mardi 31 mars 2015

Sur Un Nuage, M’asseoir.

L'air était insoutenable. Je m'étais enfermée dans un placard, un placard, un petit placard, blanc cassé, sale, tout petit, j'ai du me baisser et je n'arrivais pas à passer dessous sans me baisser, et je ne pouvais pas fermer la porte de l'intérieur. J'étais bloquée comme ça, les genoux pliés, tassée, repliée en plusieurs morceaux. Je les ai entendu me chercher et j'ai senti glisser des larmes à l'intérieur des yeux, mais j'étais pas du genre à pleurer moi, je regardais juste l'air de tout sans rien dire, pensez ce que vous voulez, m'enfin, j'm'en fous. Manque de bol, ça m'est un peu resté, bravache mais les genoux qui font des claquettes, j'décarre, alouette des champs, j'ai couru comme une folle, vite. Mes yeux se mouillent, vite putain, les escaliers à fond, tout entièrement de l'intérieur, mes yeux, ils se ferment pour ne pas faire de bruit, mes yeux pleurent lentement pour ne pas donner de signal, pour que tout à coup on m'oublie, ils vont m'entendre et me retrouver, pour que l'on ne se rappelle plus de moi, pour qu'ils passent leur chemin, pour que je puisse aller me planquer ou qu'y sauront pas pour que ma respiration se calme et ne laisse émerger aucun son depuis cette porte qui ne se ferme pas parce qu'elle tremble de peur et que peut-être hijos de puta, ils veulent me transpercer, avec un bien bel objet, et que peut-être ils ne la voient pas, pourvu que non, ils vont le faire, ils sont presque quinze. L'ont eu méchante, j'les ai eu, Planquée oui MAIS après avoir fait face, Enculés de fils de pute.

Envie de prendre la tangente.

Tu sais C., en ce moment, tout m'énerve. J'ai les nerfs à bloc. On dirait que c'est l'éclipse totale sur les consciences. Non, ce n'est pas vrai, mais je ne sais pas, je me sens mal aujourd'hui. J'ai mal partout. Je ne respire pas bien. Et j'ai envie de coller des claques à tout l'monde. Et tu sais que quand je fais l'ménage ça claque. Il y a quelque chose que je ne supporte plus. Et, ce n'est pas seulement les événements habituels, c'est comme qui dirait quelque chose qui ne tourne pas rond en moi, quelque chose qui veut être autrement, sans tergiverser, sans prendre de détour.


Envie de prendre la tangente.

dimanche 22 mars 2015

Com Déu mana

Dios mediante.
Hola. Te llamo desde el móvil. Quisiera hablar con C., por favor. 


S'est fait sauté l'plafond, exactement comme toi. 

Mais personne lui à couru après, il est resté deux mois chez lui, sans qu'on le découvre. 

Je peux te dire que j'ai eu les nerfs à mort. 

Tu te rappelles comment qu'y s'était fait démonter la mâchoire ? 

Sais même plus si tu étais encore là. 

Déjà, si t'avais attendu un peu, J'avais encore des trucs à te dire, tu serais verde, l'autre jour sur La Internet, j'ai vu un truc, ça ne t'aurais pas plût, je suis restée soft, et tu sais mais tu n'y croirais pas, c'est fou que les événements internationaux tournent comme ça, comme on le sait depuis toujours, Putain, Com Déu mana, tu pouvais pas attendre ? 

Tu pouvais pas voir que c'était rien de perdre quelqu'un qu'on aime ? Oui d'accord, pas exactement, mais. Tu n'as pas su l'accepter que l'amour ne se force pas, ne se demande pas. A moi non plus il y a quelques petites choses qui m'ont gênées, des choses, je ne sais pas, j'ai toujours eu l'impression de penser aussi aux autres et peut-être que je me trompe, qui est infaillible ?

Je savais pas encore à cette époque là que cela venait pas du tout des événements du quotidien, l'acte du suicide : et maintenant que je ne peux plus te faire part de toutes mes trouvailles. Je le fais pour les autres. Ceux qui viennent à moi, mais tu sais, c'est pas simple. C'est pas simple d'accepter de voir ou t'en es. Et encore moins de le transmettre. 


Tu pouvais pas essayer de traverser la douleur ? Non, tu n'as pas pu. Et lui non plus. Je le vois, je le vois encore, de temps en temps, et...




Alla mattina appena alzata
O bella ciao bella ciao bella ciao, ciao, ciao
Alla mattina appena alzata
In risaia mi tocca andar
E fra gli insetti e le zanzare
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
E fra gli insetti e le zanzare
Un dur lavoro mi tocca far
Il capo in piedi col suo bastone
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Il capo in piedi col suo bastone
E noi curve a lavorar
O mamma mia o che tormento
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
O mamma mia o che tormento
Io t'invoco ogni doman
Ed ogni ora che qui passiamo
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Ed ogni ora che qui passiamo
Noi perdiam la gioventù
Ma verrà un giorno che tutte quante
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao
Ma verrà un giorno che tutte quante
Lavoreremo in libertà.

samedi 21 mars 2015

Estás En Mi Corazón.

Palmolive Vert, dur avec la graisse, doux avec les mains, et je pleurais, les mains là-dedans, c'est remonté hier. Tu vas pas l'écrire me suis-je dis ? Je sais bien que si. Mi Querido Amigo, tu étais grand, tu étais un grand pour moi, un gran hombre, oscuro, j'aimais bien ta voix, una voz profunda, parce que La Guerra de España, j'aimais bien comme tu te marrais, Intransigente, Le poingt levé, Boxeo, No te gusta la falsedad.  Tu viens a casa esta noche? ¡Genial! Será 10. Pequeño comité.

En quelque sorte, nous étions d'accord pour l'action directe, mais je ne t'ai jamais suivi, je ne voyais pas les choses comme toi, autrement et même si j'étais sur le même chemin que toi, je ne voulais pas mourir. Tu m'appelais, alors tu viens ? Vienes con nosotros?? Et toi qu'est-ce que t'en penses ? T'étais le premier à m'appeler comme ça. Je savais que quelque chose que je ne situais pas encore étais présent pour toi, mais je n'avais pas compris tout de suite comme tu étais au bord de. Et il ne t'a pas aidé, je crois, ou peut-être que si, un peu. N'empêche, je ne peux plus te le présenter. Fais chier. El niño quiere jugar a las escondidas.


Venga, tomar un café,
 Hot Coffee!
Tu viens a casa esta noche?
¡Genial!

Toi, tu aimais bien quand je m'énervais, tu aimais bien mon insolence, tu aimais bien que je dise ce que je pense, tu aimais bien m'appeler, non, ça je ne peux pas le dire, tu aimais bien qu'on se retrouve à l'imprimerie, Tipografía, tu aimais bien qu'on mange ensemble avec les autres, Tinta de impresión,  tu aimais bien le vin, Clandestino Prensa, tu baissais la tête, Griselle vissée sur le tuyau, tes grands bras et ta silhouette sèche et sensible au vent, je les voyais bien tu sais quand tes yeux se mouillaient sous ton camouflage,Te vi mi querido amigo et puis j'ai vu que tu t'assombrissais de plus en plus los otros lo tomaron como un capricho pasajero, je me suis mise à côté de toi, No he hablado con usted, No hemos hablado,je me suis approchée près du mur, Supe de inmediato, sí y usted?  je crois que je ne suis restée qu'un instant, El viento de la muerte no es una corriente caliente, un mur de brique à la con, je t'ai embrassé pour la dernière fois, no se afeitaron, je m’inquiétais, quieres un clop, ce soir là, j'étais contente de te voir, una copa de vino ? On s'est regardé dans les yeux longuement mais c'étais court, ça à glissé entre nous, j'ai pensé, merde, mierda, putain, ça va pas, va muy mal. No te he visto.

Te he visto en el cementerio.
La imagen más hermosa es de mí, todos tomaron esta fotografía de usted, todos querían

Mi querido C. estás en mi corazón.

Mi hijo,
Él esperaba.


jeudi 26 février 2015

Un Trou Noir à La Place Du Coeur

- Je pleurais tu vois, tu me manquais, je voulais que tu sois là, je pleurais à l'intérieur mais ça ne coulait  pas par les yeux, je pleurais dans ma tête, les larmes coulaient mais ça ne se voyait pas.

- Pourquoi les états se font la guerre ? Et, pourquoi ils se partageraient pas les richesses à la place ?

- Tu veux que je sorte de ton lit ? Tu sais que, si tu acceptes pas un homme dans ton lit, il ne pourra jamais tomber amoureux de toi. Mais, non, pas moi.

- Je veux un chien. Je veux un chien, je veux un chien. Pourquoi non ? Mais non, tu comprends pas, je ne peux pas demander à papa, il ne voudra pas. Oui, à force, toi tu vas accepter, hein ? Quand on aura une maison, ça ira ? Il aura le jardin. Bon d'accord un chat. Pourquoi ? Pourquoi on ne peux pas ? Et un banc de poissons, allez viens, on achète un banc, avec plein de poissons : je sais ! Viens on y va cet après midi, on en prends des rouges, de plusieurs couleurs, et ils nageront devant nous. Ou alors une raie ? C'est beau une raie, ah non, non, je préfère un bébé requin. Ou un caméléon ? Trop gros, il n'y a qu'à en prendre un petit ! Bon d'accord, c'est moi qui les nourrirait, je leur donnerais à manger tous les jours. Et quand on mangera du poisson, je dirais du pané, pour pas qu'il comprenne, pendant qu'on mange, comme ça il aura pas peur qu'on le mange lui, il ne saura pas qu'on mange du poisson. Et des perroquets ? Ou un cacatoès ? Allez des souris, m'man, des souris, mais marrons, deux souris qui feront plein de bébés, ce sera super elles courront sûr mes épaules. Je te donne tout mes sous en échange, attend je vais les chercher ! Tiens ! Prends tout. Mais à condition que tu m'achètes un chien, sinon, je ne fais plus rien, et si tu m'achète un chien, j'écoute tout ce que tu dis ! Non, pas un Akita. Bon, quelqu'un va m'en offrir un pour mon anniversaire. Je ne sais pas qui, mais ça va arriver : ça sera peut-être toi ? Pourquoi ça ne se peux pas ? Bien sûr que ça s'peux. Tu ne veux pas que ton fils soit malheureux quand même ?

- Tu as Oublié que tu as un fils ? Alors, pourquoi tu as mis du poivre dans les courgettes ?

- Tu veux bien éteindre la télé ?
- Non Merci !

- Privé de DS pendant 1000 ans, mais enfin comment je vais faire ? Tu ne peux pas me faire ça !

- Non, mais arrête ! Il n'est pas empoisonné, donne-moi mon chocolat ! C'est pas la peine de vérifier.

- Tu m'achètes un drone ?
- Bon, des mains de Hulk ? Je te le demande depuis que j'ai 3 ans.

- Oui mais Spiderman, je voulais la bombe avec, pour faire la toile d'araignée. Et tu n'as jamais voulu. Celui avec un quad, oui, merci, mais je voulais l'autre.

- Bon, alors si t'aimais bien Hulk, tu vois bien que c'est important pour moi, ça n'a l'air de rien mais c'est quelque chose qui compte pour beaucoup pour moi. Oublier ? D'accord, je pense que je peux oublier presque tout de suite comme ça t'auras le temps d'aller me l'acheter, mais pour demain !

- Je veux faire de la boxe. Et avoir des muscles énormes comme Hulk.

- Quand est-ce que tu m'achèteras une bombe ? Mais non, je suis pas trop petit. Je veux faire des tags. Interdit, c'est pas grave, on se cache, y nous verrons  pas...

- Si c'est de l'Art, pourquoi tu m'interdis de le faire alors ? Je croyais que c'était de la contre-culture ?
Bon, sur une feuille ?
- T'es d'accord sur une feuille ? Ah ! je suis content ! Merci !!!

- Je voudrais retourner à la mer. Tu m’achèteras un cerf-volant ? 

- On ne pourrais pas allez faire un tour en hélicoptère ? Ou alors on achète un side car : moi, je conduis et toi tu te mets à côté, c'est moi qui dirige. T'es d'accord ? C'est pas grave, on en trouve un vieux, pas trop mort et on l'retape. On ira faire les courses avec.

- Tu trouves pas que la dame elle avait une tête de poire ? Mais alors pourquoi tu m'empêches de le dire devant elle ? Elle doit bien le savoir qu'elle ressemble à une poire !

- Si tu mourrais, je ne pourrais pas survivre : je n'ai que 7 ans, tu comprends ?

Tu te rappelles quand tu m'as emmené à la mer ? On y retournes ? Oui, mais quand ? Je voudrais bien y aller, on prends une maison au bord de la mer, donc, on pourra avoir un chien, et on ira sur la plage, et le moins possible à l'école, tu ne vas pas me dire que tu n'aimerais pas vivre au bord de la mer ? Pourquoi tu ne comprends pas qu'il me faut un chien ?

- Est-ce que les gens méchants ont un trou noir à la place du cœur comme les trous noir des galaxies ?


samedi 21 février 2015

Hacke Me - XXI - Liaisons d'hydrogène

La main entra. Cela était chaud et doux, puis la mesure se fit plus folle, une sensation étonnante de jouissance rapide et intense, très forte puis de plus en plus inconnue, très chaude, étendue autrement différemment sous l'effet de, ...

- On a mangé quoi cette nuit déjà ?
- Poulet et nouilles sautées au soja.
- Chikushou* ! Le saté.



Encore des souvenirs qui flottaient en suspension dans son esprit. Les modifications internes n'étaient perceptibles que très brièvement. La bataille qui ressemblait à une entrée dans le désert et offrait pour seules frontières l'élévation de la température programmée comme une délicate ascension, Sans comprendre pourquoi, même s'il lui était soumise l'idée de recherche du journal, elle ne pouvait s'y tourner respectueusement. Elle se demanda un instant s'il n'était pas à l'intérieur d'elle-même, car elle n'avait plus les mêmes sensations dans le bas-ventre, l'alchimie entre les pensées et le corps ne lui ressemblait plus guère, ce dont il lui fallait automatiquement tenir compte pour progresser vers l'équilibrage attendu : elle n'avait plus l'impression que son bras était réparable, cependant qu'un seul fil était encore attaché au reste de son corps,  il fallait donc chercher, délirait-elle ? Un grand changement était en progression, elle expira lentement, elle était comme prise en embuscade, essaya de se couper des souvenirs, tout en étant très sûre d'avoir a y prêter une attention qu'elle ne devait pas laisser se dissoudre. Elle ne savait même plus ou elle se trouvait, ni en lieux ni en temps.

Aucune possibilité de mouvement, le sens de l'équilibre était tout autant rompu. Les brins. Les brins d'ADN. Il fallait faire le bilan. Elle le fit à sa manière toujours dans un système de pensée non répertorié, cela était très étrange car il n'y avait que quelques moments pendant lesquels la dilatation du temps était possible et elle se sentait décalée par rapport à ses habitudes de gestion des données qui n'apparaissaient plus exactement de la même façon, elle se concentra :

État des lieux transitoire, filament argenté beaucoup trop fin, enveloppé de bleu et sensible à l'entourage, bras insensible, déplacement de plusieurs disques et vertèbres qui empêchaient d'être dans l'axe attendu, brûlures partielles, plus 2 profondes qui avaient attaqué les tissus anciens, à réparer en urgence, ce qu'elle n'avait pas encore entrepris, ayant été maintenue au sol aux côtés de...exclure le souvenir, le garder pour plus tard. La lumière entrait encore trop faiblement à la surface du corps tandis qu'elle était dense et présente sur toute la partie supérieure du corps, la gifle était que le tissu musculaire était réparable mais qu'il ne fallait pas attendre et qu'elle devait le faire seule, en trouvant les possibilités de le faire de l'intérieur, mais encore et aussi en surface, tout en ne s'introduisant pas dans le système sanguin. Quelques trous noirs apparaissaient ça et là et il fallait également les traiter rapidement, les envelopper de bleu glacier, pour stopper la progression, puis...Il fallait fixer son attention au plus haut point. Quelque chose sembla lui avoir été dérobé...

Le rythme pulsatif de ses pensées était dangereux, inexpliqué car il s'était immobilisé à plusieurs reprises, cela devait amener à ressentir et à combiner les informations ou juste les laisser émerger : dans les brins d'ADN, il y avait encore d'autres petits circuits qui avaient des fonctions spécifiques, elle vit brièvement un fil rouge zébré de d'or orangé et de blanc; Le blanc était toxique, mais à quel point et que signifiait-il ? Elle évita soigneusement de laisser entrer les influences extérieures cependant quelque chose en interne avait pris possession d'elle et résidait dans les combinaisons d'énergie qu''elle ne pouvait encore définir. 

La présence des liaisons d'hydrogènes dans les molécules d'eau s'invitait comme une réverbération étrangère dans les fragments de ses pensées.Kµll, entendit-elle. 

- Putain d'merde ! Il s'était manifestement introduit dans son corps. Ainsi dû-elle l'empêcher momentanément d'accéder à ses pensées et à sa pratique du temps. Sans bouclier, elle décocha donc un coup de bâton dans la ferveur la plus totale à ce péril invisible. Cela expédia l'intrigant. 


Chikushou* : merde.

mercredi 28 janvier 2015

Hacke Me - Time T - Foregroung

Hacke Me  - Time T - Foregroung

Austra - Olympia - Annie Muse You
Instrumental


I.
Flux

SSSS - VCMG - Recycle









Elle tourna et retourna son bras dans tous les sens avant de trouver la panne. Le cuivre devenait chaud et elle n'avait plus beaucoup de temps avant de pouvoir sortir de la soute. Dehors elle ne savait pas ce qui l'attendait. Elle aurait peut-être dû avertir les autres de son escapade mais elle savait qu'elle aurait aussi pu être découverte et que plusieurs d'entre eux auraient pu le regretter jusqu'à trépas. Le projet définitif n'aurait pas lieu car elle avait transformé les flux énergétiques de tous les passagers de l'avion. Ainsi ils n'atterriraient pas où ils croyaient pouvoir passer quelques jours de vacances mais dans le centre névralgique qui lui permettrait de trouver le matériel technique pour pouvoir réparer ce bras dont elle avait tant besoin. Elle avait glissé plusieurs paires de lunettes dans son sac qui lui permettait d'empêcher les passants de lire ses pensées ou de comprendre qui elle était vraiment. Le matériel qu'elle recherchait était une combinaison de nouvelles données que presque personne ne maîtrisait. Elle savait qu'il lui faudrait passer à travers plusieurs grillages qui protégeaient l'institut de recherche et elle avait déjà un plan combiné à un autre multiplié par 25 possibilités. C'est tout ce qu'elle avait pu faire. Elle avait l'habitude de leurs yux étonnés d'avoir eu si peu de clairvoyance vis à vis d'elle car son mode de connexion avec autrui était particulier et elle ne laissait jamais quiconque voir ce qui pouvait vivre dans ses circuits. Bien sûr il avait fallu se faire admettre par la catégorie des techniciens mais elle n'avait rien fait pour. Quand ils avaient découvert de quoi elle était capable elle s'était enfuie puis avait rencontré les autres. La fuite : toujours devant et derrière elle. Son bras avait commencé à se décrocher de son corps aussi sa respiration se fit plus saccagée. Elle rampa dans le couloir et dû se décrocher d'un panneau d'aluminium qui commençait à se teinter de bleu. Elle n'eût plus le choix et se glissa en douceur dans le corps d'un jeune homme dont les connexions étaient encore soudées lorsqu'elle se rendit compte qu'elle avait complètement oublié sa caisse à outil dans la soute. Mais il était trop tard. L'avion se mit à trembler. Un frelon incorporé  parmi les passagers pour dépister les odeurs tourna autour du jeune homme mais il ne resta pas trop longtemps - pas assez pour alerter qui que ce soit. Elle pensa tout à coup à la sombre plaine qu'elle avait regardée dans ses moindres détails. Où tous étaient morts brûlés. Mais le corps du jeune homme s'agita et il se mit à tousser bruyamment. Une des tulipes rouges accrochée sur la paroi au dessous de la fenêtre de données sourit et commença à chanter. Elle était presque dévoilée. Elle profita d'une seconde d'arrêt temporel pour reculer d'un temps et retourna chercher le matos. Son bras ne tenait plus qu'à un fil. Elle se laissa guider comme il lui avait été demandé même si elle avait de la peine à laisser cette énergie s'emparer d'elle. Sans doute une autre vie. Elle s'assit sans rien dire sur un des sièges et tourna la tête vers l'homme. Son regard la brûla. Elle ressenti quelque chose dans la structure énergétique de ses corps et dû glisser ailleurs car l'alarme sonnait. Temple de Louxor entendit-elle doucement.


II.
Backdoor

SSSS - VCMG - Lowly


Elle ne se réveilla pas à l'endroit attendu. Tout d'abord exploiter le terrain. Observer. Son sommeil avait été lourd et elle s'était mal réveillée, le corps endolori et la tête embrumée. Elle eût l'impression de perdre connaissance. Quelque chose ne s'était pas déroulé comme prévu. Évidement, il lui avait laissé accès à des données et se demanda quel était son but car il ne se pouvait qu'il n'agisse sans attention dirigée. Elle avait vu le corps à ses côtés même si elle ne distinguait pas s'il s'agissait d'une femme, d'un enfant ou d'un homme. Il avait perdu quelqu'un et lui avait laissé entrevoir ce qui s'était produit. En revanche, il avait bel et bien soudé les accès sensibles, qu'il ne laissait visibles en aucun cas. Une odeur de pluie et de terre lui vint. Elle ne sut pas à qui cela appartenait. Elle était encore sonnée par le voyage et son bras ne donnait plus aucun signe de sensation. Elle réalisa tout à coup qu'elle était dans le noir. C'est ce qu'elle crû un moment pour réaliser ensuite que ses yeux ne laissaient plus passer les images. Elle frissonna. Il s'agissait de laisser quelques ouvertures pour plus tard. Son bras pendait de plus en plus et sa mâchoire commençait à fourmiller. Elle se rappela une vague incantation mais ne s'y attarda pas. Elle était plaquée au sol pour changer et paniqua quelques secondes. Peur, Angoisse, Insécurité. Action se dit-elle mais elle ne pouvait se relever.

Elle se souvint du journal. Le journal qui devait la soutenir. Mais elle ne le retrouva pas dans son esprit. Curieusement lui revenait les informations données par l'homme. Il l'avait regardée sans aucune intention. Du moins c'est ce qu'il avait voulu projeter. Cependant, un détail dont elle ne se souvenait pas l'avait étonnée : la brûlure dans les yeux n'était pas anodine. Seuls quelques uns pouvaient. La logique des réseaux avait tout enregistré mais ils n'avaient pas pu se saisir de l'essentiel. Ils avaient essayés de vendre des promesses de profit pour extraire ses informations de tous ceux qui étaient recensés mais personne n'avait saisi l'opportunité. Elle se demanda pourquoi sa jambe gauche lui faisait si mal. L'homme avait dû se péter la cheville dans l'accident, elle avait hérité des symptômes. Lentement la douleur remontait, son corps se réveilla très légèrement mais il n'était plus en aussi bon état que dans l'avion. 

Plus le sabre est aiguisé plus l'approche sera fine se dit-elle. Elle cacha les portes pour pouvoir les faire réapparaître à coup sûr, plus tard.

Elle ne savait plus à quoi se raccrocher. Elle était à terre mais condensa tout ses efforts pour se relever. Quelque chose appuyait sur son dos. Elle recommença plusieurs fois. Un souvenir vague d'avoir reçu un coup entre la tête et l'épaule. 

Elle vit une plantation de manguiers sous un soleil doré, sur sa lèvre inférieure roula lentement une goutte de rosée, un froid vif lui transperça l'épaule et elle se souvint de lui.

III.
Komme, Komme, Komme

Komme, Komme, Komme insuffla t-elle doucement dans le creux de sa nuque en glissant sous l'oreille droite jusqu'à la base du menton.


IV.
VULNÉRABILITÉS

Hooverphonic - Blue Wonder Power milk -Eden
Instrumental



 Sa jambe droite avait reçu un choc au niveau de la cheville qu’il avait eue fêlée à minima. Jambe gauche affaiblie par le poids de l’autre qu’il avait négligée. Le trajet longeait le petit doigt du pied s’élançant d’abord du talon et l’appui était porté moins facilement qu’auparavant. Son genou avait lui aussi reçu un impact léger mais qui affaiblissait sa démarche.

Son corps arborait une aube dorée tellement intense que cela touchait au point de presque faire pleurer : il véhiculait une énergie très puissante, elle sut qu’il ne pouvait l’ignorer sans savoir à quel point. Cette vibration déployait des secousses très profondes et cela permettait un changement interne déstabilisant. Ce souffle coloré lui permettait d’établir des connexions fines et particulières. Les courbes et les plis dans les tons or principalement s’ouvraient les uns sur les autres et semblaient séparés du corps mais les fils venaient s’enfiler en interne dans la tête, tout autour de laquelle des capacités à comprendre rapidement l’avaient toujours aidé.

Son humeur produisait des sons. Dans tous les cas ses mains guérissaient autant que sa présence. Il voyait évidement à travers les corps mais encore un peu plus loin, et cela ne le passionnait pas encore vraiment. Derrière son oreille droite une petite plaque rouge en croissant de lune et une résolution de traumatisme essayait de s’échapper, ce qu’il n’avait pas encore compris. Cela occasionnait des troubles qui l’inquiétaient. Ces troubles semblaient mineurs mais ils ne l’étaient pas. N’ignore pas les symptômes, il faut y faire face lui lança t-elle.

L’impact derrière l’oreille droite contournait la base de la nuque jusqu’à 5 centimètres près de l’autre oreille. Ses yeux n’avaient pas une vision semblable. L’œil droit éclairait moins bien en interne, une membrane avait été malmenée et quelques menus fils étaient déchirés de l’intérieur. Cela lui occasionnait des secousses dans la nuit. Il avait toujours crû qu’il n’y pouvait plus rien.

Très probablement l’omoplate gauche avait reçu un coup, une secousse ou peut-être une poussée violente. Le corps dans son ensemble était déstabilisé bien qu’il paraisse tout à fait ancré. Il ignorait donc les symptômes pourtant à l’intérieur du ventre  quelques doigts après l’appendice un cercle un peu sombre s’était ouvert. Il le savait déjà. Une multitude de fils qui devaient redescendre le long de la jambe jusqu’à la cheville étaient interrompus.

Au dessus de sa tête un vert assez pur, opaque et très coloré jouxtait une bande de rose tellement intense qu’il en était presque fushia et petit à petit d’autres nuances se découvraient comme un bleu saphir, des lignes rouges et de l’or blanc mêlé de fils d’argent. L’ensemble était brûlant et indescriptiblement beau. Elle fut touchée et émue. Une traînée noire surplombait aussi le poumon gauche mais n’était pas encore entrée dans son corps : il pouvait faire quelque chose mais pour cela il lui faudrait accepter que se dénoue dans la gorge ce dont il ne parlait pas.




V.
I'm Sorry

Kaleidoscope - SUSUMU YOKOTA - Blue Moon





I don't have Boss
Nothing is against you
I do not choose
It's Not Easy
Something is going in me
And I Give
What I am
I'm Nothing
I did not want to hurt you
Maybe Something Should Emerge
Everything is ok to reach your authenticity
I know it hurts
I don't have choice
I'm not Comfortable
I'm sure you know
You have my gratitude
With you it's open
This Jerk
It's the Light
And I love this Light
Your eyes will get used
Do not be so angry, Please


VI.
Whispers

PROPHESY - Nithin Sawhney - Breathing Light




Pas prendre,
Ni Donner,
Recevoir, lui murmura t-il dans les yeux


VII.
WILL

COSMIC LIGHT OF THE THIRD MILLENIUM - My Cat Is An Alien - Section I




Toujours couchée sur le flan, le bras et épaule n'étaient plus raccordés. Ses yeux s’ouvrirent sur une ancienne réalité. Elle voyait mal son visage. Maintenue sur un étal de fer, la pièce exiguë ne lui permettait pas de distinguer ce qui se profilait. Son corps était camouflé sous une cape foncée, ses mains étaient hantées d'un violent ressentiment. Elle vit ce qui s'était passé autrefois entre eux. Cela l’étreignit douloureusement. 

Elle avait passé l’arme à gauche sous une colère gigantesque. Il avait eu tellement peur et n’avait pas compris ce qu’elle ressentait car il n’avait plus aucune autre vision que celle de la trahison. Le corps allongé sur une couche très mince, dans une ambiance noire et feutrée, son corps s’élança vers l’arrière sous le tranché de sa gorge. C’est à ce moment précis qu’il vit tout son amour dans ses yeux et qu’il comprit sa méprise. Il s’effondrât.

Le désir de vivre la ranima. Coincée sous la tôle et toujours dans le noir elle essaya de se souvenir du principe de contrôle des métaux. La reliance avec les fils n’avait jamais été aisée et toujours effectuée sous surveillance mais elle était seule. Le fil bleu devait être emprunté mais en même temps il ne fallait pas non plus mettre de côté l’urgence de la quantité subtile pour que les fils ne cèdent pas sous la chaleur en emportant le reste de son corps qui aurait pu se consumer de lui même voire basculer dans un autre univers. Il ne le fallait pas. Éviter de tomber sur une marchandise suspecte et se procurer du platine à tout prix. Toute la pyramide centrale était infectée. Elle devait rendre visite à Will.

Une main se tendait vers Elle. Mais la fenêtre était floue et elle hésita. La transparence claire de la fente faisait penser à une fontaine. La circulation de l’eau était suspendue mais continuait à tourner imperceptiblement. Vorticity, Le fil bleu, Le fil Bleu se répéta-t-elle. N’oublie pas le fil bleu. A nouveau la noirceur plongea à l’intérieur de tout son corps. Elle perdit le fil de ses pensées qui s’éteignirent à nouveau dans l'inconscience.

VIII.
Pschü

COSMIC LIGHT OF THE THIRD MILLENIUM - My Cat Is An Alien - Section II







Et plus rencontrée nulle part...

Il était petit et ses yeux savaient inspecter tout ce qui se trouvait devant lui. Vantard, voleur, menteur, il avait l'œil pour subtiliser les âmes de qui que ce soit. il savait faire montre de vire, volte et voltages en tous sens et en toutes circonstances afin d'effleurer ses proies, les faire mûrir, les cueillir comme des jeunes pousses insensées afin de profiter sans aucune sensiblerie de ce qu'il guignait. Il avait l'œil pour comprendre assez vite à qui il avait affaire et même desservit par une stature commune et sans postiches, il plumait tout un chacun et sa chacune, œil pour œil, dent pour dent, point n'en faut de trop blanc. Grâce à l'acquisition d'un savoir faire transmis de père en bâtard ou de qui que ce soit qui avait pu être volé dans un monde ou un autre, il avait des compétences multiples en relations humanoïdes et savait transgresser ce qui devait l'être au moment opportun avec toutes les races. Ainsi se glissait il dans les portefeuilles des hommes et des femmes s'il le fallait, bimétalliste et fondeur à la fois - même si rares étaient les lits dans la configuration des lieux ou ils vivaient, il était très au fait de toutes les manigances visant à négocier un contrat, et de ce qu'il fallait faire au lit, dussent-il ne pas exister.

Ainsi l'eût il regrettée : il vadrouillait depuis si longtemps dans la graisse, la suie et d'autres mondes qu'il n'avait pas pensé qu'elle l'aurait quitté si vite. Elle l'avait surpris suffisamment pour qu'il eût envie d'elle mais pas assez pour qu'il reconnaisse qu'elle ne se contenterait pas de stagner où il s'était contenté de faire son trou. Cela était bien avant aujourd'hui. Des lustres temps derrière eux. Ce jour là, Il l'avait alors utilisée avec satisfaction et sans que ce soit toujours comme cela, il avait compris trop tard qu'elle ne lui pardonnerait pas et que ce qu'il avait fait ne pouvait l'être de personne. Il l'avait tournée et plaquée avec rudesse contre une plaque de métal poisseuse et coupante qui servait de banque pour toutes les transactions, et s'était dédommagé d'une obscure journée, en lui écartant les jambes avec un de ses genoux, l'avait maintenue prisonnière sous lui  et s'appuyant sur son dos de tout son poids, avait relevé sa jupe et fait glisser le tissu sur une toison sèche, soulevé les hanches puis brutalement lui avait enfoncé le cuirassé profondément en s'accrochant à ses épaules et en la baisant aussi salement qu'on puisse le faire : de force. Ensuite, il ouvrit le challenge à tout son groupe de commis. 

Elle leva la tête vers le ciel gris foncé, des bandes de bleu passantes lui rappelèrent son désintérêt soudain pour Will. Elle avait mal dans le ventre mais fit taire la douleur qu'elle arriva à faire monter plus haut dans le corps pour ne pas être foudroyée de haine et de douleur. Légèrement, elle se dissocia de son corps. Devant elle, un mur d'un beau gris foncé avec très peu de bleu, pétrole, s'effaça et laissa le ciel sublime de l'obstination à ne plus se sentir disparaître. Elle vit ondoyer le grand œuvre du vent dans tous ces déplacements.

Elle n'arriva que partiellement à déambuler ailleurs, alla se coucher à plat ventre à même le sol, et dissimula cet événement en devenant assommante pour l'entourage qui était le sien et ne fit plus que décliner lentement faute de ne pouvoir se confier à personne. Après cela, elle fit barrage à presque tout ceux qu'elle rencontra ensuite.

Au bord du précipice, imbibé de cette mésaventure, elle se jura que personne ne pourrait plus l'atteindre sans même le remarquer. Les souvenirs sexuels étaient parfaitement perturbants. Elle avait bien essayé de les détruire, utilisé des armes de poing, caressé des idées extrêmes et systématiques, mais une préférence s'était exprimée : ne plus compter que sur elle.

IX.
Ainsi se trouvait-il pendu, + 0,24%

COSMIC LIGHT OF THE THIRD MILLENIUM - My Cat Is An Alien - Section III












Son désir de maîtrise l'avait amené à rechercher la pointe de l'excellence dans tout ce qu'il entreprenait. Il avait aimé une grande partie de sa vie en calquant sa vie de chercheur avec son anxiété constante qui l'amenait à développer une curiosité hors norme. Tendu comme un arc dans les circonstances de vie les plus simples, s'il se rassemblait dans son corps et acceptait les désagréments passagers provoqués par une vie proche de celle d'un marin qui naviguait de mers en eaux, il savait avoir déjà accompli dans l'instant un grand nombre de faits d'armes non négligeables et était confondu de voir que cela ne valait déjà presque plus rien au regard de ce qui l'habitait dans le moment présent.

Habitué à la reconnaissance de ses pairs, la fluctuation des vents dans la vie ne lui faisait pas peur exactement mais tourmentait ses certitudes. Ainsi se trouvait-il suspendu.

Le Château Montrose n'était pas exactement sa tasse de thé, aussi ouvrit-il une bouteille de Taketsuru à l'honneur pour exploiter un plein potentiel sur ces expérimentations multiples. Il se dévêtit pour enfiler juste un jean souple et une veste blanche et confortable, débrancha son portable, s'installa derrière l'écran pour prospecter sur les idées et les nouveautés dans l'air du temps de cette soirée. 

Il tourna ensuite lentement la tête car l'air bruissait élégamment et la vit foncer sur lui, ne reconnu pas tout de suite qui elle était,  vit ses couleurs tournoyer et se mêler les unes aux autres, puis elle déploya ses ailes et se posa sur sa droite du côté de toutes ses certitudes enchâssées  et avança ensuite d'un pas devant lui sur le plancher clair. Médusé par sa prestance et sa proximité, il retint son souffle, et regarda l'oiseau de proie dans les yeux pendant plusieurs minutes sans que rien n'entrave leur connexion.

Le changement s'opéra lentement, tel qu'il le laissa entrer en lui, et le bouleversa pour quelques temps si bien qu'il ne se reconnut plus tellement, et nombre de ses intérêts changèrent rapidement. L'adéquation avec son milieu ne se fit pas aisément, car il se mit à saisir le présent comme il ne l'avait jamais encore prit, ainsi dépendu.


X.
Retombées, -0,82%

SWAYZUK - Himawari - Leisure Centre

La seule et unique façon avait-elle crû était de partir. S'éloigner de tout. Comme Cela, l'air de tout.

Elle alluma un clope sous la douche et écarta le rideau, jeta les cendres au sol et pencha la tête en arrière, encore un peu d'eau chaude, descendit et marcha sur les tomettes rouges jusqu'à la cuisine, reprit une cigarette et l'alluma avec l'autre, mangea des nouilles, huile d'olive, ail et poivre, en alternant avec le paquet de clope entier, ce qui lui prit pas mal de temps, trouva que ce n'était pas classe, ne voulu plus regarder personne, jeta un vague coup d'œil à Brautigan* qui traînait sur la table,  laissa le monde parler et dire ce qu'il voulait sans réagir, ne voulu même pas dire pour se défendre de quoi que ce soit, entendit une petite voix lui murmurer avant de se jeter sur le lit et d'enfouir sa tête dans les bras et les draps, "tu as perdu ton enfant", ainsi les larmes ne la quittèrent pas, tout le monde se détourna, sans savoir,  tandis qu'elle retournait en-elle même d'où personne ne la vit jamais, sauf bien sûr Brautigan*, qui avait écrit retombée de sombrero exprès pour qu'elle se sorte de cette mauvaise passe.

*retombée de sombrero traduit de l'américain par Robert Pépin

XI.
L'ÉTREINTE
SWAYZUK - Himawari - Japan Air


Sous la lampe l'éclairage se fit plus insistant.
Il la regarda en se demandant si toutefois il n'aurait pas dû...
Puis chassa l'idée de son esprit. 
Il ne franchit pas encore ce seuil, se tourna vers la plante et eut envie de la foutre en l'air, pensa à l'hiver dernier et au manteau blanc de la neige qui doucement s'était infiltré dans son corps, cela avait commencé lentement comme une grenouille qui cuit à petit feu sans s'en rendre compte, la nostalgie s'était emparée de lui comme jamais auparavant,  et il avait sentit le froid. Habitué à snober ouvertement ses sentiments qu'il faisait toujours passer loin derrière, devant toujours fringant, il avait avancé à l'aveugle, se dirigeant d'étoffe en étoffe, humant l'air ambiant et se satisfaisant de ce qu'il trouvait lorsqu'il avait pu s'installer dans une ville, privilégiant les soirées de son crû, il avait perdu de sa superbe puisque crûment la lumière venait contrefaire ses plans et il ne pouvait plus se planquer.

Malgré lui elle entrait subrepticement dans son corps, un corps qui acceptait moins bien la lumière que le reste, il avait mal et depuis se voyait de plus en plus touché, il ne voulait plus de bois autour de lui en tous cas pas  dans ces proportions rageantes, il se leva enfin pour se tirer, pria pour qu'elle ne porte pas de rouge, jeta son portable sur le siège avant avec une boite de Cohiba Behike 56 pour se rassurer, et se jura qu'il ne la laisserait pas lui filer entre les doigts car il voulait vraiment entrer enfin en contact. Pas de GPS, la clé et le vrombissement de la caisse, il partit à sa recherche. 

Il avait su qu'il devrait être patient, mais ne s'attendait pas à mettre plus de 5 ans avant que cela se produise et lorsqu'il qu'il la vit, ces années s'étant écoulée sans trop de peine dans une vie terne et cadrée, il comprit que quelque chose se produisait avant même qu'elle ne le regarde, il ne bandait pas, pas encore mais il y eut des petites danses de lumière inexpliquées autour de lui. Elle,  le sentit avant de le regarder et lorsque lentement elle leva les yeux sur lui, elle fût surprise de cette attirance, elle ne comprit pas tout à fait, ne reconnu pas ce qu'elle connaissait auparavant, puis elle le regarda dans les yeux, elle ne voyait plus rien de ce qui était autour d'eux, il eut un peu de mal à respirer devant cette présence évidente, remonta d'une de ses mains ses cheveux et cala sa main derrière sa nuque puis doucement l'enserra. Sans bruit et avec force, ils s'étreignirent intimement, longtemps.

Le voile se mua en petits fragments colorés de bleu, inconscience froide et grise, elle devina qu'un pan de mémoire lui revenait par brins. Les brins étaient-ils siens ?

XII
A SEC DE VOILE
Alva Noto - Ryuchi Sakamoto - Janus


Dites moi comment voir dans ce monde étrange ?

Le vent glissa sur le sol et rafraîchit tout son corps, sans motif valable. Il s'engouffra sous sa chemise, parfuma son humeur de petites étincelles furibondes qui l'entourèrent. C'était éclatant, comme il se jouait de ses sens, quand soudainement, sous ses pieds, le sol se mit à chauffer tandis que son corps héla presque le bastingage comme s'il y eut une silhouette inattendue à laquelle s'adresser.

Des fils de pluie tombant du ciel, drapés de givre bleuté amplifièrent le contact sous la forme d'une cérémonie de nature à compliquer les manœuvres techniques. 

Il vit la couleur de l'océan dans le vortex, comme une faille dans un système logique, puis se vit et regarder la fille, et lui tendre la main.

XIII
Elle
Alva Noto - Ryuchi Sakamoto - Avaol


Will se sentit mal en la voyant arriver vers lui. Il se détourna un instant et claqua la portière avant du cylindre sur lequel il travaillait avant de reprendre son souffle et de la regarder : elle était plus grande qu'autrefois.
-           Que me vaut l'honneur de ce déplacement ? Lança t-il.
Elle ne répondit pas, fila vers la centrale à outils et métaux, extirpa de sa ceinture les clefs attachées à la lampe accélératrice de champs magnétique et accrocha cette dernière en son sein. Will fût médusé par une agilité qui ne sentait pas le meilleur qu'il se puisse pour ce qu'elle risquait de faire. Il avait mis deux secondes à ce que son cerveau amène la pensée à son esprit alors qu'elle penchait déjà dans un temps inférieur, du temps ou lui n'avait encore aucune maîtrise sur rien et où elle étudiait tous ses gestes, toutes ses décisions, toutes ses angoisses et l'accompagnait partout.

Mais elle déjà n'était plus là, partie en un autre temps pour récupérer les éléments d'assemblages à l'étude pour réparer son bras. Will resta marbré de bleu en voyant qu'il avait perdu deux outils en moins de temps qu'il ne le fallût à un capteur chimique pour repérer un système complexe défectueux. Pendant qu'il se produisit un vent qui ensevelit de poudre noire l'antre de Will et tout alentour, elle se préparait à mettre en œuvre des techniques sur la conductibilité de l'ADN non encore observables afin de réparer autre chose que les hélices défaillantes de surcroît, tout au moins les liaisons hydrogènes tout au plus les fils qui se devaient d'être connectés sans être repérés.


XIV
Haï
Alva Noto - Ryuchi Sakamoto - Morning


Dans le couloir exsangue et dénué de toute sortie, il fallait se faufiler.
Mata gambarimashô Né
La fournaise était infestée de petites diodes orangées.

 Dô suru* ?

« Le mot japonais "haï" est une réponse qui veut dire "J'ai bien entendu ce que tu m'as dit ».
*Que faire ?

XV
Une Vague De Bleu

Alva Noto - Ryuchi Sakamoto - Berlin



Ils étaient assis sur une rangée de 3 sièges confortables, en velours rouille bordé de bois travaillé, côte à côte dans un train du côté gauche de l'allée centrale. Ils s'amusèrent un moment avec une petite fille blonde et discutèrent avec sa mère, dont le visage exsangue, moucheté de tâche de rousseur, fin et tirant vers le bas trahissait la fatigue, et la lassitude à l’exacte fréquence de ses yeux gris bleu délavés et dénués de vie. Ils s'inquiétèrent un peu lorsque celle-ci descendit, regardèrent par la fenêtre ce qu'elle faisait pendant que la petite s'amusait seule sur les sièges, puis elle l'appela et la jeune demoiselle descendit.
Le train redémarra. Elle tourna la tête et regarda son air soucieux, se pencha sur lui en glissant sa main et son bras sous sa nuque, déposa sa main sur sa joue dans laquelle il se posa immédiatement avec confiance.
- Qu'y a-t-il ?
- Je ne me sens pas à la hauteur dit-il en caressant sa jour sur la main qui le soutenait. Ma mère.
Elle ne dit rien, regarda ces cheveux presque noir, coupé parfaitement qui se découpaient en contraste comme le noir sur une chemise très blanche. Son autre main se glissa lentement sur son ventre, il se retourna vers elle et ils s'enlacèrent.
Au milieu d'une pièce inconnue maintenant, elle marchait pieds nus sur le tapis, leva la tête vers un meuble brun qui présentait des assiettes de décoration, un meuble qu'elle n'aima pas, s'avança vers lui, se mit entièrement contre lui, fit glisser sa chemise vers le haut, descendit une main à l'intérieur du pantalon et caressa ses fesses fermes en redescendant au plus bas, rebondies, oui, sous une peau beaucoup plus douce que la sienne, tandis qu'il la serra très fort et lui dit lentement :
- Je suis mort.
Et il lui glissa quelque chose de blanc et poudreux dans la bouche en l'embrassant, qui lui donna immédiatement la nausée.
Elle fit un pas en arrière puis proposa :
- On boit quoi ?
Se dirigea vers la cuisine et avant d'y entrer demanda encore :
- Chez qui on est déjà ?
- Nicolas.

Elle avait choisi deux verres qu'elle voulu laver dans le double évier, mais elle dût d'abord cracher et se rincer la bouche avant tout. Alors il arriva derrière elle, doucement posa ses mains sur les os du bassin tandis qu'elle se penchait un peu, puis enserra sa taille fermement et lui demanda deux fois de se soulever encore un peu contre l'évier, ce qu'elle fit tout en découvrant la vue de l'étage du dessous par la fenêtre en s'appuyant elle aussi contre lui.

Mouillée comme une écluse, de pied en cap, et nue, elle se réveilla. Les souvenirs remontaient enfin, si c'était bien les siens, un phénomène lumineux éclaira ses pensées brièvement, peut-être envoyés par la banque de données, peut-être lui, mais pourquoi et par qui ? Elle aussi absorbait la lumière orange des diodes, ils étaient forcément proches. Son bras brûlait plus de chaleur à cause des composants, et son corps ne pouvait plus le supporter, elle ne s'avait plus du tout dans quel lieu elle se trouvait. Le souvenir d'une poterie ancienne la fit partir dans une vague de bleu, et son corps s'éleva alors ailleurs.


XVI
Naeshirogawa

Alva Noto - Ryuchi Sakamoto - Aurora

De temps en temps, il relevait la tête en se demandant ce qu'il faisait là. Il n'avait encore jamais été dans cette posture et jamais il n'eût crû pouvoir se trouver si près d'elle au point de n'être plus hanté par les effets provisoires de sa présence, toute de bleue et déroulée dans l'essence produite par les émanations anciennes : il vit le pilon à bascule, et manqua de prendre peur lorsque le mortier accueillit le pilon en lui pour broyer la poudre tamisée, se demanda quel rapport pouvait avoir la finesse de celle-ci avec elle alors que la pluie s'en mêla. Le four chauffait et l'oxyde de cobalt s'y introduisit de lui même, volant vers un contenant qui l'attendait sans impatience. La pluie s'y mêla à nouveau avant que ne se reposent les chemins de création dont elle se détourna pour voler les produits dont elle voulait se munir.

Naeshirogawa avait posé un encombrant problème dans la transformation de l'or et de l'argent. Il le comprit en la voyant émaner du bleu de cobalt pour s'unifier aux métaux de cette époque. Que voulait-elle faire ? Que cherchait-elle ? Elle n'aurait normalement pas dû se tourner vers la silice, la chaux ni l'oxyde de fer. Il ne savait pas ce qu'elle percevait exactement mais commençait à douter de ses protections. Il chassa cette question pour ouvrir les yeux sur ces images incohérentes et pourtant très claires :

Il la vit retenir des feuilles et de la poudre et du chlorure d'or, de l'oxyde de cobalt, du borax, mais encore étonné de la voir se munir de protoxyde de manganèse, d'oxyde d'antimoine et de poudre de fer. Il fut prit d'un doute et se demanda si elle avait déjà été contaminée ou si elle agissait encore seule, dans le crépuscule, avec les mêmes ouvertures qu'autrefois, quand ils étaient ensemble.

Que c'était-il passé ? Il ne se souvenait plus, ne comprenait pas et la suivait pour la rapprocher de lui, tout en ne sachant pas s'il faisait bien, s'il était seul, s'il était programmé et induit vers elle, ou s'il avançait librement.


XVII
Chikushou

Guy Boratto - Take my breath Away - No Turning Back

Elle tournait sur elle-même en un mouvement qui avait pris le dessus sur toute autre action car elle était emmenée dans un tournoiement violent qui ne lui donnait plus la possibilité de bouger, de penser ou de se mouvoir. Dans la toile qu'elle avait tissé, prise entre le mur et la machine à laver, elle tournait et retournait en une spirale follement tenue entre les fils qui enveloppaient son corps. De bruines de poussière bleue elle était issue, matérialisée maintenant ici bas, dans le corps d'une araignée de jardin, qui avait crû bon de nicher ou il ne fallu pas.
Très progressivement avec le sentiment d'une cassure ultime, elle dût se raccrocher, et le fit à son souvenir. Encore lui, qu'elle avait observé car vu en transparence pendant qu'elle volait une partie des composants nécessaires à la réparation des cassures d'ADN de son bras.

Le chemin à prendre avait bifurqué, il faudrait aller faire un saut dans d'autres lieux qu'elle avait consciencieusement évité, avant tout : Chikushou* enragea t-elle.
J’y vais.

*Merde


XVIII
KµI

Guy Boratto - Take my breath Away

Une odeur d'encens épicé l'entoura, une sensation de flou, se concentrer, voir sans voir, décentrer les vertèbres du corps, permettre l'installation, gouverner le protocole, clamer la blancheur, blanchir l'odorat, bloquer les terminaisons nerveuses, laisser croire, franchir le seuil, cloîtrer l'émotion, défenestrer la douleur, visualiser la cassure ADN, voir les hélices décrochées, voler la compréhension, garder le contrôle, ouvrir les canaux, anéantir les fils gris qui traversent l'espace alentour, un enroulé jamais vu autour des brins, il faut le réparer, avec quelle intensité ? Avec quel fragments recomposés ? Par la défragmentation de la lumière ? Trouver le moment opportun, ne pas arriver trop tard, la corde fine peut se briser comme du verre, en un rien de temps, assis en tailleur, par la composition de l'atmosphère pour percevoir les lieux, il lui semblait entrapercevoir les croisements d'hélices mais la douleur l'emporta, il délocalisa son corps, pour trouver les solutions et laissa à KµI le soin de le garder. Il le veillerait.

XIX
Le Champ Des Abstractions

Hooverphonic - Blue Wonder Power milk - This Strange Effect
Instrumental

KµI. Programmé pour assurer des fonctions essentielles de survie et éviter le vol des corps.

Chargé de cette surveillance depuis la nuit des temps, il prenait des habitudes.

Enterré à quarante mètre de profondeur, il avait pour mission d'identifier le contexte alentour, vérifier les stimulations particulières qui pourraient altérer les particules de la mémoire du corps en question, orienter les rumeurs sur d'autres distances vis à vis des recherches en cours, mettre en sommeil les visiteurs enveloppés de poussière qui se mélangeaient à l'invisible, et fragmenter les émotions inscrites dans le cerveau qui pourraient prendre une forme d'énergie repérable.
Il fallait donc éviter le réchauffement, effacer partiellement les sentiments, aborder chaque rive de l'architecture du corps avec la vie elle-même dans le corps, dissimuler la voix, le visage, le lieu, l'histoire du corps, sans atteindre les phénomènes qui suspendaient les réserves de nourriture.

Trente ans de présence, ce n'était pas rien : il faut se rappeler qu'il avait redonné vie, une découverte. De l'instant présent, personne ne pouvait y voir, mis à part depuis les projections dans l'avenir issues des transformations sous les lumières éteintes qui pouvaient mesurer les cellules étendues de rajeunissement périodique. C'est ce qu'il fallait éviter. La lumière permettait désormais de déstatufier les couches du temps, par une combinaison de signaux différents et de subtiliser les corps par une approche signifiante de la mémoire post-traumatique.

Après avoir caché la direction du champ magnétique, son regard se fixait et s'attachait toujours à la base de la nuque du corps dont il ne devait se détacher en aucun cas. L'intensité de deux signaux particuliers et jamais révélés signifiait toujours une nouvelle attaque, et cette forme de mémoire consciente à l'intérieur des temps lui permettait d'identifier les comportements non spontanés, et d'invalider le trajet de la régénération corporelle prévue par l'essai présent du vol, qu'il dépistait par un sentiment d'étrangeté qui l'étreignait par surprise, en même temps qu'un flot caractéristique et complexe de brûlures réflexives du corps sur lui-même. Parfois cela lui semblait facile. Pourtant, les techniques d'apprentissage de la dilatation des lieux n'étaient pas moindres à acquérir. Tel était KµI. S'il était vraiment.


XX
Chikushôme* ?


Hooverphonic - Blue Wonder Power milk - Out of Tune
Instrumental




Sa bouche était sèche, le vent claquait, il allait, droit, de long en large, droit, obséquieux et vide. Soldat.

Elle comprenait maintenant pourquoi elle avait perçu l’aube dorée*.
Chikushou* cracha-t-elle, séchée et abasourdie par son entrée dans le désert. Elle se déplaçait maintenant sous la forme d’une araignée. Il connaissait une forme d’extase sexuelle dans une intensité induite par des produits dérivés. Et, ne la comprenait pas plus que lorsqu’il l’avait autrefois égorgée. Elle avait eu raison de se rendre vulnérable, et de l’amener un peu plus haut. Les fluides se transvasaient.

Chikushôme* ? Non.



*Connard ?

*CF.Chapitre V, Vulnérabilités