent les idées que j'avais dans la tête envers et contre tout, j'ai pris soin de regarder le mépris en face et les observations désagréables, j'ai pris soin de ne pas ménager votre petitesse, je n'ai pas pris soin de ton frère comme je le voulais, personne n'a compris que je visais l'humilité et que pour ce faire ma fierté m'interdisais de donner quoi que ce soit de personnel qui me concerne pour justifier, j'ai pris soin de mordre la poussière, et je n'ai rien dit, c'est cela que tous veulent savoir, qu'est-ce qui t'arrive ? Mais moi, je ne dis rien. la poussière est un de mes meilleurs maître, Je ne dit jamais rien avant longtemps. C'est comme ça. J'ai vu les lueurs dans vos yeux qui disait combien de mépris, combien de jugements, combien de dégout, combien vous étiez incapable de comprendre quoi que ce soit, et comme vous seriez aujourd'hui compatissants, mais aujourd'hui, je n'ai plus besoin de vous, maintenant que vous pourriez comprendre, c'est trop tard.
Ne croyez pas que la bonne conscience et la compréhension prennent appui sur la bonté.
 Et, Allez vous faire foutre avec vos conseils,
 Déjà,
 Quand on est quelqu'un de bien,
 On ne conseille personne : ça c'est du respect.


Je n'ai pas pu me détacher de cette intensité, j'ai eu envie de sauter par la fenêtre, de courir, de courir, de courir, et de passer par dessus le cadre qui donnait sur un ciel bleu ébène, de dire oui à l'appel du vide, de me blottir contre toi, de rester dispose pour t'accueillir, que l'on puisse se retrouver ensemble, mais quelque chose me disait NON, ce n'est pas ce que je veux, je ne peux pas mourir maintenant, d'abord je veux être là pour ton frère, je l'aime aussi tu sais, je l'aime tellement, car je sais que si tu invoques trop fort la mort, elle vient te cueillir et t'emmener sur ses grands chevaux avant l'heure. Alors, j'ai fermé toutes les issues et je n'ai plus parlé à personne. A personne.
Tout le monde dehors.
Personne ne le sait parce que tout le monde me voit dehors et en dehors, mais non, c'est l'inverse.
Rien que Nous Trois, lui, Toi et moi. Et Tout l'monde dehors.
Je ne veux plus de personne d'autre.
Même pas froid au cou bien fait pour le vent.
C'est comme ça.
Et quand j'avais le temps, je regardais ton frère, qui est beau, qui est bon et auquel tu manques tellement. Je lui dois beaucoup. Je lui dois sa patience, ses attentes, des minutes d'abandon parce que je n'arrivais pas à me tourner vers lui, pas avec la même présence que si tu avais été là, et tu sais lui aussi il a envie de mourir pour toi. Mais maintenant, ce n'est déjà plus pareil tu sais. C'est comme ça. Je me sens mieux.
Tu es dans mon cœur à jamais et je suis heureuse qu'il soit vivant, je suis heureuse de vivre, d'être en vie et d'en profiter avec lui, et tu sais un d'ses jours on te reviendra, mais il va falloir que tu attendes car ce n'est plus au programme, tu sais, tu es toujours près de moi, à mes côtés et je reste ta mère à jamais.
Il faut que je trouve, je savais qu'il fallait passer par cela, je ne pensais pas que ce serait si long parce que sinon j'aurais sauté je crois, mais comme je m'accroche à mes objectifs comme un pitbull, et que je ne cède jamais avant d'avoir atteint ce que je veux, j'ai décidé que je vivrais, il n'y a à peu près personne qui me connaisse vraiment, et pour le peu, ce qui est marrant c'est que ce ne sont pas des gens proches, ce sont des petites étoiles qui sont venues me donner de la force, des gens qui tout à coup, ont vu quelque chose. J'ai décidé de m'occuper de cela, mais comme je suis une embobineuse de première catégorie, j'embobine, je rembobine et je ne laisse jamais ou presque personne s'approcher de trop près, je suis comme ça, et parfois j'ouvre quelque chose mais c'est rare, je ne suis pas une facile moi, plutôt me liquider moi-même que d'être face à l'incompréhension, c'est ça ma force, c'est que, j'attends pas d'avoir un pilier, je ne vais pas chercher à m'appuyer sur quelqu'un pour savoir qui je suis, j'attends pas, c'est aussi ma sensibilité, c'est la que je choisis et sélectionne mieux qu'un professionnel, parce que je sais toujours à qui j'ai affaire, mais oui, et toujours en sachant exactement ce que je fais, parce je sais toujours qui j'ai en face, je ne me trompe pas, c'est pas grave, je mets le temps, mais je sais toujours aller vers ceux dont j'ai besoin, vers ceux qui et entre temps, je prends des risques, je l'ai toujours fait, je prends le risque de l'inconnu, je prends le risque d'aller plus loin, je risque tout, pour arriver à ce que je veux, je prends le risque d'aller plus loin que ce que j'ai prévu, je prends le risque de tout et de faire tout ce que je veux, et je n'attends l'ascendant de personne, c'est comme ça.
Vers ceux que j'aime. Vers ce que j'aime. C'est tout.

 Et toi je t'aimais plus que tout, je t'aimais comme une folle, je vous avais porté avec tellement d'amour.
J'ai eu envie de crever sur les rails. J'ai été sur les rails et me suis assise pendant qu'on me cherchait, je savais que c'était fini, je savais qu'il fallait encore passer par un putain de tunnel, heureusement, j'en avais déjà l'expérience, et je sais que ça passe comme tout passe, il n'y a qu'à accepter, ton frère était dans mes bras dans un porte bébé serré contre moi, et tu veux savoir, je tremblais comme une feuille, tout mon corps vibrait parce que je sentais que je t'avais perdu dans chacune de mes cellules, et les idiots qui jugent ceux qui ne peuvent pas faire autrement que de se foutre en l'air, ils n'ont pas compris que quand ils emmènent quelqu'un avec eux, ce n'est pas par méchanceté, c'est par amour, c'est pour ne pas les abandonner et ça j'ai su tout de suite que grâce à toi, grâce à ta vie, j'avais pu comprendre quelque chose dont je me servirais plus tard, parce que ça, c'est un truc qui ne se dit pas, alors bien sûr, je vais le dire, c'est comme ça.
Mais moi, je ne me laisse pas faire, et j'ai secoué la tête comme une malade, j'ai regardé ton frère, et je me suis dit, putain de merde, je vais y arriver. Je suis sortie des rails et j'ai pris toutes mes affaires, je me suis barrée, dehors, sans rien, Adieu, je m'Barre, je m'fait la malle bande de cons, je  m'calte, vous me reverrez plus, bande de cons, je m'en vais, vous êtres trop nuls, je veux pas d'vous, et personne ne saura pourquoi, et je m'en vais vers nulle part, et votre compassion maintenant, vous pouvez vous la foutre au cul, parce que vous avez été abjects, et comme je suis sympa, je vous laisse avec ça, parce que moi, j'ai autre chose à faire, et vous le saurez pas, vous ne saurez pas quoi. Et puis quand j'aurais l'temps, je vous regarderais autrement, mais pour l'instant, c'est moi, avec moi même, et dans mon plan, il y a aussi les autres, mais vous ne saurez rien. Rien du Tout. Et les autres ça ne sera pas vous, ou alors faudra attendre que j'ai fait du chemin. C'est comme ça. Je n'ai pas besoin de vous, même si j'en ai besoin, je me débrouille, avec ou sans, la différence entre vous et moi, c'est que moi, je n'ai pas le trouillomètre à zéro quand je vois quelqu'un qui souffre, et je ne le gargarise pas avec des flots continu de compassion, parce que si vous ne le saviez pas, la compassion, n'est pas dans mon programme, la compassion ne sert à rien, à rien du tout, c'est de la merde, ça vous mets sur votre petit piédestal et ça n'a rien à voir avec le respect de l'autre. Et sinon, vous n'avez pas idée du tout de quoi que ce soit me concernant, et je me régale d'avoir pu partager cela avec des inconnus. D'autres que vous. En attendant Adieu, je ne veux plus d'vous, je vous regarderais plus tard, j'ai autre chose de prévu, faites ce que vous voulez mais chacun son périmètre, vous savez moi, je ne laisse pas tout l'monde entrer chez moi.

J'ai décidé de fermer et de laisser couler les violences du quotidien par ceux qui ne comprennent rien et te proposent des solutions par gentillesse, de celles qui n'ont aucun sens, comme celui d'aller faire un peu de chimiothérapie alors que tu viens de te péter une jambe, j'ai eu la haine, j'ai pas accepté que ce soit moi qui reste, j'aurais préféré crever la gueule ouverte pour que tu reste en vie, je t'aurais donné la mienne volontiers, et je savais que je voulais mourir aussi mais fallait que je m'occupe des autres, j'avais pas le temps, pas de temps pour moi, enfin juste le temps des mots, mais en fait cela ne se passe pas comme ça, après si tu parles tu as toute une bande de bienfaisants qui te parlent de deuil, allez vous faire foutre vous ne saurez rien de ce qui est au fond de moi, je vous laisse avec vos prétentions d'orgueil exsangues, vous avez été nul, zéro, oui, oui, je sais bien, vous aviez tellement les foies que vous ne pensiez qu'à vos petites vies au point de ne même plus me regarder et maintenant si vous saviez votre petit égo de merde en prendrait un coup, sauf que je vous ai laissé et que vous ne le saurez pas.
Mais moi, manque de bol, je sais m'appuyer même sur ce que je n'ai pas, et je sais dépister ceux qui savent faire comme moi, parce que devant l'eau je suis eau, devant le feu, je suis feu et que je passe partout ou je veux, jusqu'à obtenir ce que je veux, c'est comme ça et voyez-vous, ça c'était juste le jour ou j'ai avalé mon premier clou.

mercredi 7 août 2013

Maman, Je T'AdÔRe, Toi et tes seins


- "Maman, Maman, je voudrais pas que tu meures, je veux mourir avec toi quand tu vas mourir, sinon, qu'est-ce que je ferais tout seul ?

Puis il se blottit contre sa mère, les jambes relevées et coincées sous un bras, l'autre entourant son corps jeune, il avait la tête enfouie dans sa poitrine et s'écria :

dimanche 14 juillet 2013

Filer En Douce

La couverture était douce et striée*, le format de bonne augure, le titre m'interloqua sans m'époustoufler, et je le gardais près de moi, du moins sur quelques étagères plus loin sa présence pendant 3 déménagements, le nom de l'auteur et l'accroche en couverture ne me parlèrent pas, puis, je décidais de regarder quels mots étaient imprimés sur ce papier qui me plaisait tant, puisque tu me l'avait offert cela se lisait un peu malgré le souvenir de cette impression de rejet en première de couverture, quelque chose me dérangeait, je lus pourtant la moitié du texte en pensant à toi, claqua  le bouquin tout à coup comme la tapette à mouche sur le sanglier, très fort pour ne pas le louper et couru le refiler aux bouquinistes qui en voulurent bien. 

Je trouvais quelque chose de suspect, glauque et insipide dans cette lecture pour cet écrit pourtant intéressant qui me gênait autant de ton vivant qu'après à cause de cette couverture et me demandais pourquoi cela était venu vers moi, et pourquoi finalement devrait-je le lire maintenant alors que je n'avait pas fait le deuil de ton amitié, je me demandais encore si pour cela, je m'étais supprimé l'opportunité de quelque chose que je ne compris pas, de ce que j'avais pu louper entre toi et moi,  et de ce que nous étions l'autre et l'une tout comme je ne compris pas que tu veuilles te jeter dans l'eau à minuit moins le quart.

*L'un Pour L'Autre, Nathalie Rheims, Galillée et Folio Gallimard

"Pourquoi je suis devenu écrivain" ANDRZEJ STASIUK

"En ce temps-là, figurez-vous, personne ne prenait le taxi, aucun d'entre nous en tout cas. Les chauffeurs de taxi nous semblaient louches. Quand on a 16 ans, la plupart des gens vous semblent louches. De toutes façons nous n'avions pas d'argent. Quand on a pas d'argent tout devient vite suspect, à commencer par ceux qui en ont. Or, nous n'en avions pas."


traduit du polonais par Margot Carlier
Avril 2013, ACTES SUD

mardi 7 mai 2013

Donc

Les Légers Propos 
Sur Les Pauvres en Souffrance
Sont
Toujours Insultants
Mais encore,
 si peu Conscients

Ceux donc qui sautent vraiment
Il Faut quand même VOIR
Que si cette issue Est
Non pas Choisie 
Mais si cette issue Est
C'est que 
Vraisemblablement
Il n'y avait pas de place 
Dans 
La 
Famille 

C'est Dur à avaler,
Pas Vrai ?
JE ne crois pas qu'on y pouvais rien.
Je ne le crois pas.
On ne pouvait rien contre la détermination ponctuelle, rien d'autre.

D'autres Choses à Dire :
 Oui, Oui, Oui.

Pas Ce Soir. Pas Ce SOir.



jeudi 4 avril 2013

Ecouter Oxmo Sous La Pluie

écouter Oxmo Sous La Pluie.  Cacher ses oreilles, ne pas penser, retenir son souffle, creuser pour dire n'importe quoi au petit, lui faire croire qu'il y a de l'essence dans les trains, haïr ceux qui se plaignirent de leur retard, lui dire que c'est une panne, paniquer lorsque la voix hors rail du micro conducteur le dise,  nous regarder dans les yeux, ne pas laisser le petit entendre les mots, boucher ses oreilles, regarder la vieille dame et sa petite-fille, voir qu'elle avait changé irrémédiablement en une seconde, serrer mon enfant, me dire que ça colle pas, que l'angoisse est inscrite dans le ressenti, que le petit sait.

Dire à quelqu'un que je ne peux toujours pas lui dire.

Entendre sa petite voix dire :
- Maman, ça sent mauvais, Maman, tu sens ?
Comprendre ce que c'est.

Crier sur le cheminot qui envoie le petit partir sans moi dans la direction de, après l'avoir descendu du train sans moi, et vouloir laisser une file d'attente énorme noyer mon enfant dans la foule, sans moi,  descendre en vitesse, attraper sa petite main et la serrer dans la mienne,  partir, respirer, regarder si la vieille dame est ok pour descendre par le meilleur chemin indiqué, faire un signe de tête à la petite pour qu'elle attende la vieille dame.

Coller le petit contre le mur, sentir nos cœurs, voir les pompiers sans les voir,  ne pas regarder, courir main dans la main la main le long du mur,  savoir que je ne n'aurais pas de réponse, sans s'arrêter,  il est sur mon chemin, sortir, penser qu'une brindille peut sauver la vie, prendre les escaliers mécaniques, se sauver, penser aux trains. Retrouver la vieille dame et la très jeune fille en haut, les regarder dans les yeux, caresser la joue de la petite, s'embrasser. Faire semblant d'oublier parce que c'est pas le moment de se laisser toucher. Calmer le petit, ne pas pouvoir expliquer le surplus d'angoisse.

Ne rien encore avoir pu faire, écouter Oxmo Sous La Pluie.

écouter Oxmo Sous La Pluie. 
écouter Oxmo Sous La Pluie.  
écouter Oxmo Sous La Pluie. 
écouter Oxmo Sous La Pluie. 
écouter Oxmo Sous La Pluie.    

Ce n'était pas vrai et ne l'avait pas été jusqu'à ce que je veuille bien le voir. Sauf que cela faisait tellement que j'avais omis de et de ce fait il ne fût pas illusoire de se retrouver devant les faits même si le choc m'était incomparable devant la teneur des évènements et la méconnaissance réelle que j'avais, avant. Je ne sais pas si je dois faire brûler des cierges, où quelque chose comme cela, je ne sais pas si je dois en parler, je ne sais pas avec qui le partager.
écouter Oxmo Sous La Pluie.

mercredi 26 décembre 2012

C'est Un Souvenir De Boulon

Pour commencer j'aime pas les souvenirs, ça m'déboulonne et je fais tout pour aller de l'avant. Le problème c'est les traces. Je suis dans le flow de cette histoire qui me sert à regarder ce qui s'imprègne dans mes rainures. J'ai été près d'un homme qui m'a amené à comprendre quel était mon propre chemin, lorsque je me sentais séparé, surtout pour ce que je n'ai pas choisi.

Puisque Boulon explosif, Dans la poche de Sam Cooke, pendant Love ME, cela à été fondamental, puis je me suis éjecté dans la poche d'Oxmo pour Tirer Des Traits.

lundi 24 décembre 2012

Syrie


Sa nuque était bloquée de telle façon que ses mouvements n'étaient plus possibles. Lorsque le vent balayait ses cheveux blonds de tous côtés, la colère était présente et concrète et elle se logea dans ses souvenirs, sur le son de la pluie, dans les yeux de son père, et aussi vers chacun des membres de sa famille. Elle cria son désespoir par les hanches, mais n'éloigna pas les peurs par la prière, elle hanta chacune de ses visites, celles qu'elle avait pu faire et celles qu'elle avait omis, elle constata l'amertume et réfugia ses craintes et son dégoût dans la main gauche, qui se bloqua depuis l’épaule et s'insensibilisa jusqu'à ce qu'elle eut assez peur, ses yeux voyaient l'injustice devant la guerre, refusèrent de pleurer en lieu, et place à l'insensibilité lorsqu'elle pensait aux siens restés au pays, plus ancré, s'installa encore un fourmillement côté droit en totalité, l’obligea à n’utiliser qu’une main, puis se déplacer sans liberté dans le corps tandis que celui de son pays, Syrie, Syrie, Syrie.

mercredi 28 novembre 2012

Oregon

Elle était partie plus tôt ce matin là et n'avait pas réfléchit. La nappe blanche avait attiré son attention, car elle voyait ce qui n'était pas exactement comme elle le souhaitait. Elle soupira, embraya sur une journée presque comme les autres, fit un jogging de cinq minutes car elle ne se sentait pas à son aise dans la rue : les gouttes de pluie clairsemaient son visage et empruntaient le trajet jusqu'à son cou qui l'amenait à croire que son chagrin refoulé s'extériorisait malgré elle. Elle rentra illico, claqua la porte derrière elle, ne prit pas de douche, se sécha avec une serviette bleue qui ne sentait pas la lavande dont elle avait horreur, regarda une dernière fois ce qui se trouvait devant elle, puis fila dans l'Oregon.

mardi 20 novembre 2012

Zzaza N'aime Pas Les Mouches

Zzaza n'aime pas les mouches, Zzzzz, elle tempête et les poursuit avec hargne, en justicière accomplie, sort son épée du fourreau Zzzzz, se précipite tête baissée du haut des escaliers comme le vent sous typhon, Tournoie, Zzzzz, c'est tellement facile, ZzzzzAaaaaaaaL'attAque, Bim Bam Boum Zzzzz, Za, ZZZZZZZut, Voilà Zzaza toutes épées sorties du fourreau, Zzzzz à droite, Zzzzz à gauche, et Zzzzz derrière elle mais elle s'est lancée du balcon, se balance pour ne point tomber et atterrit toutes griffes dehors accrochée comme une chauve souris à un lustre Tout en hurlant Zzaza Droit devant !

Et Zzaza d'attaquer l'ennemi comme une furie, Zzzzaza roule, courre, galipette,  se lance dans le vide accrochée à une liane autour du lustre, voilà Zzaza tête en bas, chassant les mouches, mais tout à coup la mouche Zzz Zzz se pose sur son Nez : Zzaza ne bouge plus d'un pouce. Zzaza est énervée.

La mouche Zzz Zzz se frotte les pattes et chatouille le Nez de Zzaza qui manque de lâcher le lustre. Zzz, ZzZ, Zzz fait la mouche en chatouillant encore Zzaza. 

Zzaza ne manque ni d'agressivité, ni d'aigreur, ni de méchanceté, elle crache, elle bave et semble maintenant avoir avalé une limace, elle ne sait plus comment attaquer, elle veut blesser Zzz Zzz La mouche puisqu'on lui a toujours appris à agir ainsi : Zzaza Zinzinule des Insultes avec Zèle

En Zigzaguant, Zzz Zzz la mouche, regarde Zzaza dans les yeux, Zzz Zzz, un petit tour de lustre, Zzz Zzz Zzz Danse t-elle, Zzaza n'en mène pas large, Zzz Zzz, elle est toute retournée, Zzz Zzz la mouche lui dit :   "Zzaza  STOP Maintenant" affirme Zzz Zzz La Mouche haut et fort. 

Zzaza est honteuse et furieuse, Zzz Zzz la mouche l'a piquée au vif et Zzaza en est verte de rage, elle Zézaye toujours des zestes d'insultes car elle ne sait plus quoi dire, elle est emportée par une marée de haine et voudrait zigouiller Zzz Zzz.

Et alors,  Lentement, Zzz Zzz La mouche recule d'un Zzz Zzz d'ailes

Et alors, Lentement Zzz Zzz la mouche se retire Zzz Zzz, loin de Zzaza

Et alors, Lentement Zzz Zzz la mouche se retire intérieurement très loin de Zzaza.

dimanche 18 novembre 2012

Justice

Elle tituba et ses yeux soulevèrent une expression d'étonnement inclassable qui firent sursauter son attention et sa contenance devant les faits.

Alors son corps se pencha en avant et ses yeux s'ouvrirent lentement sur une expression d'incompréhension et de rejet, un pas sur le côté, les bras ballants et un balancement irrégulier la firent se soulever plus avant, totalement nue et en retrait, bien que la tête redressée pour se donner constance et sobriété.

Puis vinrent le contexte, les faits et les actes, et ainsi elle voulût se glisser furtivement hors de la pièce mais elle fût retenue.

Convaincue par l'état de sa nudité, elle finit par reculer et voulu alors se livrer à l'exercice de cet acte régulier et officiel devant tous, ravala les effets illicites et fit appel à la clémence, car rien ne pouvait plus être présent que ce toujours inclassable état de densité immatériel et changeant, elle le voulait, s'offrir le jugement, telle qu'elle était, ce qui la maintint dans une posture intenable.

Elle ne pouvait pas, elle ne savait pas, elle ne disait rien, elle était dépassée et tournoyante, le cœur battant la chamade sous les volontés fermes devant elle, elle, fermée comme le fer brûlant des menottes de ce même jugement, se révélait entièrement et douloureusement instable, souvent fermée et peu compréhensive car dépassée, peureuse, anxieuse, abattue par une fièvre tropicale radieuse en pleine expansion dans l'inconscience.

Tout à fait réduite, elle titubait encore et encore et elle fût ensuite sombrement imprévisible alors que justement, le degré de fiabilité le plus total était attendu, du moins pour les plus confiants mais elle se liquéfia.

Seulement et seulement si cela avait été possible, alors elle aurait pu se redresser et dresser le constat et les sanctions sans état d'âme, sans sourciller ni se poser de question, mais hors d'elle même, elle était justement accablée par ses incapacités et ambitions, car aucun jugement devant  le monde ne pourrait être acquis et par personne, elle ne pourrait jamais être représentée,  elle le savait même si elle continuait d'exister, elle continuerait d'exister jusqu'à ce que devant elle, toutes les opinions se réduisent, car elle se savait en Déséquilibre, Impossible, Nue et Instable, Incertaine et Vagabonde à jamais,  Telle était La Justice.

mardi 9 octobre 2012

OPUS 17 - Les Piles Sont Fanées

"Fais Chier" était un de ses principaux Leitmotivs, avec MERDE, et d'autres invitations à voir comment rien ne pouvait réellement valoir le coup, rien du tout, aussi accompagnait elle sa suprême existence de criées incessantes et générale sur les autres, agrémenté de plaintes non exhaustives au quotidien, qu'il s'agisse du temps, de la pluie ou du dernier prix Nobel. Tous le monde l'était, les hommes comme les femmes.

Elle n'aimait pas manger à heure fixe : c'était trop. Avant 20 heures tout extra était exclu : il ne fallait point manger à 19 heures comme de stupides moutons, la soirée ne devait pas démarrer avant 21 heures 30 à minima, sauf lorsqu'elle oubliais encore pendant quelques heures au point d'avoir les crocs de croc o, dès  lors venait le moment ou elle disait, 'je crève la dalle', bordel, il n'y a rien à bouffer ? Elle attendait l'intervention divine et interrogeait toujours son athéisme d'une allocution plaintive et exercée sur l'Éternel incapable : Mein Gott ! En français  : Moooooon DIEU = avec en prime un regard affecté se hissant vers le ciel et qui à nul autre pareil ne pouvait rien faire d'autre que glisser sur les choses, la vie, et bien sûr sans utilité possible pour sa propre vie, au dessus et en deçà de DIEU, au point que parmi ses injures, figurait essentiellement l'invocation à l'être suprême, ultime recours face aux voies sans issues.

Pour se nourrir, elle avalait donc n'importe quoi à la va vite, debout, en regardant le ciel ou en jetant un œil sur tout ce qu'elle ne pouvait agir à ce moment là et qui lui perturbait le repas.  Debout devant une assiette, affamée, elle se saisissait de la nourriture à deux mains, sans prendre le temps de s'assoir ou de prendre des couverts, elle avait trop attendu. Avant de sortir, elle fumait, s'asseyait sur le bord d'un quelconque reposoir, et disait, j'en ai marre, fais chier.  

Elle attendait ensuite, après avoir avalé un café qui ne passerait pas mais dont elle ne se passerait jamais, passerait une ou deux fois vérifier ce qui se passait dans l'appartement, retournait dans son lit, fumait une première cigarette. Puis elle l'écrasait. Tout en l'écrasant, elle se sentait acculée, vide et sans forces, et ne l'aurait partagé en aucun cas. Elle prenait ensuite une glace et se regardait quelque temps, trop longtemps, et maintenant, une bonne heure était déjà passée. Alors elle se laissait envahir par une grande lassitude, elle voyait bien comme dans ses yeux les larmes restaient sèches, car elle n'était pas du genre à se mouiller, et malgré tout ce qu'elle endurait, elle était forte, elle. 

L'atmosphère était empreinte de tristesse et les volutes de fumée conservaient l'essence de la tristesse  au cœur : une grande fatigue la saisissait dont elle préférait faire porter la responsabilité aux autres. Ceux qui ne comprenaient pas, ceux qui avaient pensé contre elle, ceux qui se croyaient, ceux qui se pensaient meilleurs que, ceux qui ne la voyaient pas ainsi que ses proches. Ils lui faisaient endurer cela, ils étaient LA FAUTE. L'A-CAUSE D'EUX.

Elle trouvait trop con de porter des petites robes à fleur, mais aimait à se maquiller, et portait le Numéro 5 divinement enchâssé dans les volutes de fumées qui classait son aura parmi les prouesses olfactives de l'amour sensuel. 

Rouge à Lèvres, Long pantalons et BASTA.

Presque tous les hommes étaient des connards et elle ne voyait en l'autre que peu d'intérêt, séduite par la grandeur et à des hauteurs que peu de gens atteignent, elle ne se sentait que rarement en adéquation avec qui que ce soit car pour pouvoir s'accrocher à une conversation qui l'intéresse. 

Médium, elle voyait immédiatement ce qui clochait et au premier coup d'œil le couperet était tombé . Parfois en ayant même pas rencontré la personne dont elle entendait parler. Peu de gens entraient dans ses grâces, et il fallait un certain mélange pour que l'intérêt ou l'affection puisse refléter une partie de sa sagesse et de son attraction pour l'autre voire d'une quelconque approbation de votre vie sur terre. 

Une fois élu, vous l'étiez à vie, et quelque soit ses considérations, ses chagrins, ses colères, elle vous aimerait pour toujours et férocement. Et elle vous défendrait comme une tigresse dont on attaque les petits si jamais vous attentiez à ses proches qu'il fussent lointain en son cœur ou pas, pour peu que vous y soyez entré. En attendant, elle vous dépeçait de sa vue perçante et vous envoyait des prédictions néfastes et autoritaires sur ce qui lui déplaisait. Elle était du genre à monter sur ses  grands chevaux pour tout, ce qui lui permettait de fuir l'échange et la communication et de zapper pour quelque chose que vous ne pourriez pas comprendre car vous étiez trop con, trop faible, trop idiot et enfin tellement nul. Le pire c'est qu'en général, elle vous pliait en 1000 avec quelque grande justesse, le cœur à peine entrouvert, celui-ci enfermé dans quelques gouttes de pluie que personne n'avait essayé de comprendre, personne ou presque, et bien sûr, elle le savait car elle savait tout, et à l'avance, ce qui lui flanquait immanquablement l'cafard.  

- Et Merde, disait-elle, en faisant tomber du sucre, en lâchant le café par terre, en regardant la couleur du ciel, en lisant l'addition d'un restaurant ( cela fait quand même tant disait-elle avec un hochement de tête entendu, les lèvres plissées, glissant vers le pincement de la mâchoire côté droit, sous entendu "ils ne m'ont pas loupée"). Et aussi : pour répondre au téléphone, pour mettre un verre sur la table, après réception des impôts, à l'attention du démarchage téléphonique, des voisins, de la famille et des amis. Elle préférait toujours invoquer Dieu devant ce que la vie mettait devant elle, ainsi que le fait que plus rien ne valait le coup. 

A 40 ans, elle disait et pensait, je suis foutue maintenant. De toutes façons. C'est trop tard. Cela ne sert à rien. Pourquoi faire. Cela ne sert à rien. C'est fichu. Depuis qu'elle s'était persuadée de cela, elle avait pris sur elle pour se contenter du minimum, d'une vie sans amour, réchauffée par des douches brûlantes qui lui laissait des plaques roses sur la peau. Elle terminait ce rituel par une douche qu'elle disait froide qui n'atteignait que 20 degrés, et perçu comme semblable à des jets d'eau glacés après les brulures de l'eau chaude.

Merde fait chier disait-elle en entrant dans la salle de bain : 
- Fais chier, il n'y a encore plus d'eau chaude ? interrogeait-elle en attendant une réponse venue d'ailleurs.

Elle était friande d'œufs au plat, le matin, mais pas avec du jambon, dont elle se détournait toujours, au contraire d'un café noir d'ébène dont elle ne pouvait se passser pour émerger des limbes existentielles. Avidement, le chocolat et la pâte d'amande rencontrait son absolution éternelle et vous étiez proche du sain sacrement si vous la contentiez avec ce type d'attention, encore fallait-il que vous soyez tombé sur le goût qu'il fallusse pour entrevoir une once de reconnaissance. Quoiqu'il en soit elle mangerait tout et en vitesse, quoique parfois elle arrivait à faire durer gentiment l'attente si jamais elle avait un bouquin sur le grill qui vaille la paine de tout oublier autour de soi. Si jamais elle partageait un morceau de pâte d'amande avec elle vous deviez alors montrer patte blanche et vous délecter sans pour autant en faire tout un plat, et enfin faire montre de l'attention qui vous était faite, mais sans exagérer non plus, sinon, elle vous trouverait branque. 

Puis elle vous tournait l'dos, telle une féline noire et fière qui portait la langueur comme la meilleure de toute les petites robes noires dont chacune des femmes bas de gamme pouvait avoir envie afin de parfaire à l'avance les attentions qui pourraient leur être portées par la gente masculine.

Elle regardait la gente féminine avec appréhension, cependant qu'elle avait trouvé Toni Morison aimable et digne de reconnaissance absolue mais se gaussait des Katherine Pancol, lesquels livres, si elle vous voyait avec un de ces titres dans les mains l'invitai à vous balancer que faire le distingo entre la culture et la connerie n'était pas donné à toutes. Et que visiblement vous aviez choisi le trou noir au point qu'elle vous indique quand même que la vie étant courte mieux ne valait pas se faire chier avec de telles inepties.

Le masculin la faisait se marrer. Mis à par évidement quelques phénomènes, Hessel, dont on a pas besoin de citer le prénom pour savoir de qui on parle sinon ce serait être totalement taré ( tandis que  Le Vieil Homme m'indigne n'avait pour elle aucun sens, elle l'avait pourtant et lu puis refermé en se disant que c'était un fatras de conneries invalidantes), Kant, et Hegel, évidement, et dernièrement, ces dernières années, Michel Onfray avait rencontré son vif intérêt, Elle avait donc dévoré l'intégralité de ses œuvres, tout en flirtant avec une montagne d'autre choses. Pour enfin, l'abandonner à son sort car il l'avait essoufflée.

Pour ne parler que du meilleur, et encore, si elle daignait avoir envie de le dire, car vous n'aviez qu'à vous démerder tout seul : la curiosité étant une gageure de réussite sociale et personnelle,  (et non la largeur de votre four à micro-onde pour ne pas parler  de la montagne de vos acquisitions matérielles susceptibles de refléter votre égo comme une bagnole de Naze même si elle les aimait beaucoup) Elle avait trouvé ZULU 'très bon mais très dur', soit admettre la légitimité d'une écriture que tout les autres soit disant écrivains n'aurait jamais pu avoir, car disait-elle en riant, Il ne suffit pas d'écrire pour être écrivain, alors fais gaffe à ce que tu Lis.


Ces derniers jours, elle batifolait avec La Muraille de Lave qui avait indignement succédé à elle ne se rappelait plus quoi (page 174 "- J'ai cru que tu allais réussir à enterrer cette histoire. Ensuite, une fois que tout serait terminé, je prévoyais de te dire la vérité. Que tu le crois ou non, c'est ce que j'avais prévu"). Il fallait bien digérer Odon Vallet, Dieu et les religions en 101 questions réponses , Albin Michel : Page 12 :"  Les religions sont toutes des créations humaines, mais la foi ? Dieu à crée les hommes ..." commenté de : " Ah ! Bon ?"

Puis, Page 13, commentée de  : 
- "La Foi est une réaction psychologique à l'angoisse."

Tout cela Précédé de Franz et François (François Weytergans) : JE ne connais rien de plus versatile et capricieux qu'un livre que je commence à écrire mais surtout de 
Karl Marx, 
Histoire de sa vie 
Franz Mehring 
Omnia, Page 75 / "Il est mauvais d'accomplir un travail dans la servitude, fût-ce pour la cause de la liberté, et de lutter à coup d'épingles au lieu de combattre à coups de crosses. J'en ai assez de l'hypocrisie, de la sottise, de l'autorité brutale, j'en ai assez de notre docilité, de nos dérobades et de nos courbettes, j'en ai assez de jouer sur les mots. Je ne peux plus rien entreprendre en Allemagne, on s'y falsifie soi-même."

Et encore de Karl Marx BIOGRAPHIE INATTENDUE, Calmann-Lévy : 
Commentaire page gardée :
"En couverture : K.M et sa fille ainée Jenny ( et non sa femme ! comme indiqué en 4éme de couv.)"

Et  LXVII :
"Si au lieu de récolter le blé chez nous (...) nous découvrons un nouveau marché ou nous puissions nous procurer des objets à meilleur compte; dans ce cas les salaires doivent baisser et les profits s'accroitre. (...) La baisse des produits de l'agriculture (...) réduit les salaires non seulement des ouvriers employés à la culture de la terre, mais encore de tous ceux qui travaillent aux manufactures ou qui sont employés au commerce." 
Page 146, 
kARL mARX OEUVRES 
Économie 
BIBLIOTHÈQUE DE LA PLÉIADE 
NRF
(cf, Le Monde du 24 avril 1990 ' l'effondrement du Marxisme Léninisme, Cornélius Castoriadis).
Pour finir, Vous seriez totalement crétin d'avoir raté Conrad au point qu'elle vous l'aurait volontiers offert et presque même donné un des siens, admettons, Typhon. Lorsque le prénom sautait, l'Auteur était entré à l'Académie Des Merveilles.

Elle aurait regardé Claro avec montre suspicion bien qu'elle eût pu partager un sens de l'humour trop proche à son goût et bien sûr trop masculin, elle aurait sans doute apprécié quelque peu l'auteur si elle n'avait déjà vu et tranché dans le vif (enfin c'est ce qu'on aurait pu croire) tout esprit trop ambitieux qu'elle révoquait immédiatement au rang des nuisibles sur ses étagères croulantes de poussière qui ployaient sous ses engouements passés et immédiats. (Mis à part et entre parenthèses  Alexandra David-Neel) et bien évidement les multiples récepteurs radio universels incapables de franchir le mur du Son depuis toujours (obligée de se taper la frappante France info et même heureuse de pouvoir enfin entendre quelques nouvelles du front sur l'ordinateur qui s'éteignait tout seul au bout de 10 minutes de joie ultime) elle finissait immanquablement par rembobiner la pellicule des plaintes en boucle contre l'humanité, car elle trouvait qu'elle n'avait vraiment pas de pot :

"J'ai Toujours Tous Les Pots" assenait- elle ensuite en un slogan publicitaire.