lundi 9 juillet 2012

Livre I, Chapitre XII - Le Point de Rosée


Irisée, une transparence, ombrée et scintillante par à coups se mouvait devant Pinocchio.

Interdit, Pinocchio souffla :
- Qu'est-ce ?
Un appel retentit et Pinocchio, flamme de bougie, vacilla dans l'herbe.
La présence le bousculait et l'intriguait.
Il croyait reconnaître une forme.
Une douleur profonde l'entailla : le reflet de Sieur Grillon, devant lui.
La sensibilité de Pinocchio était resté inerte à ses avertissements.
Comment accepter un conseil et en même temps, être libre ?

Pinocchio entendit un chant qu'il ne reconnut pas mais qui lui était pourtant familier. Il était fébrile maintenant. Comment se faire confiance et écouter quelles perceptions étaient les bonnes  ? Le Grillon chantait. Doucement, devant Pinocchio, le Grillon mesura les conséquences de ce qui avait eu lieu entre eux. Prêt à rejoindre ses nouveaux amis, Pinocchio ignorait à nouveau la voix venue le guider. Les Chat et Renard s'étaient évanouis dans la soirée et les pièces de Pinocchio en poche, de se glisser au loin, finir de se gausser de tant de naïveté. Et Pinocchio de se réjouir et ne comprendre. Sorti de l'Auberge mais pas en tout point, Pinocchio de vouloir les retrouver. Multiplier ses pièces, c'est tout ce à quoi il songeait. Les harmoniques du Grillon et cette voix de l'au-delà qui lui indiquait une nouvelle fois le danger et la présence d'assassins et de rentrer à l'Auberge plutôt que de s'aventurer en lieux interdit pour piètre Pantin laissait notre lauréat de bois. Après avoir constaté que Pinocchio n'était nullement affecté par ses transmissions, Le Grillon inonda le corps de Pinocchio, bois de rose au cœur, rose vif en périphérie, amour absolu et réel. Et disparu.


Pinocchio s'éloigna de deux ou trois pas. Le bruissement de l'herbe fraîche, pendant le coucher de soleil et la vision de quelques gouttes de rosée firent frissonner Pinocchio. L'odeur et la composition de la terre, ses particularités le confondait en un émoi totalement  indéfini comme chaque fois qu'il se trouvait en contact avec La Nature et particulièrement  à l'heure du point de rosée. Une merveille de connexion avec toutes les plantes et les arbres se glissait alors en lui et il pouvait sentir les vibrations qui ne séparaient plus en rien son corps de celui de l'environnement. Il se sentait entier. Le dialecte perceptible de cette Terre, son essence s'emparait de lui et la structure même de son corps, sa forme se muaient en une quiétude profonde, plus encore l'odeur de la Terre transcendait la réalité, plus haute : ce nouvel équilibre dans l'air et le calme propice au relâchement du corps, lui affirmait sans ambages quelle maîtrise il avait de lui et combien il se respectait. Il avait même l'impression de s'aimer. Les variations individuelles de son être avait un sens.

Cette expérience nouvelle, il la ressentait toujours comme telle y reconnaissant des images d'autres expériences passées dont il ne connaissait plus l'origine. Et de saluer en lui l'enracinement dans la terre comme en tous les êtres avec lesquels il souhaitait le contact, l'harmonie avec toute forme de vie, la fluctuation des échanges, la magnificence vraie retenue en un souffle, peur de perdre la sensation avant de laisser cela le traverser. Les ondes étaient d'une grande pureté, sans équivoque.

Dans cette présence claire et légère à lui-même, cette accentuation profonde d'un réveil impromptu, un flot d'énergie remontait tout autour de lui. Et plus de Lumière.

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