mardi 19 mai 2015

A Poil

A poil, le torchon sur l'épaule, debout devant le plan de travail, il effrita une tête d'ail fraîche pour en délocaliser les gousses et les jeter avec la peau dans une casserole qui avait fait ses preuves, enduite d'une huile d'olive italienne sur un lit de sel rose, trois pincées de poivre blanc, puis les laissa se jardiner seules à feu minimal, en écoutant la pluie rigoler toute seule sur la maison, l’appentis, la caisse et sur les arbres en face de la cuisine : 

Les deux frênes plantés devant lui s'ébrouèrent, et un chêne en mauvais état le regarda d'un sale œil - celui sous lequel il avait fait la sieste une fois avant de raviser à jamais, coup de frais garanti et place étrange que ce drôle d'arbre qui donnait à voir de lui-même des portraitures qui pouvaient faire peur aux moineaux mais ravir quelques visiteurs. 

Il pensa à elle, ouvrit le frigo, le referma et remonta illico dans la chambre pour l'enlacer encore, la voir. Il la réveilla comme elle aimait bien encore une fois, la serra contre lui à nouveau puis s'envola dans la douche à toute vitesse, se sécha à moitié, enfila ses tongs et dévala les escaliers comme un taureau pour sauver la peau de l’aïoli : les gousses étaient parfaites, caramélisées, odorantes et juste à point, il éteignit le feu : la préparation de la bouillabaisse s'annonçait super.

Aussitôt